La Fédération s’engage contre les discriminations avec le club « les Dérailleurs »

Chaque année, le 17 mai marque la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Une date essentielle pour rappeler que le sport, et notamment le cyclotourisme, doit rester un espace d’inclusion, de respect et de liberté pour toutes et tous.

La Fédération française de cyclotourisme met en lumière l’engagement de l’un de ses clubs : Les Dérailleurs, un collectif historique qui incarne, depuis 30 ans, les valeurs de tolérance et de convivialité sur les itinéraires vélo de France.

Les Dérailleurs : 30 ans de cyclotourisme inclusif

Créé en 1995, Les Dérailleurs est un club national de VTT et de vélo route LGBT+ (Lesbien, Gay, Bi, Trans) & friendly, affilié à la Fédération depuis 2007. Leur objectif ? Offrir à chacun la possibilité de rouler comme il est, dans une ambiance chaleureuse et sans jugement. Avec près de 200 adhérents répartis en quatre antennes régionales, le club prouve que la pratique du vélo peut être à la fois une activité sportive mais également un acte militant.

Des valeurs partagées par la Fédération

Isabelle Gautheron, Directrice technique nationale apporte une réponse aux interrogations suivantes : sont-ils fermés aux autres ? Serait-ce du communautarisme ? Ces questions sont souvent posées aux responsables du club, pas forcément avec malveillance mais plutôt par ignorance. Ils ne sont ni l’un, ni l’autre ! Il ne faut pas occulter que l’homophobie continue d’exister dans la société, notamment dans le milieu sportif. Ils ont besoin d’avoir un cadre apaisé pour être eux-mêmes et partager la passion du vélo, parler de solidarité, de convivialité, de fierté pour mieux s’accepter, mais aussi de visibilité. La Fédération française de cyclotourisme porte toutes ces valeurs. Ils font du cyclotourisme comme nous tous et l’orientation sexuelle des licenciés importe peu !

« Le cyclotourisme est un sport qui rassemble. Mais pour les personnes LGBT+, il peut aussi être un espace où l’on se sent enfin libre. »

Rencontre avec Axelle De Cooman, présidente des Dérailleurs,

  • Le club existe depuis 30 ans. Avez-vous constaté une évolution du regard des autres sur les personnes LGBT+ dans le milieu du vélo ?
    Oui, très clairement, cela se ressent par le comportement même de nos membres qui affichent beaucoup plus facilement leur appartenance à un club LGBT+, et la revendique. Je dirais que même si rien n’est jamais gagné et qu’il reste énormément d’agressions homophobes, nous craignons un peu moins les regards malveillants et nous nous sentons globalement plus libres dans notre pratique du vélo.
  • Vous avez choisi dès le départ de vous licencier à la Fédération française de cyclotourisme. Pourquoi ce choix ? Vous sentez-vous soutenu ?
    Nous avons très tôt choisi cette fédération parce que nous partageons des valeurs communes de convivialité et de partage, mais aussi et surtout parce que c’est un moyen pour nous de ne pas nous enfermer de manière trop communautaire, de rester ouverts sur les autres. C’est également un moyen de nous rendre visibles et de prendre la parole, d’être entendus au niveau fédéral pour un sport plus inclusif.
  • Le 17 mai est une journée de sensibilisation. Quel message souhaitez-vous faire passer aux cyclotouristes cette année ?
    Des millions de personnes dans le monde risquent encore leur vie ou la prison, subissent des agressions physiques ou verbales en raison de leur orientation sexuelle. C’est la pratique du cyclotourisme qui nous réunit et nos différences, quelles qu’elles soient ne doivent pas être un frein à cette pratique. Accueillons chaque personne avec ouverture d’esprit pour que chacune et chacun puisse être soi.
  • En 30 ans, quels ont été les moments forts qui ont marqué l’histoire des Dérailleurs ?
    Les Dérailleurs ont vu évoluer les lois (mariage pour tous, accès à la PMA…) et le regard des autres. Il est toujours nécessaire de militer pour nos droits et ces dernières années, nous mettons en plus l’accent sur la promotion d’une pratique plus mixte et plus égalitaire du vélo sous toutes ses formes, pour que chaque personne, quel que soit son genre, trouve sa place dans le sport.
  • Quels conseils donneriez-vous à un club ou à un cycliste qui souhaite s’engager pour plus d’inclusivité dans le vélo ?
    Je dirais que cela passe en premier lieu par la manière dont on communique. Penser les textes de nos sites et réseaux de manière à n’exclure personne. Lors du premier contact, garder à l’esprit que la personne qu’on accueille n’a pas forcément le même schéma de vie que le nôtre, en utilisant volontairement par exemple “ton ou ta compagne” lorsqu’on ne sait pas, rester ouvert dans les discussions et s’intéresser à l’autre sans porter jugement.

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : DR / Les Dérailleurs
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