Le cyclotourisme et la gestion du poids : pourquoi le vélo seul ne suffit pas

Même avec des sorties régulières en vélo, la balance ne bouge pas toujours. Une frustration fréquente chez les cyclotouristes, qui découvrent que le sport à lui seul ne fait pas maigrir.

Après des mois d’hivernage — parfois un peu trop prolongé —, le regard que l’on porte sur sa silhouette devient plus critique. À l’approche de l’été, les corps se dévoilent, et l’objectif est clair : perdre quelques kilos pour profiter pleinement du soleil.

Certains souffrent même, en période hivernale, d’une curieuse affection : le « syndrome du paresseux ». Inspiré par ce petit mammifère d’Amérique centrale au métabolisme ralenti, ce syndrome décrit une inactivité excessive, souvent accompagnée d’un grignotage accru et de repas plus copieux. Résultat ? Un excès de calories stocké sous forme de graisses.

Miroir, mon beau miroir…

Un coup d’œil dans le miroir — surtout de profil — suffit souvent pour réaliser qu’il est temps d’agir. La motivation est d’abord esthétique : retrouver une sangle abdominale tonique, faire disparaître les « poignées d’amour », ou simplement se sentir bien dans son corps. Mais au-delà de l’apparence, c’est aussi une question de santé. « Il me faut perdre 3 ou 4 kilos avant l’été ! » : qui n’a jamais prononcé cette phrase ?

Ni bigorexie, ni régime extrême

La solution n’est ni dans l’addiction au sport ni dans la privation alimentaire. Pour rééquilibrer son organisme, il faut agir sur deux leviers : l’activité physique et l’alimentation, mais avec modération. Inutile de se lancer dans une « boulimie » de sorties vélo ou de s’imposer des régimes restrictifs. Ces méthodes brutales sont non seulement inefficaces à long terme, mais aussi néfastes pour la santé.

Comme le suggérait La Fontaine dans « Le Lion et le Rat », « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». Pour perdre du poids durablement, il faut y aller progressivement.

Inverser la tendance sur plusieurs mois

Sur le vélo

Une longue sortie à vélo ne fait brûler que quelques grammes de graisse : environ 100 g pour 2h30 de pédalage à allure modérée. Pour un cyclotouriste de 75 kg, la dépense énergétique est d’environ 350 kcal par heure. Or, pour perdre 1 kg, il faut un déficit de 7 000 kcal… soit 20 heures de selle ! Plutôt que de vouloir tout faire en une semaine, mieux vaut étaler cet effort sur un ou deux mois.

Bon à savoir : les efforts longs et modérés ne sont pas les plus efficaces pour brûler les graisses. Les séances plus intenses, suivies de périodes de récupération, permettent à l’organisme de puiser dans les réserves de glycogène, puis de « faire le ménage » en utilisant les graisses pour les reconstituer.

Dans l’assiette

Côté alimentation, le rééquilibrage doit aussi se faire en douceur. Voici quelques pistes :

  • Limiter les sucres cachés : attention aux plats ultra-transformés, souvent riches en additifs et en sucres.
  • Privilégier les produits bruts : cuisiner soi-même permet de contrôler les apports et d’éviter les excès.
  • Augmenter la part des légumes : les protéines animales (viande, poisson) doivent devenir un accompagnement, et non l’élément central de l’assiette.
  • Réduire les portions : utiliser des assiettes plus petites et éviter de se resservir.
  • Boire de l’eau : remplacer les sodas et boissons sucrées par de l’eau plate ou gazeuse.

Avec ces ajustements, le déficit calorique peut atteindre 1 000 kcal par semaine par rapport aux habitudes antérieures. En 2 à 3 mois, la silhouette se modifie, et les bénéfices pour la santé sont nombreux.

Le vrai critère : la silhouette, pas la balance

Plutôt que de se focaliser sur les chiffres de la balance, mieux vaut observer les changements de tour de taille et de masse grasse. Moins de graisse viscérale signifie moins de risques pour la santé (diabète, maladies cardiovasculaires…) et plus d’énergie au quotidien.

L’objectif ? Retrouver du confort dans ses vêtements, sans se serrer la ceinture, et adopter ces nouvelles habitudes sur le long terme — y compris après l’été, quand les colchiques fleuriront à nouveau.

Le texte intégral est paru dans la revue « Cyclotourisme » numéro 766 d’avril 2026. Vous pouvez vous procurer ce numéro sur boutique.ffvelo.fr

Texte initial : Daniel Jacob, instructeur fédéral FFVélo remanié pour le web par Jean-Pierre Giorgi – Photos : zuzyusa-fitness
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