Randonnée La Diagonale du vide, vécu de l’intérieur

En juin dernier avait lieu la Diagonale du vide, une randonnée ou plutôt une traversée de la France rurale, comme aime à la nommer son organisateur Stéphane Gibon. Voici le récit d’un participant qui se considère comme néophyte mais qui a pourtant réussi un véritable exploit !

Une idée, une envie


C’est en octobre 2018 que je tombe par hasard sur une page Facebook présentant « La Diagonale du vide » (ou hyper-rurale), une traversée de la France à vélo, de la Meuse à l’Ariège en passant par les zones les moins peuplées du pays. J’ai de suite un coup de foudre pour ce projet qui me fait complètement rêver. Une lecture plus attentive refroidit mon enthousiasme, il s’agit de 1 720 km et 28 000 m de dénivelé à parcourir en moins de neufs jours, soit une moyenne de 200 km et 3 000 m de dénivelé positif par jour ! C’est clairement un peu gros pour le débutant en vélo longue distance que je suis et qui, à cette époque, n’a encore fait son premier 200 ! Mais l’envie est trop forte, je décide de m’entraîner à fond et de m’inscrire. Après tout même si je dois abandonner ce n’est pas grave, au moins j’aurais tenté ma chance.

Huit mois plus tard, le 21 juin, fort de 6 000 km roulés dont quatre BRM (deux 200, un 300 et un 400), je prends la route d’Avioth véhiculé par mon attentionnée épouse, sous un ciel bleu et un beau soleil dont on annonce qu’il devrait passer en mode canicule dans les jours suivants ! À l’arrivée à Avioth, je découvre mes compagnons de route : nous sommes 29, dont seulement deux filles, des âges variant de 26 ans à 70 ans (avec une moyenne plus proche du deuxième chiffre que du premier) !

Samedi 22 juin, 6 h 45


Nous nous rassemblons au pied de la basilique pour la photo de groupe, et à 7 h Stéphane (l’organisateur) nous lâche sur la route ! Si la trace est imposée, chacun est libre d’organiser ses étapes comme il l’entend. Aussi pour cette journée relativement facile (peu de dénivelé), j’ai choisi de pousser un peu plus loin que Colombey-les-Deux-Églises, et de faire 240 km.
On roule en petits groupes, ce qui nous permet de commencer à faire connaissance. Bien sûr on se perd régulièrement mais on se retrouve rapidement aux pauses photo, contrôle ou ravitaillement. Le paysage est bien sympa, avec une mention spéciale sur la toute fin avec une magnifique arrivée sur Colombey. Les « lieux de mémoire » autour de Douaumont et Verdun m’ont ému : village détruits, cimetières militaires, mémorials, paysages encore retournés par les trous d’obus…, il est clair qu’on a souffert par ici il y a un siècle.
La partie entre Verdun et Saint-Dizier est moins enthousiasmante, plus que la diagonale du vide, c’est la diagonale vidée, vidée de ses activités, de ses commerces, de ses cafés. Certains villages sont magnifiques (Beaulieu-sur-Argonne), d’autres déprimants (Robert Espagne, qui en sus d’avoir été détruite par les Allemands en 1944 a été victime d’une reconstruction à la va vite d’un goût douteux).

Pas de difficulté particulière, je termine la journée en forme en arrivant vers 19 h 30, après avoir parcouru 249 km. Karine et Thierry, avec lesquels j’ai pas mal roulé ce jour, décident de pousser plus loin et de faire étape 55 km plus loin à Chatillon/Seine dans l’espoir de terminer avec un jour d’avance. Comme je ne m’en sens pas le courage je les laisse filer et nous nous disons donc au revoir, j’ai peu d’espoir de les revoir à nouveau.

Dimanche 23 juin


La journée commence par un épais et inattendu  brouillard qui nous oblige à allumer mes feux pendant au moins une heure et trente minutes. Je me fais rapidement rattraper par Alain et François, deux poitevins qui roulent aussi fort qu’ils sont sympas. Le terrain étant roulant, je m’accroche lâchement à eux pendant une trentaine de kilomètres avant de décrocher, incapable de suivre plus avant leur rythme. Ils me redoubleront régulièrement car ils s’arrêtent souvent ; à chaque fois ils ont la gentillesse de ralentir et de prendre le temps d’échanger quelques mots. Le paysage est sublime, on est en Bourgogne, les superbes paysages et villages, les nombreux commerces (ouverts même le dimanche) illustrent bien le fait qu’on est dans une région riche.

