Rétro : Paris-Pékin à vélo 2008, la croisière verte (épisode 10)

En 2008, 118 cyclistes s’élancent de la capitale pour rejoindre Pékin à vélo. Nous revenons sur cette odyssée épique dont le but est de promouvoir les valeurs intrinsèques du cyclotourisme.

Après la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie c’est au tour de la Serbie d’accueillir notre caravane de cyclotouristes. Pour les femmes et les hommes, ce pays est la bonne surprise du périple. Le peuple serbe est très amical. Tous se mettent en quatre pour nous être utile. La langue serbe étant incomprise par nous tous, les quiproquos se terminent souvent dans de grands éclats de rire et autres tapes sur l’épaule.

La Serbie

Etape 24 : Golubac – Turnu severin

Jeudi 10 avril 2008
125 km – Dénivelé : 623 mètres
Départ : 8 h 25 – Arrivée : 17 h 30
SERBIE – ROUMANIE

La route aux 19 tunnels
Nous retrouvons notre vieux complice le Danube, qui au grès des fantaisies de la nature passe de 800 mètres à 6 km de large. Nous allons le côtoyer sur toute la longueur de l’étape. 100 km sur la rive droite en Serbie, puis 25 km sur la rive gauche.

À midi, dans le village de Ninurin, une surprise ! Des enfants des écoles, entre 8 et 12 ans en costume traditionnel nous attendent et dansent au son d’un petit orchestre. Spectacle ravissant et émouvant.

J’ai vu des randonneurs blasés, sortir un coin de mouchoir. Pensaient-ils à leurs propres petits enfants ?

La frontière entre la Serbie et la Roumanie est au milieu du fleuve. Un gigantesque ouvrage d’art : barrrage avec usine hydro électrique, écluse et passage routier reste un lien solide entre ces deux nations.

Le passage en douane, un peu folklorique, je parle de l’appel des 102 cyclos présentant leur passeport est réglé en une heure quinze. Ce sera plus long pour les camions.

Notre arrivée en Roumanie, ne laisse pas indifférent. Avant d’aller au lit, nous avançons nos montres d’une heure, fuseau horaire oblige. Un bon hôtel, un bon repas, nous partons demain à la rencontre de ce nouveau pays.

 

Etape 23 : Pozaverac – Golubac

Mercredi 9 avril 2008
86 km – Dénivelé : 349 m
Départ : 8 h 25 – Arrivée : 15 h 30
SERBIE

Notre belle histoire serbe se termine
Aujourd’hui s’est déroulée notre dernière étape parcourue totalement en Serbie. Demain, nous passerons en Roumanie. Notre témoin du jour, vous dira combien cette étape a été riche, sereine, conviviale et solidaire.

Une nouvelle fois nous avons apprécié la gentillesse des Serbes. Au départ, les pompiers de la ville de Pozaverac ont mis à la disposition de la logistique, leurs lances à incendie, permettant de remplir nos réservoirs d’eau, en prévision de jours plus difficiles ; 4 m3 sont désormais dans nos réserves.

À l’arrivée, dans notre hôtel – Golubaçki Grad – au bord du Danube, un pot d’accueil nous est réservé avec un gâteau traditionnel qu’il faut tremper dans du sel et un verre de Slivoviça, un alcool fort… local – à boire avec modération ! Le ton est donné. Le soir, avant le dîner, l’allocution de bienvenue du aire de Golubac est suivi d’un spectacle de danse folklorique. Les danseurs et les danseuses ont été très ovationnés.

En quittant cette petite patrie, qui nous a accueillis avec tout son cœur, nous avons dédié à nos hôtes, lors de la réception, cette belle maxime adaptée à la Serbie et à la France : « Les cœurs les plus proches ne sont pas forcément ceux qui se touchent ».

