Noémie et Thésée, jeunes voyageurs en Amérique Latine

               

Noémie et Thésée sont partis traverser l’Amérique latine à vélo, pendant deux ans, autour de deux thématiques : l’éco-volontariat et l’éducation. En 2015, ils ont obtenu la bourse Jacques Vicart de la FFCT pour les accompagner dans leur projet.

Le voyage à vélo permet de belles rencontres

Dans la revue Cyclotourisme du mois de décembre, ils sont revenus sur leurs expériences d’éco-volontariat et leurs mésaventures diverses. Depuis, ils ont avancé. Après la traversée du désert au salar d’Uyuni puis celle du sud Lipez ils sont arrivés au Pérou où ils ont fait la rencontre de Graciela, une femme qui leur a ouvert la porte de sa maison.

Voici un extrait du récit de Noémie

« … On m’invite à entrer dans la cuisine. Une soupe orangée fait de grosses bulles dans la marmite posée sur le four de terre, tandis qu’une enfilade de cuys couinent (d’où leur nom ?) sous la table de la salle à manger, si on peut l’appeler ainsi. D’épais bouts de gras pendent au-dessus du feu de bois -pour donner du goût- dont une flopée de moucherons occupe le stand. Graciela me tend un siège ou plutôt un tronc, tout en ordonnant à sa fille d’un coup de tête furtif mais autoritaire, d’aller chercher un tissu qui fera office de nappe pour arrière-train. Rose Alvina s’exécute sur-le-champ. Je vois malgré tout dans son regard perdu qu’il manque quelques raccords à l’hémisphère destiné à la compréhension du langage. Elle n’a jamais été à l’école, ou très peu. C’est la cendrillon de la maison, qui accomplit les besognes que sa mère d’un âge avancé n’est plus capable d’assumer. Elle s’occupe aussi de David, son fils de 11 ans, également analphabète. C’est avant tout une femme adorable dont la pauvreté des parents a réduit l’accès à un épanouissement social et intellectuel. Notre vie est si différente. Nous, cherchant à nous procurer le dernier Iphone, elle allant frotter pieds nus le linge de la famille dans une bassine en contre-bas de la maison, qui par chance, s’il a plu, sera remplie d’eau. J’aime passer du temps avec ces femmes, simplement, autour du feu, parler de la vie, des mangues délicieuses du jardin, en les faisant pouffer de rire, en oubliant qui on est et d’où on vient. »

Pour en savoir plus sur leur voyage, pour les suivre ou leur envoyer un petit mot : http://assolabalise.com

Texte : Carmen Burgos

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