Avec l’après-midi arrivent les bosses, certaines bien casse-pattes : Alise-Sainte-Reine, Flavigny, la butte de Thil (ouch !), Semur-en-Auxois, le Morvan… Je me rends compte que j’ai peut-être un peu trop tiré sur mes réserves le matin à suivre « l’express poitevin », car j’ai du mal à l’attaque du Morvan, et j’arrive vers 19 h un peu fatigué à Anost, où je suis accueilli par les « vieux briscards de la longue distance » qui m’invitent sympathiquement à diner avec eux et à rouler avec eux le lendemain. Je tombe de sommeil après cette journée de 211 km, et m’endors avec la conviction que je ne tiendrai pas neuf jours à ce rythme-là et qu’il me faudra m’économiser si je veux arriver au bout de cette aventure.

Lundi 24 juin


La canicule étant annoncée, nous décidons de partir à 5 nh du matin. On commence la journée par le Mont-Beuvray, avec 750 m de dénivelé positif. Ça pique un peu dans les sections à 15 % et plus mais globalement ça va. Après un deuxième petit déjeuner à Saint-Léger, on repart sur du plat bien plaisant, dans une magnifique campagne rythmée par des superbes villages (Paray, Anzay-le-Duc, Semur-en-Brionnais…) dans lesquels je m’autorise quelques pauses tourisme et photos. L’après-midi, il fait bien chaud je décide de m’offrir une courte sieste à l’ombre et perd mes compagnons de route, pour en retrouver d’autres (Lilian et Oscar) à la reprise. C’est ensemble que nous attaquons les monts de la Madeleine, on y va doucement en papotant, le temps passe vite et sans douleurs. Anecdote amusante, on s’arrête dans un des rares cafés ouverts, à Châtel-Montagne, où presque toute la randonnée s’est arrêtée et la tenancière est en mesure de nous donner des nouvelles de presque tout le monde.

Au col nous quittons Oscar qui pousse un peu plus loin, et retrouvons Alain pour arriver tous les trois vers 19 h au gîte un peu en contrebas du col de la Plantade. La journée a été longue (210 km et 14 heures sur la route) mais s’est bien passée, le moral remonte.

Mardi 25 Juin


Quatrième  jour, une grosse journée en perspective avec une distance à parcourir qui ne diminue pas et un dénivelé qui va croissant. Je quitte le gîte avec Lilian à 5 h, mais assez rapidement ce dernier m’indique qu’il souffre et n’a pas bien récupéré, aussi il préfère jeter l’éponge et rejoindre une gare. Je file donc seul vers les monts du Forez-Livradois. Le plateau entre Saint-Eloy-la-Glacière et Saint-Germain-l’Herm est une pure merveille : des belles forêts, des villages fleuris de lupins, des petites routes désertes, de l’air frais (on est à 1 000 m).

Et la descente qui suit vers la plaine de Brioude est magnifique, avec une superbe vue sur la chaine des Puys. Puis c’est Lavaudieu, très beau village (trop propret à mon goût) où je retrouve Alain, nous repartons ensemble pour la remontée de l’Allier. À l’attaque du mont Mouchet, il me dit « on en a pour 1 h 45 de montée », mais je vois bien que je n’arrive pas à le suivre. Il a 65 ans le bougre, mais sur le vélo il est très impressionnant, tout en fluidité, on dirait que la gravité est sans effet sur lui. Moi j’en bave, je souffre de la chaleur et de la fatigue accumulée. En réalité c’est 2 h 30 que je vais mettre pour arriver au mont Mouchet, pas brillant tout ça !
Là-haut je retrouve Pascal, on fait ensemble la très agréable descente vers Saugues. Finalement arrivée à 19 h 45 (tard, très tard pour un départ 5 h) au gîte où je retrouve Pascal et Gilles. Si j’ai vu qu’en prenant mon temps j’arrivais à tenir à la fois sur la distance et sur le dénivelé, je commence à être un peu inquiet sur ma capacité à récupérer avec ces arrivées tardives.

