Aventure : Le voyage d’Olivia en Afrique australe

Olivia est un femme en situation de handicap qui a toujours su qu’un jour, elle partirait voir si c’était mieux plus loin, au-delà de l’horizon. Le vélo l’y a aidé !

Olivia et Yves sont des voyageurs à vélo, c’est ainsi qu’ils aiment à se nommer. Ils parcourent la planète en couple depuis de nombreuses années avec notamment deux tours du monde, Israël, la Sibérie, la Suède… Mais cette fois, ce sera un peu différent.

C’est le voyage d’Olivia, même si Yves sera présent. Ce voyage à l’origine est celui de la traversée du désert australien en vélo soit 5 600 km, 2 déserts, 6 mois de voyage sur les pistes et sous la chaleur…

Mais voilà, les difficultés imposées par la situation sanitaire actuelle ont apporté des complications.

Aujourd’hui, malgré plusieurs mois de travail acharné et l’aide salvatrice d’un agent de migration australien, leurs laisser-passer vers l’Australie s’est envolé. Mais, ni la volonté, ni la détermination ne sont entamées. Comment transformer l’essai et faire en sorte que 2021 ne se transforme pas uniquement en une année d’attente, de tergiversations diverses et de combat sans fin ?

La réponse est apparue clairement. Bien -sûr, il faut partir ailleurs !

​Et s’il existait réellement une alternative à l’Australie ? La réponse a été immédiate ! Il y a bien un rêve qu’Olivia a en suspens depuis de nombreuses années, des occasions ratées, des rêves avortés. Bien sûr, si l’Australie s’entête, alors… Push Bush se délocalisera momentanément … en Afrique australe !

C’est un « Plan B » qui a de la dimension, du corps, du sens et, qui fait tout autant vibrer que l’Australie. C’est une façon de transformer la situation difficile liée au Covid en quelque chose de fort, de porteur !

Le portrait d’Olivia

J’ai un parcours atypique que j’ai longtemps porté comme un fardeau. D’origine colombienne, handicapée de naissance et abandonnée par ma mère biologique quelques heures seulement après ma naissance, je ne me suis jamais sentie vraiment à ma place en Europe, malgré tout l’amour que j’ai pu recevoir de mes parents adoptifs ; de mes amis ; de mes proches.

Je crois que j’ai toujours su au fond de moi qu’un jour je partirais ; simplement pour voir si c’était mieux plus loin, au-delà de l’horizon ; si je pouvais y trouver ma place.

En rencontrant Yves, j’ai vite compris que c’est lui qui me donnerait ma carte de visite vers cet « ailleurs ». J’avais cette intime conviction que c’est là-bas, ou que ce soit, que je me trouverais et me retrouverais. J’avais besoin de ce contact avec d’autres cultures pour élargir mon champ de vision devenu trop étriqué.

C’est finalement sur le vélo que j’ai trouvé ma véritable place. C’est lui qui m’a donné un accès plus direct à ce que je suis au fond de moi. Finalement, le lieu où je suis n’a que peu d’importance. Je me sens aujourd’hui heureuse citoyenne du monde. Mais à vélo, je me sens plus forte.

Le vélo est un formidable révélateur. Avec lui, pas de faux-semblants. Il m’a énormément appris. Sur moi. Sur mes faiblesses, mes limites et mes forces. À vélo, j’ai appris à faire face à mon handicap, à lui sourire (parfois), à le combattre (souvent) et à l’accepter (c’est en bonne voie).

Aujourd’hui, je sais que je suis capable de gravir des montagnes, de traverser des déserts arides ou des régions polaires. Je sais que même si mes capacités physiques sont limitées ; même si mon corps me fait faux bond bien plus que je ne le voudrais, je peux malgré tout me permettre de me faire confiance. Je peux m’autoriser à rêver l’impossible, et je peux, pour le moins, tout mettre en œuvre pour réaliser mes rêves. Tout ça, je le dois à mon fidèle compagnon.

Le mot de Martine Cano, présidente de la Fédération

La Fédération française de cyclotourisme encourage le voyage à vélo sous toutes ses formes. Depuis plusieurs années, elle œuvre plus particulièrement au développement de la pratique au féminin et encourage les voyages à vélo dans toutes les régions ainsi qu’à l’étranger.

De plus elle s’efforce lors de ses manifestations d’intégrer les cyclotouristes en situation de handicap, la pratique sportive étant un facteur important pour le maintien de la condition physique et le bien-être psychique.

Dans ce contexte, le défi lancé par Mme Olivia Chaloin correspond aux valeurs de notre Fédération : engagement et dépassement de soi, endurance, découverte et respect de la nature.

Au-delà, cette aventure humaine met en évidence la part des femmes dans le sport et l’importance de la pratique sportive pour la santé. Nous lui souhaitons une pleine réussite et un bon accueil de la part des différentes instances et associations rencontrées.

Pour suivre les aventures d’Olivia, vous pouvez vous rendre sur le site https://www.yvesetolivia.com/

Texte : Jean-Pierre Giorgi / Olivia et Yves Chaloin – Photos et vidéos : Olivia et Yves Chaloin
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