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En roues libres au féminin : 3000 km à vélo en Asie pour briser les tabous

À vélo tout est plus beau ! C’est avec cette conviction que Marine et Mahault, deux jeunes femmes engagées, s’apprêtent à parcourir 3 000 kilomètres à vélo à travers l’Asie du Sud-Est.

Pour l’association En roues libres au féminin l’objectif de ce périple est de lutter contre la précarité menstruelle et soutenir l’entrepreneuriat féminin, deux enjeux majeurs pour l’autonomie et la dignité des femmes dans cette région du monde.

Un défi sportif au service d’une cause sociale

Depuis le 15 mars dernier, Marine et Mahault ont pris la route pour un périple de trois mois, mêlant aventure sportive et engagement humanitaire. Leur projet, « En roues libres au féminin », est né d’un constat : en Asie du Sud-Est, les inégalités de genre se traduisent par un isolement durable des femmes, dès l’enfance. 44 % des filles cambodgiennes ne vont pas à l’école pendant leurs règles, faute de protections hygiéniques ou par honte. Plus tard, l’accès au crédit leur est souvent refusé, les privant de la possibilité d’entreprendre et de s’émanciper.

Pour briser ce cercle vicieux, les deux cyclistes ont choisi le vélo comme outil de rencontre et de sensibilisation. « Le vélo nous permet d’aller à la rencontre des locales, de traverser les villages sans filtre, et de créer des liens humains authentiques », expliquent-elles. Leur parcours les mènera à travers le Cambodge et le Vietnam, où elles organiseront des ateliers de sensibilisation sur la santé menstruelle et distribueront des kits de protections réutilisables, fabriqués localement par des femmes pour des femmes.

Deux axes d’action : éducation et autonomie économique

  1. Sensibiliser à la précarité menstruelle

En partenariat avec des associations locales comme Days for Girls Cambodia, Marine et Mahault animeront des ateliers interactifs dans huit écoles, principalement en zone rurale. « Nous voulons que chaque jeune fille puisse vivre ses règles sans honte et poursuivre sa scolarité », soulignent-elles. Les ateliers incluront des jeux pédagogiques et des échanges pour lever les tabous, avec l’appui de sages-femmes locales.

  1. Soutenir l’entrepreneuriat féminin

Le deuxième volet de leur mission vise à renforcer l’autonomie économique des femmes. Elles rencontreront des entrepreneuses accompagnées par des institutions de microfinance comme BORVOR et SED, qui proposent des prêts à taux réduits. « Chaque micro-entrepreneur fait vivre en moyenne quatre personnes. Soutenir un projet, c’est assurer l’avenir d’une famille », rappellent-elles.

Un voyage humain et solidaire

Marine et Mahault logeront chez l’habitant quand cela sera possible, pour s’immerger dans le quotidien des communautés locales. « Dormir chez l’habitant, c’est accepter de recevoir autant que l’on donne, et comprendre les réalités sociales de l’intérieur », partagent-elles. Leur budget, financé par une collecte participative, couvrira l’achat des kits menstruels, les dons aux institutions de microfinance, et les frais logistiques.

Comment les soutenir ?

Leur objectif est de récolter 15 000 €. Chaque don, déductible des impôts à 66 % pour les particuliers et 60 % pour les entreprises, permettra de :

  • Distribuer des kits de protections réutilisables.
  • Financer des microcrédits pour des entrepreneuses.
  • Sensibiliser des centaines de jeunes filles et femmes.

« Nous rêvons d’un monde où chaque fille, où qu’elle soit née, puisse aller à l’école, parler librement de son corps et créer son avenir en toute autonomie », concluent-elles.

Pour suivre leur aventure et contribuer : Site de l’association Impulso.

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Questions pour Marine et Mahault

  1. Qu’est-ce qui vous a poussées à allier sport et engagement social ? Avez-vous déjà vécu une expérience similaire qui a renforcé votre envie d’agir ?

C’est justement le fait de n’avoir jamais allié les deux qui nous a poussé à se lancer. Le sport rythme notre quotidien et nous sommes engagées dans des projets sociaux alors pourquoi ne pas allier les deux ? Ça fait 1 mois que nous sommes sur le terrain au Cambodge et nous ressentons vraiment que c’est ce mix qui nous permet de nous épanouir dans ce projet.

C’est un mix qui fonctionne trés bien : le vélo est déjà un pilier d’engagement qui permet de sortir du lot et d’être encore plus ancré sur le terrain, ce qui offre des opportunités pour des actions solidaires. Et le fait de pédaler pour une cause aide à trouver de la motivation quand les jambes ne suivent plus !

De plus, l’une avait expérimenté davantage la facette sportive du projet en partant au Portugal à vélo tandis que l’autre l’aspect social en partant faire du volontariat au Togo, donc nous sommes très complémentaires.

  1. Comment comptez-vous mesurer l’impact de vos ateliers et de vos distributions de kits sur le terrain ?

Ce projet a un impact « court terme » avec le nombre de kits distribués et le nombre de filles et garçons sensibilisés (que nous notons) mais surtout de plus long terme car dans chaque école ou centre pour enfants où nous passons nous faisons en sorte de « former » ou du moins sensibiliser un adulte sur place qui pourra faire perdurer le projet.

  1. Après ce voyage, comment envisagez-vous de partager vos apprentissages et de sensibiliser le public français à ces enjeux ?

Nous comptons organiser une soirée pour notre retour qui sera également le moment de montrer un petit documentaire que l’on compte réaliser sur la thématique de la précarité menstruelle avec les témoignages recueillis et les différentes expériences que nous avons vécu. Nous espérons pouvoir partager cette expérience notamment à une cible étudiante afin de lancer des élans de solidarité.

  1. En tant que cyclistes engagées, quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui souhaitent allier voyage à vélo et solidarité ?

Sautez le pas, préparez l’aspect solidaire un peu en amont et pour le vélo, avec de la motivation et de la bonne humeur tout ira bien…

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : Marine et Mahault pour En roues libres au féminin
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