La vélomaritime en duo

C’est l’histoire d’un couple de parisien à la recherche de dépaysement et de micro-aventures. Le vélo semblait une évidence pour vivre un moment hors du temps. La Vélomaritime sera le décor de cette expérience.

Dans la famille Giorgi, je demande la maman et le papa… Deux personnalités et deux styles de vie différents. La première ne pratique que très peu de sport hormis le vélib pour se rendre à son travail quant au second, il pratique la course à pied et le vélo plusieurs fois par semaine. Comment rendre compatible les deux niveaux ? La solution tient en trois lettres : VAE !

Le VAE (vélo à assistance électrique) est une révolution, un miracle, il permet à des groupes de rouler ensemble alors que les niveaux sont disparates, il gomme les côtes et rend accessible des distances de plus de 50 km à des personnes en bonne santé mais sans préparation physique spécifique.

Planification du voyage

Seulement une semaine avant le départ, nous avons une fenêtre qui s’ouvre devant nous. Nous pouvons partir trois jours sans empiéter sur la famille et le travail. Le choix se fera sur un vendredi, samedi et dimanche. En théorie l’idée est bonne, sauf que c’est le week-end du 14 juillet… Nous aurons de la peine pour trouver au débotté des nuits d’hôtels, mais il en faut un peu plus pour nous impressionner.

Le choix de la Vélomaritime a été une évidence. Nous avions déjà effectué une randonnée à la journée et avions été séduits par la qualité de la piste qui longe la mer. Il fallait maintenant trouver un point de départ. Très vite Cabourg apparait comme un lieu idéal avec sa gare. A la base, nous pensions prendre le train de Paris, cheminer à vélo jusqu’à Valognes et retour en train.

Nous nous sommes arraché les cheveux en voyant les conditions de voyages à vélo. Il n’était pas question de démonter les vélos surtout avec des sacoches. La voiture sera le plan B. Nous devenions autonomes, nous pouvions partir à l’heure qui nous convenait et au final, nous mettions le même temps de trajet.

Premier jour Cabourg – Bayeux

Nous y sommes, nos vélos sont prêts, les sacoches sont arrimées, il ne reste plus qu’à suivre le sentier balisé. Les premiers kilomètres sont sur le front de mer, agréable mais encombrés par les plagistes et autres piétons. Il faut être vigilants et jouer de la sonnette. D’ailleurs j’adore ça !

À partir de Sallenelles, nous empruntons un chemin de type gravel qui longe l’estuaire, nous ressentons la nature tout autour de nous, l’aventure commence !

À Bénouville, nous traversons le fameux pont « Pegasus Bridge » rendu célèbre par les parachutistes britanniques en 1946. Nous filons vers Ouistreham ou nous ferons la première pause en savourant un café en terrasse comme de vulgaires touristes que nous sommes.

La suite est plutôt linéaire et sans surprise, nous enchaînons les stations balnéaires, la voie vélo est parfois limite car nous sommes avec les voitures. Le clou de cette première journée sera l’arrivée sur les hauteurs d’Arromanches avec une vue imprenable sur le port et les barges flottantes ayant servi au débarquement des alliés. Nous profitons de cet instant sous un soleil radieux.

Arromanches

N’ayant pas trouvé d’hébergement en bord de mer, nous rentrons dans les terres en direction de Bayeux la ville de rendu célèbre par ses tapisseries et son héros Guillaume Le Conquérant. Nous logeons dans un motel, qui ressemble à un chalet. C’est parfait pour entrer les vélos dans la chambre.

Bilan de cette première journée, un total de 65 km ce qui est parfait pour se familiariser avec les vélos, les sacoches et la chaleur. Nathalie malgré un cuissard et un couvre selle, souffre un peu des fesses. La nuit sera réparatrice.

Deuxième jour Bayeux – Trévières

Au réveil, les jambes sont légères, pas de stigmate de la veille, nous pouvons enchaîner cette nouvelle journée. Après un petit-déjeuner en tenue de cyclistes au milieu des vacanciers, nous prenons la route direction la mer en passant par Longues-sur-mer. Pour naviguer, nous utilisons Google Maps en mode vélo et les propositions sont très intéressantes.

Après un parcours bucolique au milieu des bocages normand, nous apercevons la mer. L’étape majeure de la journée sera le cimetière américain de Colleville. Un site très intéressant et instructif.

