Traverser l’Afrique à vélo pour sensibiliser sur le climat

Alizée, 26 ans, est une jeune Toulousaine qui vient d’obtenir son diplôme d’avocate. La jeune femme a décidé de se lancer le défi de parcourir 10 000 km en Afrique de l’Est à la rencontre des acteurs de l’économie circulaire et de la transition écologique pour sensibiliser sur le climat.

Malgré son jeune âge, Alizée a déjà bien « roulé sa bosse ». Les voyages sont des prétextes à des rencontres et des sensibilisations. Pour accompagner son action, elle a créée l’association « Riding 4 Climate Change » dont le siège social est à Toulouse.

 

Avril 2023, le grand départ !


Le 15 avril prochain, Alizée, s’élancera pour un voyage de six mois qui sera l’occasion de rencontrer onze acteurs de l’économie circulaire sur le continent africain. Autant de rencontres et de moments partagés qui seront l’essence de l’aventure humaine qu’elle s’apprête à vivre et qu’elle va filmer dans un documentaire à diffuser à son retour.

La finalité est d’obtenir des fonds pour financer une Warka Tower qui transforme l’air en eau potable ainsi que des évènements sportifs avec des associations locales au Rwanda et à l’arrivée, à Capetown en Afrique du Sud.

Le départ sera donné à Addis-Abeba (Éthiopie) pour arriver jusqu’au Kenya, puis l’Afrique des Grands lacs avec l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, pour arriver jusqu’en Tanzanie.
Puis, la Zambie, le Zimbabwe et le Bostwana pour finir en Namibie avec un crochet par le désert du Namib. Enfin, dernière étape : direction l’Afrique du Sud pour atteindre le Cap.

Soit un total de 10 000 kilomètres.

Vous souhaitez soutenir le projet ?

https://www.helloasso.com/associations/riding-4-climate-change/collectes/je-contribue-aux-10-000km-a-velo

Ce projet est tellement riche, que nous avions besoin d’échanger plus longuement avec cette aventurière.

Rencontre avec Alizée

Vous allez démarrer un projet ambitieux qui va vous faire parcourir 10 000 km en Afrique à la rencontre des acteurs de l’économie circulaire. Comment est né ce projet ?


Ce projet est né dans ma tête lorsque j’étais au Vietnam. À la fin de mon école d’avocat, et en attente de ma prestation de serment, j’ai choisi de partir un mois visiter ce pays qui m’a toujours fait rêver. Ce premier voyage seule était magnifique mais… c’est un pays très pollué.

Depuis plusieurs mois, voire années, je souhaitais vivre une grande aventure humaine et sportive, loin de tous mes repères habituels et de ma zone de confort. Au Vietnam, j’ai vu plusieurs voyageurs à vélo, et je me suis dit « bingo ! ».

J’ai tout de suite pensé à un voyage long, sur plusieurs mois, à vélo. De là, une idée m’est venue, pourquoi ne pas saisir ce long voyage pour interpeller et sensibiliser autour d’un sujet qui me tient tant à cœur ? La transition écologique et l’économie circulaire.

Pourquoi l’Afrique ?


Je connais le continent africain, car mon père était béninois et togolais d’origine (Afrique de l’Ouest). Je rêvais de visiter les pays de l’Afrique des Grands lacs depuis un moment. Comme mon focus se concentre sur la transition écologique et l’économie circulaire, et que ces pays, comme le Rwanda notamment ont mis très tôt des politiques volontaristes en matière de développement durable et d’environnement, j’ai choisi d’aller en Afrique de l’Est.

J’évolue dans la sphère de l’économie sociale et solidaire et j’entends très peu souvent parler de l’Afrique alors qu’il s’y passe beaucoup de choses et que progressivement les startups réussissent à donner confiance aux investisseurs et à lever de plus en plus de fonds.

Vous avez choisi de circuler à vélo. Ce choix était une évidence écologique, économique ou sportive ?


Le vélo était d’abord pour moi une évidence écologique. Je ne me voyais pas réaliser un voyage très long en me déplaçant en avion d’un bout à l’autre de la planète. J’aime aussi beaucoup ce qu’apporte le « slow travel » (le voyage lent).
À vélo, par définition, on va moins vite qu’avec une voiture, on s’attarde dans des lieux que d’autres traversent en deux heures de route, c’est aussi la magie du vélo, on est plus à même de découvrir ce qui nous entoure. À vélo, on ne choisit pas tout, et on est plus connecté à l’environnement (au sens large, les gens, la nature, etc.).