Notre témoin du jour :
Pierrette Marck de Lautenbach-zell (68)

« Cette étape était suffisamment courte pour musarder et visiter la région, nous permettant d’en voir l’intérêt stratégique. Visite d’un champ de fouille romain avec mausolée et thermes. La lignite présente en sous sol permet le chauffage de l’établissement de bains. Près du Danube, nous croisons une ancienne forteresse Turque. L’histoire des invasions est présente partout ici. Le retour sur les rives du fleuve, plus riches, plus riantes, nous fait vite oublier la vie plus rude de l’intérieur. La magie du Danube opère toujours. Une superbe étape où le cyclotourisme est vraiment à la fête, avec les « 100 pédalants » groupés dans le même élan, dans le même esprit solidaire.

Désormais, je sens que nous sommes en forme, prêts à entamer la deuxième phase du voyage, plus rude peut-être. Je suis impatiente de quitter les pays connus pour découvrir d’autres modes de vie, d’autres peuples. La vraie aventure est en marche! »

Etape 22 : Belgrade – Pozaverac

Mardi 8 avril 2008
95 km – Dénivelé : 185 mètres
Départ : 8 h 25 – Arrivée : 14 h 30
SERBIE

Paula Madersohn, a écrit, peut être à notre attention :

« N’essaie pas de brûler les étapes, celui qui a un long chemin devant lui, ne court pas. »

Cette maxime a été appliquée à la lettre durant cette belle journée grise et plaisante. Comme d’habitude désormais en Serbie, nous sommes escortés par la police et précédés par des cyclos locaux qui s’efforcent de nous être agréables. La route enfin goudronnée, reste banale, sans grand charme, avec son flot incessant de camions. Elle nous éloigne des superbes points de vue du Danube.

À mi-étape nous longeons pendant quelques kilomètres la plus grande aciérie du pays, Smederevo. Un complexe industriel impressionnant, de l’extraction du minerai au produit fini.

Une arrivée en début d’après midi, nous permet de prendre un bon repos au Donau hôtel, le plus grand établissement de Pozarevac. Un hôtel au standard plus modeste que les jours précédents.

Notre témoin du jour :
Le seul Breton de l’expédition, dit-il : Gérard Picard-Breteché de l’Amicale laïque de Carquefou (44) Loire-Atlantique.
Vous savez tous…. la ville qui a éliminé Marseille en 1/8 ème de finale de la coupe de France.

« Je suis satisfait à 80 % de ma randonnée. Les 20 % restant sont dus au peu de rencontres avec les habitants. Notre emploi du temps chargé rend impossible pour le moment ces rencontres et je le regrette. Hier, dans le cadre des écoles solidaires, j’ai quand même beaucoup échangé avec les jeunes élèves de Belgrade et curieusement ces enfants voulaient savoir nos motivations et notre mode de vie sur le Paris Pékin.

Je suis dans l’équipe bleue et l’ambiance y est excellente. Notre capitaine Geneviève Ravel est « un vrai meneur » (sic) d’hommes ! »

 

Journée de repos à Belgrade


Lundi 7 avril 2008
SERBIE

Inutile de dire, combien cette journée était attendue. La grasse matinée est particulièrement appréciée et le petit-déjeuner a été dégusté lentement, jusqu’à 10 h. À midi, quartier libre. Une vingtaine de cyclos vont déjeuner à l’extérieur.

En début d’après-midi, une importante réception est organisée par la mairie de Belgrade où l’accueil est assuré par deux adjoints représenant le Maire, messieurs A. Mladenovic et G. Kleclovic. Nous saluons la présence de monsieur Jean-François Terral, Ambassadeur de France en Serbie, mesdames Corina Coman et Nadine Umbreht de l’ambassade ainsi que l’attaché culturel de l’ambassade de Chine. Nos remerciements chaleureux vont à la ville de Belgrade, la Serbie pour son accueil et sa protection, l’ambassade de France pour son activité avant et pendant notre passage en Serbie. Une trentaine de cyclos était présents. Les autres se sont baladés, ont entretenus leur vélo, lavés leur linge et rédigés leur courrier.

En fin d’après-midi, sous la férule d’Yves-Marie Marchais, une très enrichissante rencontre, au centre culturel français, avec les enfants de l’Ecole française de Belgrade et de l’école Ribnikar a eu lieu, dans le cadre de l’opération écoles de cyclotourisme solidaires. Voir le compte rendu.

