À la découverte de la véloroute du Lin en Normandie

La Seine-Maritime, c’est un peu le jardin secret de la Normandie. Ce coin de paradis est une pépite pour les amoureux de cyclotourisme et de découvertes authentiques.

La Normandie, nous la connaissons tous, notamment pour ses plages du Débarquement et ses falaises abruptes. Mais cette fois, Nathalie et moi, avons décidé de partir à l’aventure pour explorer l’intérieur des terres et découvrir une culture qui fait la fierté de la région : le lin. Une escapade à vélo, entre champs, villages pittoresques et rencontres authentiques, pour un voyage à vélo qui nous a marqués bien au-delà des paysages.

La Normandie, terre de lin et de traditions

Saviez-vous que la Seine-Maritime est la première région productrice de lin en France ? Avec ses 43 700 hectares cultivés, elle représente à elle seule 28 % de la surface nationale dédiée à cette plante aux mille vertus. Du textile à l’alimentation, en passant par l’ameublement, la décoration ou même l’automobile (où il entre dans la composition des garnitures de sièges), le lin est une ressource d’une richesse exceptionnelle. Et la Normandie en est le cœur battant, avec 48 % de la production française de lin textile, un savoir-faire ancré depuis le néolithique.

C’est dans ce cadre que nous avons décidé de pédaler, non pas pour battre des records, mais pour nous immerger dans une culture méconnue et savourer chaque instant de notre voyage à vélo.

Le Festival du Lin : une célébration au fil de l’eau

Notre périple n’a malheureusement pas coïncidé avec l’un des événements phares de la région : le Festival du Lin et de l’Aiguille, organisé au cœur du Pays de Caux. Cette année, pour sa 6e édition, le festival proposera une thématique particulièrement poétique : « Au fil de l’eau ». Les 3, 4 et 5 juillet 2026, expositions, défilés de créateurs, ateliers, visites de champs en fleurs et rencontres avec les producteurs ont rythmé notre découverte.

Une occasion de voir le lin sous toutes ses formes, et de comprendre pourquoi cette plante est si profondément liée à l’identité normande.

Rouen, point de départ de notre aventure

Notre voyage à vélo a commencé à Rouen, la capitale normande surnommée la Ville aux cent clochers. Après un trajet en train depuis Paris (gare Saint-Lazare), nous avons posés nos vélos pour une nuit dans une chambre d’hôte. Au petit-déjeuner, nous avons fait la connaissance de deux autres couples de cyclistes allemands, tous aussi passionnés que nous par les itinéraires vélo et les micro-aventures.

Le samedi matin, après un échange en anglais lors du petit-déjeuner (car oui, même en Normandie, le vélo est un langage universel !), nous avons enfourché nos montures respectives.

La Véloroute du Lin : un itinéraire secret et enchanteur

Notre premier jour de pédalage nous a menés de Rouen à Sotteville-sur-Mer, en empruntant des chemins de type gravel que j’avais tracé via l’application Komoot. Le parcours ? Exigeant, mais magique.

Nous avons traversé le bois Guillaume, où les pluies des dernières semaines avaient transformé les sentiers en véritables marécages. Mais qu’importe : nous avions choisi l’aventure, et chaque flaque franchie était une victoire. Puis, direction Montville, Anceaumeville, Butot, Hugleville-en-Caux… jusqu’à Sotteville-sur-Mer, où une grande tente équipée de vrais lits nous attendait au camping Les Pommiers. Aventuriers, oui, mais pas trop !

Seine-Maritime vélo

La Véloroute du Lin, que nous avons découverte le lendemain, est un itinéraire encore méconnu des cyclotouristes. Pourtant, elle offre une immersion totale dans la Normandie cauchoise, entre champs de lin, étangs, piscicultures et parcelles de cresson. Une alternative familiale à la Vélomaritime (EuroVelo 4), plus côtière, à parcourir de préférence en juin, lors de la floraison du lin – une période où les champs se parent de petites fleurs bleues.

Balisage et aménagement : L’itinéraire est entièrement jalonné dans les deux sens et emprunte une ancienne voie ferrée reliant Pourville-sur-Mer à Fécamp. Revêtement enrobé, sécurité optimale, et 73 % du parcours en voie verte, à l’abri du trafic motorisé. Un vrai bonheur pour les amateurs de cyclotourisme !

Veules-les-Roses : le coup de cœur normand

En fin d’après-midi, nous avons pris la direction de Veules-les-Roses, l’un des Plus Beaux Villages de France. Classé pour son charme fou, ce petit paradis normand nous a conquis avec ses ruelles pavées, ses moulins typiques, ses chaumières, sa plage et son fleuve, la Veules – le plus petit de France !

Seine-Maritime vélo

Ancien village de pêcheurs et de tisserands, Veules-les-Roses est aussi un lieu d’inspiration pour les artistes, comme Victor Hugo. Nous y avons passé une fin de journée délicieuse, entre apéritif et dîner, avant de reprendre la route… et de affronter la côte pour quitter le village. Avouons-le : j’ai été tenté de pousser mon vélo. Mais mon égo en a décidé autrement. Rires garantis !

Vers le Nord : entre chaleur et découvertes

Le lundi, dernier jour de notre escapade, nous avons remonté l’EuroVelo 4 en direction de Dieppe. La chaleur était déjà omniprésente dès le matin, nous incitant à adopter un rythme cool et à bien nous hydrater.

À Varengueville-sur-Mer, nous avons fait une pause dans un café-restaurant aussi charmant que surprenant. Entre tradition normande et touche de modernité, La Maison de Jules nous a séduit. La patronne, passionnée, nous a même fait visiter les lieux, où des expositions d’art et des concerts de musique classique animent régulièrement l’endroit. Une adresse à retenir pour une prochaine escapade gastronomique !

Seine-Maritime vélo

Plus tard, à Hautot-sur-Mer, la chaleur est devenue insupportable. Qu’à cela ne tienne : nous avons plongé dans la mer pour nous rafraîchir. L’eau était froide, l’air chaud… mais quel soulagement ! Nous avons finalement décidé de déjeuner sur place, avec une terrasse offrant une vue imprenable sur la mer et un plateau de fruits de mer à nous faire oublier la fatigue.

Dieppe, joyau de la Côte d’Albâtre

Notre dernière étape : Dieppe, une station balnéaire où se mêlent falaises spectaculaires, vieille ville animée et Château-Musée perché sur sa falaise. La chaleur était telle que nous avons privilégié les ruelles ombragées et les églises pour nous rafraîchir.

C’est avec un pincement au cœur que nous avons rejoint la gare pour notre retour à Paris. Dans le train, nous avons croisé des dizaines de cyclistes, pour la plupart en couple, qui, comme nous, avaient profité du week-end pour s’évader. La Seine-Maritime, avec ses paysages variés, son patrimoine et sa gastronomie, s’est révélée être un terrain de jeu idéal pour les cyclotouristes en quête de dépaysement.

Nous reviendrons en Seine-Maritime avec grand plaisir !

3 jours de vélo et des souvenirs pleins les sacoches

Au final, nous avons parcouru 170 kilomètres en 3 jours, un rythme raisonnable pour profiter pleinement des paysages sans nous épuiser – surtout avec la canicule qui nous a accompagnés.

Alors, prêts à enfourcher votre vélo pour explorer comme nous la route du Lin ?

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : Giorgi Family / Seine-Maritime Attractivité
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