Mercredi 26 juin


Cinquième jour.  J’ai prévu de relier Saugues, dans la Margeride, à Thines en Ardèche. Stéphane, a qui j’avais montré mon plan de marche, m’avait dit que ce tronçon lui paraissait un peu court et que j’aurais peut-être intérêt à le rallonger en poussant jusqu’à Villefort afin d’alléger la journée suivante (Thines- Le Vigan) qui constituait un morceau peut être un peu trop gros pour moi. Mais je tiens à dormir à Thines, dans ce village quasi désert, et me dis qu’une journée plus cool peut m’aider à récupérer un peu, aussi je maintiens mon plan de route initial.

Départ avec mes deux compères à 6 h, traversée au petit matin des monts et forêts jusqu’au lac du Bouchet, où l’on retrouve le jeune Oscar qui nous annonce qu’à son tour il abandonne, victime de douleurs de dos. Plus loin, encore de belles surprises avec le village de Boudet, baigné par la Loire, avec son château sur un nid d’aigle et son clocher recouvert de tuiles polychromes. Ravito à Monastier avant d’attaquer la montée vers Les Estables et le col de la Croix de Boutières qui nous offre une magnifique vue sur les monts d’Ardèche. Adieu donc la Haute-Loire et cap sur l’Ardèche et les sources de la Loire (eh non, elles ne sont pas en Haute-Loire).

Au mont Gerbier je retrouve Gilles, nous repartons ensemble pour le reste de la journée. Les paysages sont somptueux, probablement un des plus beaux tronçons de la randonnée. On se fait plaisir dans les petits cols qui offrent des vues superbes sur les alentours. Une mention spéciale à la corniche du Vivarais Cévenol qui offre une vue panoramique sur les impressionnantes Cévennes qu’on va traverser le lendemain. Gilles s’arrête un peu avant moi, il a pris un gîte sur la corniche. Je descends seul vers Thines où j’arrive vers 18 h 30. J’ai le village pour moi tout seul et j’en profite largement, la lumière de fin d’après-midi est très belle et il ne fait pas trop chaud. Gros coup de coeur sur ce village, et dîner à l’auberge. L’aubergiste s’assoit à ma table pour discuter après m’avoir servi, c’est très sympa. Dodo à 22 h pour bien récupérer. Excellente journée donc, la forme et le moral sont là, les 178 km  et 3 500 m de dénivelé positif ne semblent pas m’avoir trop atteint.

Jeudi 27 juin


Sixième jour, avec au programme la traversée des Cévennes, c’est la plus grosse journée de mon plan de route avec 190 km et 3 800 m de dénivelé, je décolle donc à 5 heures. Je devrais redouter un peu cette journée vus les commentaires de Stéphane, mais non je suis en forme et reposé, donc plein d’optimisme. Plus loin, à Cubières où je sirote un soda avec nos amis poitevins, je fanfaronne même sur le thème « Bah si le corps a su gérer les cinq premières journées, il est maintenant habitué, ça va le faire facile. » 
Alain me regarde et me dis « Attention, ça va être dur cet après-midi, avec la montée au mont Aigoual en pleine chaleur », mais il ne réussi pas à entamer mon optimisme. J’avale sans problème le col de Finiels et retrouve Gilles à Pont-de-Monvert, d’où nous repartons ensemble après la pause.

Peu de temps après, dans la montée vers Barre-des-Cévennes, je sens que je commence à souffrir et j’ai du mal à suivre Gilles. Il m’attend gentiment au Pompidou pour qu’on attaque ensemble la montée de l’Aigoual. Mais dès le début de celle-ci je souffre, je ne sais si c’est la fatigue ou la chaleur (j’apprendrai plus tard qu’il faisait 39 °C). Au bout de cent mètres d’ascension, je crie à Gilles de filer devant, j’ai déjà besoin de faire une pause. Je ne fanfaronne plus du tout, je ne vois pas comment je vais réussir à monter ces 1 000 m de dénivelé positif si je cale déjà au bout de 100 m.

