Rétro : Paris-Pékin à vélo 2008, la croisière verte (épisode 17)

En 2008, 118 cyclistes s’élancent de la capitale pour rejoindre Pékin à vélo. Nous revenons sur cette odyssée épique dont le but est de promouvoir les valeurs intrinsèques du cyclotourisme.

Nous continuons notre marche vers l’est et notre retour dans la plaine. Notre passage en montagne a été très salutaire, et nous franchissons notre dernier col Kazakh à 1936 mètres, sur des pistes roulantes mais poussiéreuses.

De retour au Kazaksthan

Etape 80 : Jarkent – Quingshhuihézi

Lundi 16 juin 2008
Distance : 66 km
Départ : 8 h – Arrivée : 16 h
KAZAKHSTAN – CHINE

La séparation !

Après la journée de repos et une succession d’informations, en provenance directe de Paris et de la fédération, nous partons confiants. Nous sommes certains que les vélos passeront, sans trop de problème et que les véhicules suivront. À 10 h, après une trentaine de kilomètres de route, nous sommes au poste frontière. Les formalités pour sortir du Kazakhstan commencent et se déroulent parfaitement. À midi, les vélos par petits groupes entrent en Chine, non sans émotion. Monsieur Lin, notre correspondant chinois et Lee (dit Gaston) guide national et cheville ouvrière du séjour sont présents. Tout se déroule normalement.

Les sept véhicules achèvent le parcours du combattant et la valse des tampons et fièrement quittent le territoire kazakhe pour se présenter 800 mètres plus loin en territoire Chinois. Nous apercevons de nos cabines les derniers cyclos, en tenue officielle rouge, quittant le très moderne poste frontière Chinois.

Jean-François, dirige la manœuvre en tête du convoi. Moment fort, la caravane motorisée, va franchir la rivière frontière. Un garde impeccable dans sa tenue kaki, ses épaulettes rouges, et sa casquette, signe de son rang, fait un signe énergique : arrêt absolu. N’avions nous pas bien compris.

Nous sommes dirigés prestement et fermement, en territoire Chinois, vers un parking. Monsieur Lin est là. Congratulations, sourires. Là, nous ne sommes pas au bout de nos peines, loin s’en faut. Au bout de quelques minutes, nous comprenons mieux la cruelle réalité. L’entrée en Chine nous est interdite ! Nous devons immédiatement rebrousser chemin et revenir en terre Kazakhe. Un gros problème, surtout pour les cyclos, car nous sommes en possession de tous les bagages.

Nous essayons de « finasser » avec les Kazakhes, qui nous demandent de repartir à Jarkent, la ville dont nous arrivons à 30 km.
Nous reculons de 400 mètres et garons nos véhicules au bord de la route, côté Kazakhstanais. Nous résistons au bord de la route, dans le bruit, la poussière au milieu d’une noria de véhicules, cars, camions et engins de toutes sortes.
Les gardes-frontière arrivent, puis l’armée. Nous refusons de repasser le poste frontière Kazakhe. La tension est palpable. Nous frôlons l’incident diplomatique. De grosses limousines noires des R.G arrivent, nous hésitons et la pression monte d’un cran !
A bout d’argument, les forces de police augmentant, nous devons rebrousser chemin encadrés par plusieurs voitures de police et sommes assignés à résidence, passeports confisqués, dans un parking sous douane, entre les deux pays. C’est une immense déception. Nous sommes séparés des cyclos et nous ne savons pas pour combien de temps. La nuit sera morose….

Jour de repos à Jarkent

Dimanche 15 juin 2008
KAZAKHSTAN

« Les rencontres sont multiples et diverses, mais dans celles qui sont rares et authentiques, il y a comme un accord trouvé avec soi même. »

Cette journée de repos a permis à chacun d’entre nous de se préparer pour trois jours d’autonomie complète, car le passage de la frontière pour nos sept véhicules d’accompagnement, ne sera probablement pas simultané avec le groupe des 101 cyclotouristes. Il faut impérativement que l’autorisation, en provenance de Pékin, arrive au poste frontière avant lundi matin. Il est fort possible que les véhicules passeront mardi 17 ou mercredi 18 tant les formalités chinoises sont complexes. L’avenir nous le dira.

À ce propos, saluons de nouveau le travail des personnes impliquées dans notre expédition auprès des Ministères et des Ambassades, qu’elles en soient chaleureusement remerciées. Impossible n’est pas Français dit on, une fois encore cette formule s’avère exacte.

Ce travail de relation et de diplomatie, indispensable à la bonne progression de notre expédition, porte ses fruits.

Le témoin du jour est :
Jean Marchand du club de l’union sportive de Dugny (93), Seine-Saint-Denis, membre de l’équipe d’encadrement, chargé de la gestion des bagages et de l’hébergement.

« Tout d’abord, je tiens à préciser pourquoi j’ai choisi d’être bénévole dans l’expédition du Paris-Pékin : 

Après avoir organisé et participé, entre autres, à 11 tours cyclotouristes de la FFCT je me suis dit que cette aventure serait la cerise sur le gâteau d’accompagnateur. En accord avec mon épouse Anne-Marie, je me suis engagé pour cette expédition.

En bref, j’ai apprécié l’accueil chaleureux des populations des pays de l’Est et de l’Asie centrale. Petit moment d’angoisse, avec la traversée de la Forêt noire, sous la neige, mais comme le dit le proverbe : « après la pluie, le beau temps ». Après avoir franchi des zones arides, montagneuses sous un soleil ardent, nous allons demain entrer, enfin, en Chine.