Sur le parking du cimetière, nous sommes dirigés vers le parc à vélo et surprise, il y a des centaines de vélos. Le « slow tourisme » a parfaitement réussi son développement. À l’intérieur du musée que propose le cimetière, la moitié de la population est en tenue de cyclistes. C’est incroyable…

Cimetière américain de Colleville

Nous reprenons la Vélomaritime après notre visite. La piste entre Port-en-Bessin-Huppain et Grandcamp-Maisy est un véritable bonheur ! Cette portion représente le must, pour un cyclo randonneur. Une piste très loin de la route, une vue constante avec la mer et un chemin de sable blanc en guise de revêtement. Nous sommes proches de la perfection en termes de randonnée.

La nuit sera dans un chalet en toile de tente, très original et pratique. Une fois de plus, nous avons pu rentrer les vélos à l’intérieur et charger le VAE. Une journée à 68 km.

Dernier jour Trévières – Cabourg

À la base, notre idée était de monter jusqu‘à Valognes et faire le retour en train jusqu’à Cabourg. Nous avons essayé en vain de réserver des billets de TER. Nous n’avions pas l’assurance que les vélos non démontés étaient les bienvenues et surtout le temps de trajet… 4 heures pour faire 80 Km !

Après une réunion intense avec nous-même, nous décidons de rentrer à vélo. Par contre, nous irons droit au but, nous resterons dans les terres. Ma femme, qui bizarrement, n’a pas mal aux jambes est confiante pour cette étape « marathon ». Nous poursuivons donc l’aventure !

Les chemins proposés par le GPS sont une fois de plus très sympathiques. Nous prenons de petites routes ou nous croisons très peu de voitures. Nous prenons même à plusieurs reprises des chemins de terre avec de nombreux petits cailloux. Cela sera fatal pour mes pneus courses en 23 mm datant des années 80. Je crève, pas de stress, j’ai ce qu’il faut pour réparer. Nous repartons le cœur vaillant et 500 mètres après, nouveau pincement et crevaison. Je suis moins serein, je n’ai que 2 chambres à air et pas de rustines. Après cet ultime changement, il n’y aura plus moyen de réparation. Croisons les doigts…

Sur la route, nous croisons un cimetière Canadien dédié aux soldats morts durant la seconde guerre. Moins impressionnant que le cimetière américain, néanmoins il mérite le détour. Chemin faisant, nous nous rapprochons de Bayeux. Nous décidons à ce moment, de quitter l’intérieur des terres pour rejoindre le bord de mer en direction de Luc-sur-Mer. Nous ne le regretterons pas, car à cette heure il fait très chaud et l’air marin sera salvateur.

Nous retrouvons la vélomaritime en direction de Ouistreham puis Cabourg notre destination finale. Les dernières heures commencent à être pénibles pour Nathalie. Elle a chaud, elle est fatiguée et à mal aux fesses. Je la motive en lui indiquant que chaque coup de pédale, nous rapproche de l’arrivée. Cela ne marche pas toujours.

Cabourg, fin de l’aventure !

Nous voilà arrivés à Cabourg, le compteur indique 80 km tout rond pour cette ultime étape. Nous sommes heureux de cet exploit et de la perspective de pouvoir se poser et boire un diabolo menthe bien frais. Nathalie malgré la chaleur et les kilomètres a grandement apprécié cette expérience. Son mental d’acier a compensé les mollets en mousse. Je suis très fier et heureux d’avoir pu partager ce voyage à vélo avec elle. Cette aventure en appellera d’autres, c’est sûr !

Pour résumer, nous pourrions conclure en disant qu’à vélo, tout est plus beau ? Mais surtout, que ce type d’expérience est accessible aux plus grands nombres et même à des personnes qui ne soupçonnaient pas un jour partir en vacances à vélo. Pour cela, le VAE est la solution.

Nous espérons que ce récit vous aura donné envie de faire de même et que vous vivrez votre propre expérience pas forcément loin de chez vous.

Pour trouver des idées de balades, rendez-vous sur https://veloenfrance.fr/

Plus d’informations sur la Vélomaritime : https://www.lavelomaritime.fr/

 

Texte et photos : Jean-Pierre Giorgi
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