En cette journée printanière, les terrasses des cafés sont envahies par des milliers de Belgradois. Notre journée se termine par la présentation de la Serbie et de la Roumanie, par les cyclos ayant étudié ces pays.

Notre témoin du jour :
Jean-François Derégnaucourt, du club de la communauté de communes en pays Saint-Pourcinois (03) et chef de l’expédition.

HD : Nous sommes partis maintenant depuis trois semaines, avons déjà réalisé 21 étapes, franchi plus de 2 000 km, perdu un seul cyclotouriste, pouvez vous nous présenter le bilan rapide de cette première partie d’expédition ?

JFD : La mayonnaise de la vie en groupe est prise, seule la solidarité a permis de passer ces 3 premières semaines. Tous savent que le pain blanc est mangé, mais aucune inquiétude n’apparaît, tous ont confiance dans le groupe et le manque futur de confort est planifié dans les esprits.

H.D : Quel a été votre plus délicat problème à résoudre ?

JFD : Le départ volontaire d’un participant, qui possédait les qualités pour réussir, et que nous n’avons pas pu ou pas su convaincre de différer ou de modifier sa décision

H.D : Quel a été votre plus grande satisfaction ?

JFD : Voir tous les jours les retombées positives de l’énorme travail fait en amont par les permanents de la Fédération (réservation d’hébergement, relation avec les ambassades, parcours)

H.D : Quel message souhaitez vous envoyer à l’ensemble de nos internautes ?

JFD : Je suis le témoin direct des efforts réalisés par les participants mais également le témoin de la joie que procure la lecture des messages d’encouragement. Continuez !

Propos recueillis par Henri Dusseau

 

Rencontre Yvoir à Belgrade – Serbie :
De la part d’Odile et Michel Cabart ainsi que de Michel Helmbacher et de Gérard Muller, en journée « Repos » à Belgrade, capitale de la Serbie.

Déjà trois semaines de voyage et 2 500 km parcourus en direction de Pékin.

Cette après-midi, nous avons ainsi eu le plaisir d’accueillir 6 aveugles adultes, tous professeurs à l’école des aveugles de cette ville, et qui scolarise près de 200 enfants non voyants.

Diverses expériences faisant référence aux pathologies des personnes en présence (rétinite pigmentaire, glaucome, accident de voiture et séquelles de guerre) ont été échangées ; Gérard a profité de l’occasion pour leur faire part des avancées en matière de recherche en ophtalmologie (c.f. Institut de la Vision), et plus spécialement sur celles concernant la rétine artificielle, les facteurs de survie des photo-récepteurs, l’approche pharmacologique…

Ils ont manifesté un intérêt certain pour créer des échanges avec les écoles d’aveugles de France afin de partager leur quotidien et leurs expériences, ainsi ils nous laissèrent leur adresse émail : Ecole Veliko RAMADANOVIC : skolaveljkoramadanovic@yahoo.com

Retour sur les routes de Serbie

Etape 21 : Novi-Sad – Belgrade

Dimanche 6 avril 2008
82 km – Dénivelé : 400 mètres
Départ : 8 h – Arrivée : 14 h
SERBIE

Au cœur de la Serbie

Avec l’aide des polices locales et celle très active des cyclistes Serbes, pour entrer et sortir des deux très grandes villes, du départ et d’arrivée, la recherche du parcours est grandement facilitée.

Nos consignes sont strictes : rester toujours en groupe, pas de cyclo isolé. La poésie et le charme de la randonnée solitaire sont misent sous le boisseau, mais la randonnée solidaire est nécessaire, conformément à nos engagements.

L’étape courte pour un groupe désormais entraîné, est passée comme une lettre à la poste, Serbe évidemment. Tous, arrive heureux à Belgrade pour profiter d’une journée et demie de repos.

À noter qu à l’arrivée à l’hôtel, l’office nationale de tourisme de Serbie a remis à chaque participant une carte du pays et un très joli petit cœur décoré ! Un joli geste apprécié par tous, signe fort de la volonté Serbe de nous être agréable.