Dans mon optique de voyager pour le climat, le vélo m’est apparu comme une solution idéale. Je suis très engagée sur la thématique de la mobilité décarbonée et j’aurais encore plus de légitimité à mon retour ; si je peux voyager 10 000 km à vélo, les Français peuvent bien se rendre au travail à vélo.

L’exploit sportif arrive en dernier. Bien sûr, il s’agit d’un défi sportif contre moi-même, mais je n’ai pas de chronomètre, l’idée est de prendre le temps qu’il me faut pour voyager et m’ouvrir au monde pour trouver en Afrique ce que je viens chercher.

D’ailleurs, quel est votre rapport au vélo ? Avez-vous des antécédents de voyages ou grandes randonnées ?


J’ai des antécédents de voyage effectivement. J’ai parcouru la Scandinavie en stop à mes 19 ans pendant deux mois du Danemark à la Norvège, j’ai voyagé avec juste un sac à dos durant trois mois en Amérique du Sud quand j’en avais 20, je me suis rendue plusieurs fois en Afrique de l’Ouest (Bénin, Togo), j’ai beaucoup visité l’Asie (Chine à maintes reprises, Thaïlande, Corée du Sud à vélo et Vietnam).

J’ai aussi réalisé 300 km sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle il y a deux ans, de Leon à Santiago.

En revanche, je pratique très peu de vélo. Quand j’étais petite, c’était un mode de déplacement très pratique car je vivais à la campagne, mais en grandissant j’ai mis de côté mon vélo. C’est une belle manière de renouer avec la pratique du vélo aujourd’hui !

Durant le voyage, vous allez mener des actions humanitaires. Quelles sont-elles ?


Effectivement, je vais en réaliser plusieurs.
D’abord, au Kenya, j’irai nettoyer les plages du Parc national de Watamu avec l’association Watamu Marine, qui récolte les déchets plastiques et les transforme.

Au Rwanda comme en Afrique du Sud, j’organiserai deux évènements sportifs (tournoi) avec remise de matériel en partenariat avec des associations locales.

En Zambie, je réaliserai la construction d’une Warka Tower (tour qui transforme l’air en eau potable). C’est une création d’Arturo Vittori que l’on trouve déjà en Afrique ou dans certains pays d’Asie. Cela permet de récolter 100 litres d’eau par jour.

Votre voyage passera par les écoles. L’éducation et la sensibilisation des enfants aux problèmes environnementaux sont la clé d’un avenir plus serein ?


Bien sûr, sans ça, ce voyage n’aurait pas eu le même impact ! Il est primordial d’éduquer et de sensibiliser massivement sur les enjeux environnementaux et à mon sens, mon aventure est une manière ludique de le faire.
 
À ce propos, je cherche toujours en France une classe avec laquelle nouer un partenariat pour que je leur raconte mon expédition au cours du voyage !
 

Vous avez lancé une cagnotte pour financer ce projet, où en êtes-vous ? Vous avez également des sponsors, quels sont-ils ?


Mes sponsors sont Arnaud Bike à Toulouse qui fournit mon vélo, me le prépare et me fournit également les sacoches. Les équipes de Laurent ont répondu directement à mon premier appel et ont cru immédiatement en mon projet !

Ensuite, Cyclable France participe financièrement et me fournit également du matériel (les vêtements principalement).

Enfin, Mondovélo Montpellier me fournit le reste de l’équipement (lunette, casque, GPS, etc.).

Je suis encore en discussion avec d’autres partenaires, mais je cherche encore des financements d’entreprise ou bien des participations de particuliers.

La cagnotte s’élève à 1 780 euros aujourd’hui avec environ 6 000 euros de don matériel en nature (il me fallait environ 9 500 euros pour le vélo, le matériel de vélo, le matériel vidéo et la vie sur place).

Pour mener à bien mes actions humanitaires, j’ai budgétisé 20 000 euros de dépenses. Tout soutien sera le bienvenu, et au cours du voyage, je pense continuer à obtenir du soutien en partageant mes rencontres et mes aventures !

Vous pouvez soutenir cette action en aidant Alizée : https://www.helloasso.com/associations/riding-4-climate-change/collectes/je-contribue-aux-10-000km-a-velo

Plus d’informations sur le site https://www.riding4climatechange.com/

Et sur les réseaux sociaux.

Si vous souhaitez joindre Alizée pour une collaboration, ses coordonnées sont sur le site. À la Fédération française de cyclotourisme, nous allons soutenir ce projet en apportant un écho médiatique tout au long du voyage.

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : Marie Montels – Stéphane Duprat.
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