Sport outdoor et inclusion : vers des pratiques accessibles à tous
Le Salon Paris Rando Nature fut l’occasion d’un moment d’échange riche, réunissant des acteurs engagés pour rendre le sport accessible à tous. Entre témoignages inspirants, défis persistants et solutions concrètes, cette rencontre a rappelé une évidence : le sport est un droit, pas un privilège.
Des acteurs engagés pour une inclusion concrète
La conférence a donné la parole à trois intervenants aux parcours variés, mais unis par une même conviction : l’inclusion se construit par l’action.
- Boris Ghirardi, président de l’association Level’Up, accompagne les personnes amputées vers la pratique sportive. Pour lui, aucun sport n’est inaccessible : invité à l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc), il défend une présence visible des athlètes en situation de handicap, « pour danser avec tout le monde ».
- Marie Lemière, cheffe de projet à la Délégation ministérielle à l’accessibilité, souligne l’urgence du sport-santé : la sédentarité, 4ème cause de mortalité en France, touche particulièrement les personnes en situation de handicap. Elle plaide pour une équité dans les primes allouées aux para-athlètes, bien inférieures à celles des athlètes valides.
- Jonathan Josse, athlète para-cycliste et nouveau diplômé du CQP AMV (Certificat de Qualification Professionnelle Animateur Mobilité à Vélo), incarne la résilience. Après un accident de la route, le vélo lui a redonné la liberté de mouvement : « Si je me casse la gueule, ce n’est pas grave ». Une philosophie qui rappelle que le handicap relativise les obstacles.
Des défis persistants, mais des avancées visibles
Si l’accessibilité des lieux publics est une obligation légale, les espaces naturels restent souvent oubliés. Pourtant, des progrès émergent :
- Aménagements innovants : Certains chemins côtiers sont désormais accessibles, parfois grâce à l’implication de personnes en situation de handicap mental.
- Technologies adaptées : Les fauteuils électriques tout-terrain ou les handbikes ouvrent de nouvelles possibilités, comme le tour de France en handbike réalisé par Jonathan.
- Changer les regards : Montrer la différence, c’est la normaliser. Nettoyer sa lame de course en public ou ajuster son fauteuil ne devrait pas être tabou – tout comme porter des lunettes, un handicap « accepté ».
Marie Lemière le rappelle : « Il faut penser chaque projet pour tous. Les solutions existent, c’est une question de volonté. »
Le cyclotourisme, un levier d’inclusion
La Fédération française de cyclotourisme s’engage activement dans cette dynamique. Avec des initiatives comme le CQP AMV, elle forme des animateurs capables d’accompagner tous les publics, y compris les personnes en situation de handicap. Jonathan Josse en est la preuve vivante : le vélo, qu’il soit classique ou adapté, est un outil de liberté et de reconstruction.
Pour les cyclotouristes, cela signifie :
- Des itinéraires accessibles : Privilégier des parcours adaptés aux handbikes ou vélos électriques, avec des points de repos et des sanitaires accessibles.
- Une communication inclusive : Mettre en avant des récits comme celui de Jonathan, pour inspirer et informer.
- Des événements ouverts : Comme la Concentration nationale de Pavezin, qui pourrait intégrer des ateliers dédiés aux pratiques adaptées.
L’inclusion, une affaire collective
La conférence a clos ses échanges sur un message fort : « L’équité doit être la règle. L’inclusion n’aura plus raison d’être quand nous saurons partager et accepter nos différences. »
Pour la Fédération française de cyclotourisme, cela passe par :
Des formations comme le CQP AMV, pour des encadrants compétents.
Des partenariats avec des associations comme Level’Up.
Des ressources pour les clubs FFVélo, afin d’accueillir tous les publics.