Et pour finir, une anecdote parmi tant d’autres : un Serbe s’adresse à un des notre : je vous ai vu sur Internet, c’est fantastique ce que vous faites ! Est-ce que je peux vous toucher ????………….Comme cela je toucherai mon rêve de près !

 

Notre invité du jour est :
Serge Tisserant de l’association sportive omnisports electrogaz de Nancy-Blènod (54) Meurthe-et-Moselle.

Nous avons du rouler groupé, ce qui est un peu gênant pour la vision du paysage. Les routes n’étant pas toujours bien revêtues, cela demande une vigilance constante, au détriment du plaisir de la ballade bucolique, par contre la sécurité et une progression rapide sont assurées. L’accueil des villageois est toujours excellent, même les chiens semblent apprécier notre passage !

Je pensais que Belgrade était une petite ville, alors que de la banlieue à l’hôtel j’ai compté 7 km. Autre surprise : Après trois étapes de plat, à la sortir de Novi sad, nous avons franchi une bosse de ‘4 km a 5 %. (Dénivelé 200 m) Le temps est clément, gris, température agréable. A midi arrêt pour dévorer un pique nique fort garni. Heureux de prendre possession pour 36 heures d’une chambre spacieuse dans un hôtel de 15 étages.

Désormais tout marche bien pour moi, mais il m’a fallu faire un effort pour accepter les contraintes du groupe et de l’organisation.

Etape 20 : Subotica – Novi Sad

Samedi 5 avril 2008
105 km – Dénivelé : 145 mètres
Départ : 8 h – Arrivée : 14 h 30
SERBIE

Très aimable Serbie

La bonne surprise de notre périple serbe est l’amabilité des personnes rencontrées. Toutes se mettent en quatre pour nous être utile. La langue serbe étant incomprise par nous tous, les quiproquos se terminent souvent dans de grands éclats de rire et autres tapes sur l’épaule. Le contact populaire reste simple et vrai. La police veille sur nous comme une mère avec ses petits, mais avec discrétion et efficacité.

Monsieur le maire de Novi-Sad,  deuxième ville du pays, 180 000 habitants, nous reçoit avec tous les honneurs dans sa mairie. Et si ce n’était le ciel gris et bas, les routes détrempées et l’air gorgé d’humidité, nous serions les plus heureux des femmes et des hommes.

Le groupe a bien pris en compte la notion de solidarité. Et nous sommes tous conscients que nous mangeons notre pain blanc car la dans quelques jours, le 12 avril, nous monterons… notre premier bivouac.

Le témoin du jour :
Jean-Pierre Bourgeau, club les Pounpils-de-Villasavary (11)

Le doyen du groupe, né en 1932 :

« Départ habituel, dans la fébrilité, accompagné par la police locale. Nous admirons l’hôtel de ville, le plus beau monument de Subotica. De longues routes droites, sans grand intérêt traversent une plaine cultivée de céréales ou maïs. A cette époque les terres sont semées mais la plante n’apparaît pas encore. Souvent d’énormes silos déchirent l’horizon et annoncent une activité agricole forte. Les animaux sauvages ont disparu. La circulation est encore clairsemée, sur une route en béton, douloureuse pour nos « arrières train ». La prudence reste de mise car les locaux n’ont pas l’habitude de rencontrer des pelotons de cyclotouristes. Très agréable surprise : partout, l’accueil est chaleureux, simple et manifestement sincère. Depuis le départ, après trois semaines de vie collective, la routine positive est en place, grâce à l’effort de chacun. Tout va en s’améliorant. Dans les auberges de jeunesse et les hôtels, literie et sanitaires sont de très bonne qualité, ce qui permet un repos salutaire. Un regret, il nous est difficile de visiter chaque soir la ville étape, car nous devons nous doucher, dîner, récupérer et déjà préparer le lendemain ! »

Revivez de l’intérieur cette fabuleuse épopée à vélo à travers les différents épisodes que nous vous proposons sur Cylomag.

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Texte et photos : Henri Dusseau

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