Rétro : MAC 2017 (Mexique – Amérique centrale) – épisode 15

Après le Paris-Pékin 2008, nous vous proposons de revivre le MAC 2017, derrière cet acronyme se cache Mexique – Amérique centrale. Une aventure sous le soleil !

11 février,étape 13 – MEXIQUE  : de Ocosingo à Palenque

Ambiance glaciale ce matin au départ de l’étape. Celle de la veille avait été riche de rencontres et chargée d’émotions, mais déjà éprouvante avec ses ascensions et son arrivée sous la pluie.

Celle du jour paraissait à certains presque insurmontable : 130 km annoncés et près de 2000 m de dénivelé. D’autant que les vélos pèsent leur poids et les pneus frottent leurs crampons. Crampons bien utiles sur les pistes défoncées de la fin du parcours.

Roland tentait vainement de remonter le moral et les chaussettes du chef. Chaussettes, qui nous rappelaient tristement certain café du matin. Nicole encourageait son Roland. Et se désolait aussi de ne pouvoir rouler avec nous : « il faut bien s’occuper de l’intendance ». Quelle belle âme ! Des maillots offerts par les cyclistes d’Ocosingo, le dicton du jour, les dernières consignes de sécurité.

Sur la route, les cyclos s’égrènent, selon leur résistance à la fraîcheur matinale ou à la déclivité. Désormais on les reconnaît tous à leur allure.

Guillerette, Blandinette efface les bosses en moulinant. André le noble de Normandie écrase ses pédales avec une infinie délicatesse. Jean-Marie, la salsa faite homme, se tortille en cadence de la tête et des épaules. Aérienne, Sylvie nous dépasse. Quant à Michel, Caribou pour ses intimes, nul besoin de le voir pour le reconnaître. Son verbe québécois tonitrue au-delà des montagnes, outrepassant aisément la portée de la 4G dans ces contrées inhospitalières.

La monotonie du parcours est affligeante. Les paysages à couper le souffle se succèdent inlassablement, dès la première côte culminant au-dessus des nuages.

Les paysages sont ouverts, verdoyants avec leurs mosaïques de cultures : maïs en fleurs, agrumes, bananiers et goyaviers, pêchers, caféiers dont les fleurs parfument les frondaisons ombreuses. Les talus sont constellés de fleurs dont plusieurs espèces d’orchidées.

Et toujours, à la traversée des villages ou au bord de la route, des enfants se pressent pour se faire tirer le portrait avec ces merveilleux fous du volant sur leurs drôles de machines (c’est nous). La pause du midi permet un moment de détente auprès d’une cascade, ou certains plongeront leurs vieux corps endoloris.

La fin du parcours sera ponctuée par les cris des singes hurleurs, que les plus chanceux (ou les plus attentifs) apercevront perchés au-dessus de la route.

Nous partîmes 35, et par je ne sais quel miracle nous nous vîmes 35 arrivant à bon port. Heureux de cette journée et fiers nos exploits. Car c’est dans l’effort que l’on s’accomplit et rien de tel que ces étapes de montagne, tant espérées. Demain, 50 km de plat. Chouette, pourvu qu’on ait le vent dans le dos.

 

La pensée du jour, par Blandine

Il est plus intelligent d’allumer une toute petite lampe que de se plaindre de l’obscurité.

 

Bilan vélo de la journée

Distance parcourue : 122 km / distance cumulée : 1 170 km
Dénivelé positif : 1 610 m / dénivelé cumulé :13 280 m

Texte : Benoît Sauphanor – Photos : Benoît Sauphanor et Carlo Ferrari
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