Rencontre avec Bernard Aussillou, le pilote

Pour cet épisode 4 consacré aux Concours de Machines 2019, qui aura lieu du 16 au 22 août, nous avons rencontré Bernard Aussillou, le pilote, afin de le connaître un peu mieux et notamment sa façon de s’entraîner ou sa relation au vélo.

Comment est né votre passion pour le vélo ?

Tout petit déjà ! Je crois que Anquetil et Poulidor y sont pour quelque chose, mais comme M. Jourdain, j’ai fait du cyclotourisme sans le savoir dès l’âge de 12 ans. Je partais en escapade avec mon demi-course et mes copains de village à la découverte de ma région, ainsi j’ai grimpé mon premier col à 12 ans (le col de Caunan dans le Tarn) et cette passion n’a jamais cessé.

Bernard, un passionné heureux !

Vous avez rapidement basculé dans le cyclotourisme longue distances, pourquoi ce choix ?

Rapidement non (enfin, à la quarantaine), j’ai d’abord fait beaucoup de montagne et voyages avec mon épouse, c’est en adhérant au Véloce Club Montalbanais, au hasard de mes pérégrinations professionnelles que j’ai rencontré Francis Touzeau et Philippe Baudon, mes maîtres longues distances, première Flèche, première Diagonale, brevets longues distances et c’est parti (cela au début des années 90).

Comment gérez-vous ces si longs efforts ?


En ne forçant jamais, j’ai horreur de me faire mal sur un vélo (même si parfois ça arrive, faire une Diagonale ou un Paris-Brest-Paris, demande un peu de force de caractère).

Votre entourage et notamment votre femme, ne vous demande pas de lever le pied ?


Comme je l’ai dit, ma femme partage également cette passion (je l’ai bien aidée en cela), mais effectivement, elle souhaite que j’arrête ces conneries (sic), mais bon, jusque-là elle m’a toujours suivi et soutenu, sans cela ce serait impossible.

Votre passion du vélo, vous la transmettez aux autres ?


J’ai toujours essayé d’amener d’autres cyclos dans ces aventures, cela n’aurait pas de sens pour moi de continuer s’il n’y avait pas ce coté amical et ces moments de partage, lorsque on a réussi « ensemble ». J’ai eu plus de trente partenaires différent(e)s sur les « Flèches Vélocio » et dix-huit sur les Diagonales. Paris-Brest-Paris est plus personnel, même si à chaque fois je l’ai réalisé avec un ou plusieurs copains.

À la Fédération française de cyclotourisme, j’ai été successivement secrétaire, trésorier de club puis trésorier et ensuite président de la ligue des Pyrénées pendant douze ans.

Aujourd’hui j’occupe le poste de président de l’Amicale des Diagonalistes depuis 2016.

Sentez-vous une évolution des mentalités ou des pratiques au sein des randonnées cyclos ?


Oui, mais je penses que c’est inéluctable, il y a toujours des évolutions, certaines très bonnes d’autres moins. J’ai le sentiment aujourd’hui qu’il y a plus de consommateurs que de passionnés.

Notre Fédération n’a pas su ou pu faire adhérer ces nombreux cyclotouristes que l’on rencontre au hasard de nos voyages, seuls, en famille, chargés de bagages ou pas, mais c’est un vaste sujet et je n’ai pas trouvé la solution.

Pensez-vous que le GPS à changé l’esprit cyclo ?


Non, c’est une évolution normale. Suivre son parcours sur une carte ou un écran, je ne vois pas de différence. Le tout est de savoir s’en servir (carte ou GPS).

Vous serez au prochain Paris-Brest-Paris au volant d’une nouvelle machine, pourquoi avoir fait fabriquer une nouvelle randonneuse ?


Ma randonneuse actuelle avait été réalisée pour le PBP 2003, il était temps pour moi de me faire un petit plaisir, l’occasion m’en fut donnée en discutant avec mon vélociste, Philippe Andouard, que je connais depuis plus de trente ans. Il ne pouvait participer au Concours de Machines n’ayant pas le temps de préparer convenablement PBP et surtout faire les brevets qualificatifs, je lui ai proposé de piloter la randonneuse présentée au concours et de la lui acheter, affaire conclue et nous voilà partis pour une aventure commune.

Comme se passe votre préparation physique, vous roulez tous les jours de l’année ?


Jusque-là tout va bien, j’ai terminé les brevets qualificatifs et il reste à peaufiner et maintenir la forme jusqu’au jour J . Je ne roule pas tous les jours, loin de là, tous les deux ou trois jours, avec une sortie plus ou moins longue par semaine.

Avez-vous un secret pour durer si longtemps ?


Non, pas de secret, juste l’envie, et la chance d’être en bonne santé pour pouvoir réaliser ma passion.

 

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photo : DR.
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