Djivann Ostrowska

Cyclotourisme et rencontres : comment un piano peut ouvrir toutes les portes

Djivann Ostrowska, lauréat 2024 de la Bourse jeune voyageur de la Fédération a parcouru 13 300 km à vélo avec un piano dans ses sacoches. Il revient sur les rencontres marquantes.

Si nous demandons à Djivann ce qui a le plus marqué son voyage, ce ne sont pas les kilomètres, ni même les paysages… Ce sont les rencontres. « Si je devais désigner ce qui a vraiment porté ce voyage, ce ne serait ni les paysages, ni les kilomètres, ni même la musique. Ce serait les rencontres », confie-t-il. Une leçon de cyclotourisme humain, où le vélo et le piano deviennent des passeports universels.

Djivann Ostrowska

Dormir chez les gens : la colonne vertébrale du voyage

Sans une célébre plateforme communautaire dédiée aux cyclovoyageurs, le tour du monde de Djivann n’aurait pas eu la même saveur. « Environ 60 % de mes nuits se sont déroulées sous le toit d’un hôte Warmshowers », explique-t-il. Cette plateforme lui a offert bien plus qu’un logement : un accès direct à des familles, des communautés et des amitiés que jamais un hôtel n’aurait pu lui fournir.

« On ne paie pas, mais on n’est pas non plus client. On est invité, comme l’aurait été un cousin qui passe. On partage le repas, on raconte ses étapes sur une carte ouverte, on découvre la culture locale par la voix de celui qui la vit. »

La Fédération française de cyclotourisme, possède sa propre plateforme d’hébergement, elle aussi gratuite. Il s’agit d’un réseau constitué de licenciés répartis sur l’ensemble du territoire français. Son nom Cycl’hôtes. Découvrez son fonctionnement : https://cyclotourisme-mag.com/actus/decouvrez-le-reseau-cyclhotes-lhospitalite-a-velo-selon-la-federation/

Le piano, carte de visite universelle

Un cycliste seul intrigue. Un cycliste avec un piano fait s’arrêter les voitures. « Les gens viennent demander, prendre des photos, raconter leur propre histoire », raconte Djivann. La musique est devenue l’outil d’ouverture par excellence, le déclencheur de milliers de conversations qui, sans elle, n’auraient peut-être jamais eu lieu.

  • En Slovénie, Rado et sa famille l’ont accueilli comme un fils après une journée exténuante.
  • À Bratislava, Annick, professeure de musique, a organisé un accueil chaleureux pour le premier don de piano à une école française. « Une trentaine d’élèves qui chantent pour un cyclovoyageur qu’ils n’avaient jamais vu… C’était cela, le sens de ma cagnotte. »
  • En Corée du Sud, Uni, son hôte, a tout fait pour faciliter son séjour, allant jusqu’à appeler à l’avance les lieux où Djivann allait dormir pour présenter son projet.

Des rencontres qui transforment

Certaines rencontres durent quelques heures, d’autres plusieurs jours. Toutes laissent une trace indélébile.

  • En Russie, Polina, sa correspondante, l’a accueilli à Moscou et lui a fait découvrir les stations de métro, de véritables cathédrales soviétiques.
  • En Pologne, Dmitry, clarinettiste de jazz, a partagé avec lui des soirées musicales improvisées.
  • Aux États-Unis, Alana, ancienne cyclovoyageuse ayant parcouru 30 000 km, est devenue une source d’inspiration. « À 51 ans, elle détient son record du monde dans le Guinness Book. Elle représente tout ce que j’admire dans cette communauté. »
  • En Thaïlande, James, à Bangkok, est devenu un ami proche, lui faisant découvrir des restaurants underground et une communauté de voyageurs passionnés.

Voyager seul pour mieux rencontrer

Djivann a voyagé seul, mais il n’a presque jamais été seul. « Quand on voyage seul, on est disponible. Disponible à l’autre, à l’imprévu, à la conversation avec l’inconnu. » Son conseil ? Oser la solitude pour mieux s’ouvrir aux autres.

« Le vélo et le piano ont été mes deux meilleurs alliés. Le premier m’a permis d’avancer, le second d’ouvrir les portes. »

Le cyclotourisme, une école de l’humanité

Le voyage à vélo est bien plus qu’un moyen de transport : c’est un dispositif d’humanité. Lent, accessible, ouvert, il permet de rencontrer, d’échanger, de partager. Djivann en est la preuve vivante : en un an, il a croisé plusieurs centaines de personnes qui, chacune à leur manière, ont rendu son aventure unique.

« Ce ne sont pas les kilomètres qui font le voyage, ce sont les personnes qu’on croise dans ces kilomètres. »

Pour tout savoir sur notre pianiste : https://linktr.ee/lachevrepiano

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : Djivann Ostrowska
ATTENTION: Afin d'éviter les abus, les réactions sont modérées 'a priori'. De ce fait, votre réaction n'apparaîtra que lorsqu'un modérateur l'aura validée. Merci de votre compréhension.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.