Sécurité : Bordures et chicanes (2/2)

 
Après avoir abordé le sujet des bordures, dans ce nouvel article Denis Vitiel, président de la commission Sécurité de la Fédération française de cyclotourisme, nous parle des chicanes.

Dans ce second épisode, entrons dans le détails des chicanes qui malgré leurs grandes utilités peuvent s’avérer également très dangereuses.

L’écluse ou la chicane

C’est aussi un aménagement dangereux en/ou hors agglomération. Les chicanes ne sont pas à ce jour normalisées par une réglementation contraignante comme le sont les ralentisseurs en dos d’âne. De multiples réalisations sont observables sur nos routes.

Respecter certaines règles de conception 

Cependant, cet aménagement doit être réalisé selon les règles de conception de toute voirie urbaine : réglementation de l’accessibilité à la voirie des personnes handicapées et à mobilité réduite, codes de la route, de la voirie routière et de l’environnement.

C’est l’aménagement d’une voie destiné à ralentir la vitesse des véhicules par la création ou l’accentuation d’une courbe mais… question que l’on peut se poser : pourquoi faire ralentir un vélo qui est un véhicule ? 

Le problème survient dans tous les cas : 

– Élargissement d’un terre-plein central séparant les chaussées d’une route à deux voies. 

- Convexité au niveau du trottoir de droite. 

– Chicane déplaçant vers la droite dans un sens et vers la gauche dans l’autre (courbures concentriques). 

– Chicane complexe faisant se succéder plusieurs courbes, les plus dangereuses pour le cycliste mais étant la seule qui oblige le conducteur à ralentir. 

- Chicane aménageant une intersection. 

– Chicane utilisant des zones de stationnement alternées des deux côtés d’une voie à sens unique ou non. 

Chicane utilisant des zones de stationnement alternées des deux cotes d’une voie a sens unique ou non.

Le plus souvent, elles ne font ralentir que dans le cas où un véhicule arrive en face, ce qui fait que le cycliste engagé est doublé dans la chicane où il se retrouve avec un véhicule en face… avec encore moins de place sur la voirie ! C’est donc encore une fois à nous de gérer notre vitesse pour ne pas se faire coincer dans ce type d’aménagement.

Parfois réalisé en côte mais là encore sans respecter le sens de l’alternat qui est priorité au montant. (R 414-3.) De plus, certaines sont invisibles et /ou sans la signalisation verticale obligatoire. 

Beaucoup de ces aménagements ont été réalisés après 1997 soit sans la mise en place de l’obligation de création d’aménagement cyclable. en modifiant une chaussée en milieu urbain, ce qui a été étendu sur toutes les voiries avec la loi des objectifs de la mobilité.

En ce moment, on entend parler de mise en danger de la vie d’autrui lors d’organisation de rassemblements de plus de six personnes : nous n’avons jamais entendu la même chose lors de création de ce type d’aménagement non conforme. Enfin certains sont invisibles et donc très dangereux du fait qu’ils n’ont pas de bordure visible et de même couleur que la chaussée. 

La chicane avec îlot est un dispositif non réglementé et non normé. À ce jour, il n’existe pas de réglementation spécifique aux chicanes. 

Elle est consommatrice d’espace (emprise), nécessitant souvent une acquisition de terrain, elle présente un danger pour les cyclistes nécessitant une voie d’évitement pour le trafic des cycles. Il est facile de prévoir une « piste cyclable » qui permet d’aller tout droit, la vitesse du cycliste n’ayant rien à voir avec la vitesse du conducteur d’un véhicule motorisé.

Article complet à retrouver dans la revue Cyclotourisme de mai 2021 (n°712).

Retrouvez chaque mois des conseils Technique et Sécurité dans la revue Cyclotourisme, la revue officielle de la Fédération française de cyclotourisme.

 

Texte et photos : Denis Vitiel, président de la commission Sécurité
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