La France, sur le podium pour l’amélioration des infrastructures cyclables

En 2026, la France se distingue en Europe pour ses progrès en matière d’infrastructures cyclables, se classant deuxième derrière la Pologne selon le dernier rapport State of the Nation de Shimano.

Derrière cette avancée, des défis majeurs persistent : 121 millions d’Européens réduisent leur pratique du vélo en raison de difficultés d’accès à l’entretien, et plus d’un tiers des Européens estiment que le vélo est devenu moins sûr pour les enfants. Une analyse des résultats révèle des disparités entre les sexes, les générations, et les pays, soulignant l’urgence d’agir pour pérenniser la mobilité cyclable.

Cette étude est à prendre avec des pincettes puisqu’elle est commanditée par Shimano, fabricant mondial de composants pour vélos, mais elle reste néanmoins très intéressante pour nous cyclistes.

Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire en ligne, fourni dans la langue maternelle des participants, en collaboration avec le partenaire Panel Inzicht. L’enquête a été menée du 4 au 29 septembre 2025. L’échantillon était représentatif de la population adulte âgée de 18 à 79 ans à l’échelle nationale, en utilisant des quotas basés sur l’âge et le sexe. Ces quotas ont été établis à partir des dernières données fournies par les bureaux de statistiques locaux.

La Fédération française de cyclotourisme (FFVélo) agit depuis de nombreuses années pour garantir la sécurité des cyclistes. De plus, la cohabitation avec les autres usagers, l’aménagement des pistes et la maîtrise du comportement face aux aléas de la route sont essentiels pour une pratique sûre du vélo. La sécurité des cyclistes est au cœur de nos priorités, pour tous les pratiquants, qu’ils soient débutants ou expérimentés.

La France, leader européen en infrastructures cyclables

60 % des cyclistes français interrogés affirment que les infrastructures de leur région se sont améliorées au cours de l’année écoulée, plaçant la France en deuxième position européenne avec un score net d’amélioration de +40,2 %. Un résultat remarquable, juste derrière la Pologne (+46,7 %), et bien devant des pays historiques comme les Pays-Bas (+4,1 %) ou l’Allemagne (+10,2 %).

Pourquoi un tel succès ?

  • Investissements publics : Les collectivités locales et l’État ont accéléré le déploiement de pistes cyclables sécurisées, notamment en milieu urbain.
  • Accessibilité : Les cyclistes français citent l’absence de pénurie de magasins de vélos locaux comme un point fort, contrairement à d’autres pays européens.
  • Dynamique territoriale : Des initiatives comme les schémas départementaux des itinéraires cyclables (SDIC) ou les zones à faibles émissions (ZFE) renforcent l’attractivité du vélo.

Mais attention aux attentes croissantes : Dans les pays pionniers comme les Pays-Bas ou le Danemark, les cyclistes, habitués à des infrastructures de qualité, deviennent plus exigeants. La France doit donc poursuivre ses efforts pour éviter une stagnation, comme l’observe Ties van Dijk, spécialiste en plaidoyer chez Shimano : « Les infrastructures s’améliorent, mais cela ne suffit pas. Si nous ne facilitons pas l’entretien des vélos et ne garantissons pas la sécurité des enfants, la participation pourrait diminuer. »

L’entretien des vélos : un frein majeur à la pratique

121 millions d’Européens font moins de vélo en raison de difficultés d’accès à l’entretien et à la réparation. En France, 46,9 % des cyclistes ont rencontré des obstacles, avec des conséquences particulièrement lourdes pour les jeunes :

  • 42 % des 18-24 ans confrontés à ces problèmes réduisent leur pratique de 50 % ou plus.
  • 20,3 % des Européens citent les coûts élevés comme principal frein, suivis par le manque de magasins locaux (15,3 %) et les délais d’attente (11,8 %).

Un risque de désengagement :

  • 26,9 % des cyclistes tentent de réparer eux-mêmes leur vélo (un taux faible en France, signe d’une dépendance aux professionnels).
  • 21,8 % se tournent vers d’autres modes de transport.
  • 16,4 % abandonnent complètement le vélo.

Que faire ?

  • Développer les ateliers participatifs (type vélos-écoles ou réparations solidaires).
  • Subventionner les réparations pour les ménages modestes.
  • Former les cyclistes à l’autonomie mécanique via des tutoriels en ligne ou des ateliers en magasin.

Conclusion : un bilan contrasté, des pistes d’action

La France progresse, mais les défis de l’entretien et de la sécurité des enfants menacent la pérennité du cyclisme. Pour éviter un recul, il faut :

  • Poursuivre les investissements dans les infrastructures.
  • Faciliter l’accès à l’entretien (ateliers, subventions, formation).
  • Renforcer la sécurité des enfants (pistes adaptées, éducation).

Comme le souligne Maud de Vries, PDG de BYCS : « Le vélo est un levier clé pour la transition écologique et la santé publique. Mais sans actions ciblées, nous risquons de perdre une génération de cyclistes. »

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Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : JL Armand
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