Je me repose 20 minutes pour laisser le corps refroidir et le cœur ralentir. Je crains le coup de chaud, aussi avant de repartir, je vais tremper mon maillot dans un ruisseau et me le mettre sur la tête, calé par la casquette également trempée. C’est d’une élégance rare, mais assez efficace ! Chaque fois que je peux je retrempe le tout, ça fait baisser la moyenne mais j’arrive ainsi à franchir le col de Salides après lequel la pente devient plus facile. Au détour d’un virage je rencontre un compagnon avec lequel je n’avais pas encore roulé, il vient de s’endormir sur son vélo et est sorti de la route, heureusement sans gros dommages. Il est néanmoins assez secoué, on repart ensemble, cela fait du bien à notre moral à tous deux. On arrive enfin au mont Aigoual où on se fait une série de selfies. Au final j’aurai mis une heure de plus à monter que la plupart de nos compagnons. Pas brillant tout ça, mais c’est passé.

Je fais remonter ma moyenne du jour en suivant Taoufik à fond dans les 20 km de descente du col du Minier au Vigan, à 42 km/h de moyenne (il n’y a plus de voitures à cette heure-ci). Nous arrivons au Vigan à 20 h 30, cela me fait pas moins de 15 h 30 sur la route, pas de quoi fanfaronner. Je suis totalement rincé, mais content d’avoir franchi l’obstacle, même si c’était avec moult difficultés. Et je m’endors en me disant que si j’ai passé cette étape, la plus dure de ma feuille de route, j’ai quelques chances de réussir à terminer l’aventure.

Vendredi 28 juin


Le septième jour doit m’emmener du Vigan à Angles, dans le Tarn. Stéphane nous avait largement averti de la difficulté de la partie finale de l’étape, avec en particulier le yo-yo des monts de Lacaune. Je m’accorde un départ à 6 h, ça commence de suite fort, à froid, avec une vacherie de 370m de dénivelé positif pour monter à Mondardier, puis du plat jusqu’au sublime cirque de Navacelles qui justifie de nombreux arrêts photos.

Descente au fond, et remontée de l’autre coté (ouch !), puis direction le Larzac, avec Le Caylar et La Couvertoirade. De là, on part plein ouest en suivant la Sorgues, très plaisant tout ça. Les difficultés commencent l’après-midi, avec cette interminable succession de montées et descentes jusqu’à Lacaune, évidemment en plein cagnard (c’est la journée la plus chaude de la période caniculaire). Je roule seul depuis le matin, c’est dur… Je m’arrête beaucoup pour reprendre des forces, mais j’arrive enfin à Lacaune à 18 h 30. Mon gîte est à Angles, à 30 km plus loin mais n’étant pas certain de trouver de quoi me restaurer, je décide de dîner ici. Gilles me surprend en pleine dégustation de pizza, il a son hôtel juste à côté. Je repars le soir pour Angles, il fait plus frais et j’arrive enfin à mon gite à 21 h. Je me mets vite au dodo, l’après-midi a été très dure.

Samedi 29 Juin


Pour le huitième jour, j’avais prévu une journée relativement facile, d’Angles à Caudies-de-Fenouillèdes, avec traversée de la Montagne Noire et des Corbières : seulement 180 km et 2 600 m de dénivelé. Il s’agit de ne pas trop s’épuiser avant la dernière journée et ses trois cols. Départ à 6 h quand même, descente facile à l’aube vers Mazamet. Ces départs à l’aube resteront dans mes meilleurs souvenirs, avec une magnifique lumière et une fraicheur bienvenue. Puis douce montée vers Pradelles (Montagne Noire) où je retrouve Gilles et Taoufik. Nous redescendons ensemble vers Carcassonne où nous déjeunons avant d’attaquer les Corbières. Il commence à faire très chaud, aussi Gilles et moi nous accordons nous une baignade dans le Laudet qui nous fait le plus grand bien. Montée vers Auriac où nous retrouvons Marc, le fringant et sympathique doyen de notre aventure. Nous redescendons tous les trois vers la vallée avant de traverser en fin d’après-midi les superbes gorges de Galamus, un régal ! Arrivée au gîte vers 18 h 30 où je retrouve mes deux sympathiques poitevins. Le groupe Facebook de la traversée nous apprend que deux participants, Franck et Guillaume, ont déjà rejoint Massat, bouclant la traversée en moins de huit jours.

