Paris-Brest-Paris Audax

 La 16eme édition du Paris-Brest-Paris Audax s’est déroulée du 2 au 6 juillet dernier. Cette belle randonnée fait partie du patrimoine de la FFCT puisqu’elle figure au calendrier fédéral tous les cinq ans depuis 1931. Cette année l’Union des Audax Français proposait un départ de Montlhéry.

Constitué de 89 cyclotouristes, dont 9 féminines, le peloton Audax s’est élancé samedi 2 juillet à 22 h pour un périple de 1200 km. Un dispositif important sécurisait cette randonnée : une voiture-ouvreuse, une voiture mécanique, deux camions (ravitaillement et bagages). A cet encadrement, s’ajoutait un groupe de six motocyclistes de l’ARAS (Amicale Radio Aide Secours Ile de France), destiné à protéger le peloton et à faciliter sa progression sur la route, et plus particulièrement dans les villes.

La première étape : Monthléry-St-Brieuc, 446 km
La météo au départ est clémente, mais le ciel semble bien menaçant. Des arrêts-ravitaillement s’échelonnent tout au long du parcours comme à Maintenon (km60) ou Verneuil sur Avre (km 120). Au milieu de la nuit les premières gouttes de pluie arrosent le peloton. Plus nous avançons sur le parcours plus le ciel ouvre les vannes. Cet épisode météo laissera des traces chez les cyclos. A Domfront au km 254, c’est un arrêt-repas au traditionnel Hôtel de France. Tout le groupe en profite pour se sécher, afin de lutter contre le froid. Les cyclos reprennent la route, direction St James, Dol de Bretagne, Dinan, Lamballe, . . . La météo est toujours aussi mauvaise, et le dénivelé s’accumule sur les pentes du Massif Armoricain. De nombreux cyclos souffrent sur ce parcours vallonné, et la météo n’arrange rien. En fin de journée le ciel semble avoir épuisé son stock liquide. Quelques temps plus tard le peloton arrive à St Brieuc. La première étape est bouclée, il est 22h00, les cyclos sont fourbus mais heureux d’avoir « tenu le coup ». Le Brit Hôtel accueille le peloton pour un arrêt de 6h51, durant lequel il faudra dîner, se doucher, dormir et petit-déjeuner (calculez le temps qu’il reste pour dormir !).

La seconde étape : St Brieuc-Brest-St Brieuc, 314 km
4h45, tout le monde en selle ! Les muscles sont un peu douloureux, mais la météo semble bonne, le moral revient. Après 55 km, belle descente sur Belle-Isle-en-Terre, où les cyclotouristes du club local nous ont préparé un superbe petit-déjeuner (un grand merci à eux). Peu après un petit « crachin breton » s’installe. Rien n’arrête nos pédaleurs, la mer n’est pas loin, alors la météo, le dénivelé, on s’en moque ! Après 150 km nous apercevons le Pont de l’Iroise dans la brume, nous sommes à Brest ! L’Auberge de Jeunesse, face au port de plaisance, nous accueille pour un repas roboratif. Les 75 minutes d’arrêt passent très vite, il faut rapidement se remettre en selle. A Sizun nous retrouvons son magnifique enclos paroissial. Nous avons la surprise d’une réception offerte par la municipalité, en présence de l’Adjointe au Maire chargée des Sports. Notre parcours traverse les Monts d’Arrée et nous escaladons le fameux Roc Trévezel. Notre route nous conduit à nouveau à Belle-Isle-en-Terre où Monsieur le Maire nous reçoit devant un buffet bien garni. Mais il faut remonter la belle descente de ce matin, aïe aïe ! Encore quelques bosses du même acabit et nous voilà de retour à St Brieuc. Quelques supporters ont fait le déplacement pour encourager qui un papa, qui un frère, qui un mari. Joie des retrouvailles, le meilleur des dopants ! Il est 21h55, la soirée est courte, pas le temps de raconter l’étape, ce sera pour plus tard. Repas, dodo, petit dej, et c’est reparti.

Direction Dinan pour la 3ème étape
C’est reparti à 4h30. Le ciel est couvert, température de ce début de journée 14°. Dans la nuit la voiture conduite par Monique et Patrick ouvre la route, aidée en cela par l’escorte motocycliste. Le parcours semble un peu moins bosselé jusqu’à Dinan, où un excellent petit déjeuner attend les participants. L’Adjoint au Maire chargé des Sports tient à nous rendre visite. Dans ses quelques mots adressés aux audaxieux il dit son étonnement et son respect devant la performance, et avoue son ignorance de notre pratique cycliste. En fin de matinée notre parcours nous conduit de nouveau au restaurant de Domfront, où nous attendent de nombreux amis. Ce matin nous avons parcouru 180 km avec un dénivelé de 1300 m. Ce repas est donc le bienvenu. 1h30 de pause, il faut repartir. Une superbe côte attend les cyclos pour sortir de la ville. Nous prenons la direction de Sées. Quand nous y sommes passés dimanche la météo n’était pas très clémente, aujourd’hui il fait grand soleil. L’après-midi n’est pas facile, 113 km pour 1200 de dénivelé, mais le soleil redonne des forces. Il est 20h39 quand les capitaines de route arrivent à Bellême. Nous sommes dans un superbe endroit, le Domaine du Golf, un trois étoiles, rien que ça ! Mais comme tous les soirs le temps nous est compté. Demain le départ est encore plus matinal.

Dernière étape, nous prenons la route à 3 h…
Certains ont un peu de mal à se mettre en jambe. La météo n’arrange rien. Il fait froid, de 6 à 8°, suivant les avis. Les cyclos n’avaient pas prévu cette fraîcheur. Nombreux sont ceux qui regrettent les gants d’hiver et le maillot manches longues. Le jour se lève, la campagne est superbe, des bancs de brouillard enveloppent le paysage. Le peloton attend avec impatience la venue du soleil. Bailleau-le-Pin, il est plus de 6 h, après 65 km le peloton est en retard sur l’horaire. La pause-ravitaillement est la bienvenue. Les sacs sont sortis du camion pour permettre à tous de prendre de quoi se couvrir. Les plus téméraires ont hâte d’enfourcher à nouveau leur vélo. Les routes d’Eure-et-Loire nous conduisent alors à Garancières-en-Beauce. A l’occasion de ce dernier ravitaillement, de très nombreux amis sont venus à la rencontre des cyclos, dont Jean Veillet président de l’UAF de 1982 à 1988. Un soleil d’été éclaire ces retrouvailles. Nous regagnons l’Ile-de-France à Dourdan. La circulation automobile est bien sûr un peu plus dense, mais Jean-Michel a déniché un maximum de petites routes où le peloton avance serein. Encore quelques tours de roues et nous voici de retour à Montlhéry, il 11h29, 1214 km au compteur.

La boucle est bouclée, le brevet est réussi
Beaucoup d’émotion dans le peloton, quelques yeux laissent trahir l’intensité du moment. Les parents et amis venus en nombre applaudissent l’exploit et embrassent les audaxieux. Ca n’a pas toujours été facile, mais le pari est réussi, tout le reste est oublié. La performance est aussi bien physique que morale. Il faut saluer ces participants, pas toujours très jeunes, qui ont démontré qu’un sport raisonné permettait tous les exploits. C’est une victoire, pas « contre », mais « avec » ses compagnons de route, une victoire partagée.

Rendez-vous dans cinq ans . . .

Texte : Jacques Torgue – Union des Audax Français

 

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