Le Mégaraid du cyclo club de Saint-Romans (Isère)

Tout est parti de Lucien, figure emblématique, jeune retraité vélociste et ancien président du Club cyclotouriste de Saint Romans, lors d’un repas de club :  si on rejoignait sur les 680 km qui séparent les deux communes jumelées de Chatte (Isère) et Ronconne (Italie). Une manière originale de rendre hommage aux aïeuls de nombreux adhérents du club habitant Chatte dont les familles sont originaire du Trentin.  Un Mégaraid atypique qui a réuni 36 personnes sur la ligne de départ.

Le projet 
Ce projet un peu fou de raid jusqu’en Italie avait pour originalité de tenter l’aventure en une seule étape – pour les plus ardus – et en quatre pour les autres, afin qu’il soit accessible au plus grand nombre. L’autre difficulté au niveau de l’organisation cette fois fut que  tous les participants quelque soit l’option choisie se retrouvent pour effectuer ensemble les derniers 60 km.  L’idée est passée de table en table, puis de peloton en peloton, de sorties en sorties pour enfin se concrétiser ce début juillet 2017 après plusieurs sorties printanières d’entraînement sur 200 à 300 km tout autour de la ville de Chatte. 
Au départ 15 personnes étaient intéressées par ce projet mais au final ce sont 36 personnes qui se sont présentées sur la ligne de départ du « Mégaraid » soit en détail : 25 inscrites pour le parcours en quatre étapes et 11 personnes inscrites pour le parcours en une étape. 
Après quatre jours de vélo sous un soleil de plomb, 40 heures dont 30 sur la selle – pour l’équipe avec l’option une étape – comme prévu le groupe de cyclos est arrivé à Ronconne aux alentours de 18 h. 

Une aventure inoubliable pour tous à chaque étape
Le jeudi à 7 h tapantes trois groupes sont partis pour la première étape de 170 km qui devait les  mener à Saint-Jean-de-Maurienne, au pied du Mont-Cenis. Très en forme, les plus costauds en ont  profité pour se frotter au col du Grand Cucheron puis pour gravir les fameux lacets de Montvernier (célèbres pour le passage du Tour de France 2015) tandis que les autres rejoignaient tranquillement l’arrivée de l’étape en milieu d’après midi en suivant la vallée.
Le lendemain était consacré au plus dur de l’aventure : l’ascension du Mont-Cenis qui culmine à plus de 2 000 m d’altitude. Chacun à son rythme mais sans laisser personne seul à la traîne, tout le monde y est arrivé ! Un bon repas concocté sur place par Jean-Paul et Marie-Laure attendait les cyclos sur les rives de ce magnifique lac d’altitude à la frontière italienne. Ne restaient alors plus qu’une petite descente pour rejoindre l’arrivée  dans un magnifique monastère transformé en lieu d’accueil mais toujours tenu par des religieuses.  Le cloître a été, le temps d’une soirée, transformé parking à vélos ! 

L’arrivée en Italie
Samedi fut un grand jour à tous poins de vue ! Pour les cyclos en quatre étapes il s’agissait de traverser la plaine du Pô sous un soleil cuisant et sur plus de 220 km sans une seule montée ni descente ; un comble pour ces cyclistes entraînés toute l’année entre Chambaran et Vercors où le plat et les lignes droites n’existent pas ! Pour ceux qui avaient choisi le parcours en une étape c’était le grand départ. À 3 h du matin  pas un seul ne manquait à l’appel. Avec le sourire et une rigueur militaire,  ils ont roulé toute la journée jusqu’au lendemain . 
Une pause obligatoire tous les 100 km avec repas (préparés la veille par Lucien) et changement de tenue tous les 200 km. À 15 h ils passaient le Mont-Cenis où l’autre équipe leur avait laissé sur la route des messages d’encouragement. C’est dans la nuit de samedi à dimanche qu’ils traversèrent pour leur part la plaine du Pô. Alors que le soleil fut un calvaire pour les premiers, la nuit, les lumières accrochées au front et au vélo attiraient les moustiques. L’état chaotiques des routes secondaires Ialiennes ont non seulement mis à mal les organismes mais également causé une chute dans ce groupe qui a contraint un des « mégaraideurs » à abandonner suite à ses blessures. 

L’ultime étape
C’est comme prévu à 60 km de l’arrivée que tous les groupes se sont retrouvé, le dimanche, pour faire la dernière ascension ensemble, accompagné de deux scooter et de tout le club cycliste de Roncone venu les accueillir. À trois kilomètres du but ultime la route avait été fermée afin de pouvoi faire un gros et long peloton. C’est Lucien, l’instigateur du projet qui, épuisé d’avoir mené sur 680 km son équipe en un étape, rentra le premier dans le village accompagné de l’enfant du pays, Samuel Bazoli, et des petits de l’école cyclo. Tous les Ronconais étaient sortis pour les accueillir et quelle surprise pour nos vaillants cyclos d’entendre à leur arrivée « La Marseillaise » jouée par la fanfare sur la place du village ! Un accueil inespéré et extraordinaire avait été prévu : outre la fanfare, tout le village était là avec le maire, le président du comité de jumelage et celui du club cyclo. Une collation a été offerte ainsi que plusieurs cadeaux dont un tee-shirt spécialement fait pour cette occasion ainsi que des gourdes du club local. 
Malgré la fatigue la fête continua jusque tard à l’hôtel. Inutile de dire que le silence régnait dans le car au retour sur Chatte. 

Cette belle aventure n’a été possible que par l’aide des six bénévoles qui ont accompagné, rassasié et encouragés tout au long de ce périple les cyclos. Elle a été réalisable également grâce au soutien du département de l’Isère, de la commune de Chatte, et des partenaires privés. Merci à tous ! 

 

Texte et photos : Christophe ODIN

 

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