Le tour du monde de Djivann en chiffres et en leçons
Djivann Ostrowska, lauréat 2024 de la Bourse jeune voyageur international à vélo de la Fédération française de cyclotourisme, a bouclé un tour du monde à vélo de 13 300 km en un an, traversant 26 pays avec un piano en sacoches. Mais derrière l’aventure humaine se cache une logistique millimétrée : choix du vélo, gestion des bagages, entretien, adaptation aux imprévus…
Le vélo : un compagnon infaillible
Djivann a choisi un VSF Fahrradmanufaktur T-500, un vélo de voyage allemand réputé pour sa robustesse et sa polyvalence. « Ce modèle est conçu pour les longues distances chargées, avec une géométrie confortable et des composants pensés pour durer. »
- Poids total chargé : 45 kg (vélo + bagages).
- Sacoches : 4 sacoches Ortlieb étanches (2 arrière, 2 avant), une sacoche de cadre, une sacoche de guidon et un sac à dos pour les visites urbaines.
- Répartition : Code couleur pour chaque sac (camping, vêtements, hygiène, divertissement, audiovisuel) et stockage stratégique pour ne jamais perdre de temps.
« Sur 13 300 km, le T-500 a tenu sans aucune panne mécanique majeure. Les seules interventions ont été liées à l’usure naturelle (chaîne, cassette, plaquettes de frein). »
Le piano modulaire : un défi logistique
Transporter un piano à vélo ? Djivann a relevé le défi avec un piano numérique modulaire de 73 touches, démontable en trois modules qui s’assemblent par charnières.
- Poids : 4,2 kg.
- Accessoires : Enceinte portable, pédale de sustain, batterie externe… soit 5 kg de matériel musical en tout.
« Ce piano a permis trois choses : composer un album, ravir les oreilles de mes hôtes, et pratiquer le busking (concert de rue) pour financer une partie du voyage. »
L’itinéraire : entre planification et improvisation
L’itinéraire initial a connu plusieurs ajustements en cours de route :
- Europe (avril à juin 2025) : Montpellier → Italie → Slovénie → Croatie → Hongrie → Slovaquie → Autriche → République tchèque → Pologne → Pays baltes.
- Russie (juillet 2025) : Saint-Pétersbourg → Moscou → Transsibérien → Vladivostok → ferry vers la Corée.
- Asie de l’Est (août à septembre 2025) : Corée du Sud → Japon.
- Asie du Sud-Est (septembre à novembre 2025) : Vietnam → Cambodge → Laos → Thaïlande → Malaisie → Singapour → Bali.
- États-Unis (janvier à février 2026) : Côte Pacifique (Los Angeles → San Francisco) → Côte Est (Boston → New York).
- Retour en Europe (mars 2026) : Portugal → Espagne → Andorre → France.
Principaux ajustements :
- Pologne et Lituanie en transport (train/bus) à cause d’une tendinite au genou.
- Abandon de l’Australie au profit du NAMM Show (salon international de la musique à Los Angeles).
- Traversée de la côte Est américaine en train en raison des conditions météo extrêmes (neige, -10°C).
La journée type d’un cyclovoyageur
Djivann a adopté un rythme quotidien pour maintenir une régularité sans épuisement :
- 6h-8h : Réveil, méditation, petit-déjeuner, démontage du campement.
- 7h-15h : Pédalage (70 à 100 km/jour), avec des pauses toutes les 15-20 km.
- 15h-18h : Arrivée, installation, douche, lessive, recharge des batteries.
- 18h-22h : Dîner (souvent partagé avec l’hôte), échanges, session piano, écriture sur Polarsteps (journal de bord).
- 22h-23h : Méditation, étirements, sommeil.
« Ce rythme m’a permis de garder de l’énergie pour les rencontres et la création de contenu. »
Les galères et leurs solutions
Même avec une préparation minutieuse, les imprévus sont inévitables :
- Tendinite au genou (juin 2025) : Résolue par une routine d’étirements et de renforcement musculaire prescrite par un kiné lituanien.
- Surfacturation du vélo en avion (Hiroshima → Hô Chi Minh-Ville) : 303 € de frais supplémentaires malgré le respect des dimensions. « Leçon : toujours lire les petites lignes. »
- Nationale 13 au Laos : « La pire route du voyage : trous, boue, poussière, camions… » Solution : kit de réparation complet (démonte-pneus, multi-tools, rustines, chambres à air de rechange…).
Les leçons techniques à retenir
- Le matériel doit être fiable : Un vélo robuste et un kit de réparation complet sont indispensables.
- L’entretien régulier est clé : Nettoyage et lubrification de la chaîne tous les 150 km, vérification des freins et des pneus chaque semaine.
- S’adapter aux imprévus : « Un voyage de cette ampleur ne se déroule jamais comme prévu. Il faut savoir improviser. »
- La préparation géopolitique compte : Pour la Russie, Djivann a dû apprendre le cyrillique, télécharger des applications locales (Yandex Maps, Yandex Translate), et anticiper les brouilleurs GPS à Moscou et Saint-Pétersbourg.
Bilan technique : une aventure réussie
- Aucune panne majeure du vélo.
- Une seule blessure significative (tendinite), résolue grâce à une routine kiné.
- Zéro vol sur la totalité du voyage.
- Le piano a survécu à 13 300 km de vibrations, pluie et poussière, et a permis la composition d’un album complet.
« Le voyage à vélo en autonomie n’est pas un exploit physique exceptionnel : c’est un exercice de logistique patiente, de préparation méthodique et de capacité à improviser. »
Pour tout savoir sur notre pianiste : https://linktr.ee/lachevrepiano









