Djivann Ostrowska – Ce que le voyage à vélo m’a appris sur moi et le monde

Djivann, lauréat 2024 de la Bourse jeune voyageur international à vélo de la Fédération française de cyclotourisme, a parcouru 13 300 km en un an, traversant 26 pays avec son piano.

Au-delà des kilomètres, c’est une transformation profonde que Djivann a vécue. « Je suis rentré et mon environnement n’a pas changé. Par contre, moi, je sens que je suis transformé.n» Retour sur les apprentissages clés d’un voyage qui a changé sa vision du monde, de lui-même, et du cyclotourisme.

La Vipassana : le tournant intérieur


En Thaïlande, Djivann a participé à une retraite Vipassana de dix jours : dix jours de silence total, dix heures de méditation par jour, une alimentation végétarienne stricte, et une immersion dans l’observation de soi. « C’était les dix jours les mieux investis de ma vie. »

Depuis, il médite matin et soir, sans exception. « La méditation change la qualité d’attention qu’on porte au monde, donc la qualité des actions qu’on y mène.n»

Se faire sa propre opinion

Les médias ne reflètent pas toujours la réalité. Djivann en a fait l’expérience :

  • en Russie, il a découvert une chaleur humaine exceptionnelle, loin des clichés.
  • en Corée du Sud, il a été surpris par l’accueil chaleureux des locaux, alors qu’on lui avait décrit un pays froid et occidentalisé.
  • aux États-Unis, il a rencontré une population d’une générosité rare, malgré les tensions politiques.

« Le voyage à vélo, lent et immersif, donne accès à une réalité plurielle, bien plus nuancée que ce que les écrans nous montrent. »

Écouter ceux qui ont fait, pas ceux qui commentent


Avant son départ, Djivann a reçu de nombreux conseils… souvent non sollicités. « Ceux qui n’avaient jamais voyagé me disaient pourquoi mon projet allait échouer. Ceux qui avaient déjà pédalé à travers le monde, eux, m’encourageaient et me donnaient des conseils utiles. »

« Filtrer les avis est devenu une compétence essentielle. Je ne demande plus l’opinion d’une personne sur un projet sans m’être assuré qu’elle a une légitimité expérientielle pour en parler. »

La solitude ouvre plus que le groupe


Voyager seul a été une révélation pour Djivann. « Seul, on est disponible. On accepte plus facilement l’invitation d’un inconnu, on prend l’initiative d’aborder. » Résultat : des centaines de rencontres qui n’auraient pas eu lieu en groupe.

« La solitude, dans le voyage, est aussi un acte d’ouverture. »

Le minimalisme comme libération


Avec 45 kg de bagages pour un an, Djivann a appris à vivre avec l’essentiel. « À mon retour, j’ai redécouvert tout ce que je possédais à la maison… et je me suis demandé : à quoi sert tout ça ? »

« Le minimalisme n’est pas une posture esthétique, c’est une expérience vécue. Quand on a vécu un an avec quelques kilos de vêtements, on relativise instantanément l’utilité de tout le reste. »

Le rapport au corps : un partenaire à respecter


Pédaler 6 à 8 heures par jour, par tous les temps, a appris à Djivann à écouter son corps.
  • Tendinite au genou : une routine d’étirements et de renforcement est devenue un rituel sacré.
  • Alimentation équilibrée : légumineuses, légumes verts, protéines maigres, fruits secs…
  • Méditation et étirements : des pratiques quotidiennes pour prendre soin de soi.

« Mon corps n’est plus un véhicule à exploiter, mais un partenaire à respecter. »

La rencontre avec soi-même


Un an sans télévision, sans réseaux sociaux, sans agenda imposé… Djivann a eu le temps de se poser des questions essentielles :
  • Qu’est-ce que j’aime vraiment ?
  • Qu’est-ce qui m’épuise ?
  • Quel genre d’homme je veux devenir ?

« Le voyage m’a obligé à être face à moi-même chaque jour. À me regarder honnêtement. »

 

Ce qui restera

  • Une personne transformée : plus alignée, plus libre, plus exigeante dans le choix de ses relations et de ses projets.
  • Une routine de pratiques quotidiennes : méditation, étirements, pratique musicale, lecture…
  • Un réseau humain international : des amitiés solides à travers le monde (Singapour, New York, Bratislava, Séoul…).
  • Une œuvre artistique : l’album « Tour du monde en 73 touches », 13 compositions inspirées par son voyage.
  • Une vision de la vie : « La lenteur, l’attention, la qualité des relations et la créativité valent plus que la performance, la consommation et la course au statut. »

Pourquoi partir en voyage à vélo ?


Djivann répond sans hésiter :
  1. Pour se transformer : « Devenir une version plus juste, plus honnête, plus alignée de soi-même. »
  2. Pour comprendre le monde : « Découvrir que le monde est infiniment plus pluriel, plus contradictoire, plus humain que ce que les médias en disent. »
  3. Pour témoigner : « Ramener du voyage non pas seulement des photos, mais une présence transformée qui irrigue ensuite toutes les rencontres futures. »

Et vous, qu’attendez-vous d’un voyage à vélo ? Une transformation personnelle, une meilleure compréhension du monde, ou simplement l’envie de vous dépasser ?

Pour tout savoir sur notre pianiste : https://linktr.ee/lachevrepiano

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : Djivann Ostrowska
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