Quel est votre rôle au sein de l’équipe d’encadrement ?
Je conduis l’un des deux véhicules contenant les bagages des cyclos. Avec Henri, je suis chargé d’un sujet très sensible : l’attribution des hébergements pour chaque membre du groupe et bien sûr à chaque étape. Ma journée débute à 5 h, afin que les cyclos puissent charger leurs sacs dans le véhicule.
Vers 8 h, les deux véhicules bagages prennent la direction de l’étape suivante. À l’arrivée, nous vérifions avec notre hébergeur du jour, l’état des lieux et les particularités locales puis j’effectue la répartition des chambres et je reste présent jusqu’au dernier arrivé.

Etape 79 : Shonjï – Jarkent – Alt. : 629 mètres

Samedi 14 juin 2008
95 km – Dénivelé : 123 mètres
Départ : 7 h – Arrivée : 13 h
KAZAKHSTAN

Peu de gens comprennent l’immense avantage qu’il y a à ne jamais hésiter et à tout oser.  Erasme

De nouveau la steppe

Comme prévu nous ne prenons pas le jour de repos à Shonji, mais nous filons directement à Jarkent, ville de 45 000 habitants. La route est plate et nous retrouvons sur une soixantaine de km la steppe désertique. La chaleur est forte : 38° à l’ombre ! Nous devions être hébergés dans une école, nous le serons dans 4 hôtels différents. Trois confortables et propres, le dernier tout juste acceptable. Nous prenons nos repas tous ensemble, dans le même restaurant, trouvé lui aussi en dernière minute.
Bien entendu, notre préoccupation de tous reste le passage en territoire chinois, lundi 16 juin.

L’équipe d’encadrement prépare avec soins toutes les solutions envisageables. A cette heure (18 h locale, 14 h en France,) nous ne savons toujours pas si nous pourrons franchir la frontière avec nos véhicules. Si la solution véhicules Chinois avec chauffeur est imposée, cela nous occasionnera beaucoup de complications, notamment pour le transfert du matériel, a travers une zone neutre entre les deux pays Kazakhstan et Chine. Par ailleurs, nous devrons entreposer et faire garder les véhicules de l’expédition à Jarkent pendant deux mois.

Tout cela est fort compliqué, et il faut travailler dans l’urgence, faire comme si la proposition demandée à des tiers, était définitive, alors que nous savons qu’une seule solution existera in fine. Dans tous les cas, pas d’affolement. Toute l’équipe et tous les cyclos ont conscience de vivre une aventure, inédite, incroyable et pleine de rebondissements.

Le moral de tous est excellent. Nous avons pris conscience que notre réussite était l’affaire de tous, donc de chacun.

Etape 78 : Kegen – Shonjï (778 m)

Vendredi 13 Juin 2008
77 km – Dénivelé : 305 mètres
Départ : 7 h 15 – Arrivée : 12 h 30
KAZAKHSTAN

Adieu à la montagne

Nous continuons notre marche vers l’est et notre retour dans la plaine. Notre passage en montagne a été très salutaire, et nous franchissons notre dernier col Kazakh à 1936 mètres, sur des pistes roulantes mais poussiéreuses.

Nous avons maintenant l’habitude et trouvons presque naturel de rencontrer des routes non goudronnées. Notre hébergement de Shonji est une école. Là encore les habitudes sont acquises : les hommes seuls, dorment dans le gymnase, les couples et nos 4 femmes seules, dans des salles de classe, débarrassées des tables et des chaises. Chacun, à sa convenance, opte pour dormir soit sur un lit de camp avec matelas, soit seulement avec le matelas Tipi (un de notre partenaire).

À propos de ce matelas, gonflable automatiquement, nous devons dire qu’il fait l’unanimité et est particulièrement apprécié. Le plus difficile reste de n’avoir pas d’eau dans les écoles. Heureusement les 2 douches installées dans l’un des camions, sont largement utilisées. À l’origine nous devions prendre un jour de repos à Shonji mais devant l’incertitude de notre entrée en Chine, Jean-François, chef de l’expédition, propose de reporter ce jour de repos au lendemain à Jarkent, ville importante et dernière étape avant la Chine.


Nous devons en effet nous adapter, heure par heure, aux instructions en provenance de Paris et envisager toutes les solutions pour avancer dans notre périple.
Décision est prise d’envoyer dès aujourd’hui des émissaires en reconnaissance à Jarkent pour envisager des remplacements. Jean-François, Henri, le fidèle interprète AndreÏ et Jean en font partie. Le véhicule de Jean étant en panne –radiateur percé – celui-ci sera remorqué par le 20t de Jean-François, jusqu’à cette ville pour essayer de trouver un mécanicien !

Nous rencontrons dès notre arrivée les autorités de la ville pour obtenir conseils, aide et appuis. La première information reçue est que nous ne pourrons pas bénéficier d’une école pour nos deux dernières nuits kazakhstanaises ! L’aventure se corse. Il faut trouver en toute hâte, 115 lits. Après des heures de palabres, le but est atteint, nous logerons dans quatre hôtels différents, la nuit en sera plus courte.

Le témoin du jour est absent, car il y a des priorités à gérer afin de trouver, différentes alternatives à notre entrée en Chine.

Revivez de l’intérieur cette fabuleuse épopée à vélo à travers les différents épisodes que nous vous proposons sur Cylomag.

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Texte et photos : Henri Dusseau
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