Dimanche 30 Juin


Pour cette dernière journée, nous devons d’abord gérer le ravitaillement qui s’annonce rare sur le trajet. Nous partons à 5 h 30 pour arriver à l’ouverture de la boulangerie d’Axiat et faire le plein pour la route. On attaque la montée vers le col de Pradel, le premier des trois cols de la journée, un peu avant 7 h, plus tard qu’on ne le voulait. Heureusement la montée se fait à l’ombre des arbres et du relief. Je laisse filer devant l’express poitevin, et monte tranquillement à mon rythme.

À 10 h, je suis au col de Pradel, 1 665 m, le point le plus haut de notre randonnée, en même temps que Taoufik que j’ai rejoint juste avant le col. J’enchaine le second, le col du Chioulas, où je déjeune rapidement. Puis c’est la longue et très belle route des corniches au-dessus de la vallée d’Ax-les-Thermes, mais elle me semble interminable tant je suis pressé d’arriver. À  14 h 30 je suis à Tarascon, ne restent plus que les 800 m de dénivelé positif  jusqu’au col de Port, avant la descente sur Massat. La montée se fait en plein cagnard, aussi je reprends ma technique de mouiller les vêtements autant que je peux. Un peu avant 16 h je suis enfin en haut quand je vois arriver Karine et Thierry, que je n’espérai plus voir après qu’on s’est quitté le soir du premier jour.

Ils rentrent sur Tarascon prendre le train. On est ravis de se revoir et on prend du temps pour se raconter nos impressions respectives. Quand je repars, c’est Gilles que je croise, à peine arrivé il remonte prendre le train ! Rebelotte, on papote et on se dit au revoir, c’est avec lui que j’aurai le plus roulé. J’arrive enfin à Massat à 16 h 50, après huit jours et 9 h 50 de traversée où Stéphane notre GO et quelques compagnons m’accueillent chaleureusement à la terrasse d’un café ! Je suis heureux de pouvoir remercier de vive voix notre GO pour cette superbe aventure ! C’est la fin de la traversée, mais je rajouterai un bout de chemin car j’ai décidé de retourner en vélo à Toulouse (que du dénivelé négatif), moyennant une pause dodo à mi-chemin.

Mes impressions sur cette traversée ?


C’est beau, beau, beau ! Stéphane Gibon nous a préparé une trace absolument exceptionnelle, une traversée du pays presque exclusivement par des petites routes dans des paysages extraordinaires. C’était bien sur une randonnée exigeante physiquement, à au moins deux occasions j’ai cru que je n’arriverais pas au bout. La chaleur caniculaire n’a pas aidé, évidemment. J’ai géré en adaptant mon rythme à la baisse, mais la contrepartie était que les  journées sur la route étaient très longues (départ entre 5 et 6 h, arrivée trop souvent après 19 h). Quelqu’un avec un meilleur niveau ou une meilleure forme que moi n’aura pas ce problème.

L’ambiance entre participants était absolument excellente, pleine d’amitié et de convivialité, dans un groupe où se côtoyaient des vieux briscards de la longue distance et des quasi-débutants comme moi. Sur les 29 du départ, j’ai compris que nous étions 17 (dont les deux filles) à terminer dans les neuf jours impartis, un participant est arrivé un peu plus tard et 11 ont dû abandonner pour divers motifs (problèmes techniques, blessures, contraintes professionnelles…).

Le retour dans le monde « civilisé » m’a pris pris un peu de temps. La récupération aussi, avec beaucoup de sommeil et de repos. Mais cela restera dans mon souvenir comme une magnifique aventure, humaine et sportive, et je compte bien participer au tome 2 des traversées de France l’an prochain !

La « Diagonale du vide », ou plutôt la « Traversée Hyper Rurale » n’est pas finie pour autant, puisque c’est une randonnée permanente que propose Stéphane : chacun peut la faire et la refaire, seul ou en groupe, en mode baroudeur (moins de neuf jours) ou en mode randonneur (plus de neuf jours), en totalité ou en partie.

Côté technique, j’avais un vélo acier très confortable, équipé de pneus de 28, d’un pignon de 34 à l’arrière (il fallait bien ça) et de freins à disque, il m’a donné toute satisfaction. J’avais moins de 5 kg de bagages, c’est important de ne pas se surcharger, les kilos pèsent plus lourds dans la diagonale du vide !

Retrouvez le portrait de Stéphane Gibon organisateur de cette traversée en cliquant ici 

 

Texte et photos:  le « randonneur  néophyte »
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