Test DJI Avata 360, ce drone vaut-il le coup pour le cyclotourisme ?
Après plusieurs semaines de test en avant-première mondiale, preuve que les 110 000 licenciés de notre Fédération représentent une communauté conséquente, voici notre verdict sur un outil révolutionnaire pour les réalisateurs, mais pas (encore) le compagnon idéal du voyageur léger. Nous vous expliquons pourquoi…
Mon Gravel est prêt, ma femme ajuste son vélo à assistance électrique, et dans mon sac à dos : le DJI Avata 360, ce drone 360° qui promet de tout changer pour les passionnés de vidéo outdoor. Après des semaines à l’essayer en avant-première, je peux enfin vous dire si ce bijou technologique tient ses promesses… ou s’il vaut mieux rester sur le bon vieux DJI Neo 2.
Un drone dans les bois : l’aventure commence (mal)
Dès le départ, une évidence s’impose : le DJI Avata 360 n’est pas un drone comme les autres. Exit la petite sacoche pratique du Neo 2, ici, il faut un sac à dos. J’ai enveloppé le drone et la télécommande dans un vieux tee-shirt pour les protéger, histoire de ne pas alourdir davantage notre équipement. Ma femme, sur son VAE, me regarde avec un sourire amusé : « On dirait que tu pars en expédition, pas pour une balade en forêt ! »
Et elle n’a pas tort. À peine arrivés sur les sentiers de Clamart – un spot que je connais par cœur pour ses virages sinueux et son calme relatif –, je réalise que le drone, aussi discret soit-il dans mon sac, va attirer l’attention. Pas seulement à cause de son bruit strident, qui rompt la quiétude des promeneurs, mais aussi parce qu’il faut oser le faire décoller dans un espace où, techniquement, c’est interdit. « Interdit, mais toléré si on reste discret », comme le dit la petite case que j’ai cochée en ligne avant de partir. Alors je vole bas. Très bas. Sous les arbres.

Premiers vols : entre émerveillement et frustration
Je commence par le pilotage en mode « normal », avec la télécommande classique. Pas question d’utiliser les lunettes FPV en forêt, j’ai trop peur de finir dans un arbre. Le drone répond bien, mais je sens tout de suite la différence avec le Neo 2 : ici, pas de pilotage gestuel ou vocal. Il faut garder les mains sur la télécommande, et ça, c’est un vrai changement.
Je tente un suivi automatique avec l’ActiveTrack 360°. L’idée est simple : le drone doit me suivre pendant que je slalome entre les arbres avec mon Gravel. Ma femme, chargée de tenir la télécommande pendant que je roule, la glisse dans le sac à dos. Mauvaise idée. Les secousses font dévier la trajectoire, et soudain, le drone part dans une direction opposée à la mienne. « Attends, il va où ?! » Je cours presque pour le rattraper avant qu’il ne disparaisse dans les fourrés. Ouf, sauvé de justesse.
Leçon n°1 : Avec l’Avata 360, on ne lâche pas la télécommande. Contrairement au Neo 2, où un simple « Suis-moi » suffit pour déclencher un suivi fluide et sans stress.
La magie du 360°… si on sait l’utiliser
Une fois cette première frayeur passée, je me concentre sur ce qui fait la force de ce drone : sa capacité à tout filmer en 360°, pour ensuite recadrer en post-production. Je réalise quelques plans simples – un suivi de face, un autre de dos – et là, je comprends pourquoi les réalisateurs de films sportifs adorent ce genre d’outil. Avec un seul passage, je peux obtenir des angles impossibles à capturer autrement : me filmer en train de dévaler une pente, puis basculer sur une vue plongeante, le tout sans avoir à refaire une prise.
Mais attention, cette liberté a un prix. Les fichiers sont lourds, très lourds. Même en 4K (j’ai évité le 8K pour ne pas saturer mon ordinateur), le montage demande une machine puissante et beaucoup de patience. Heureusement, les outils DJI – notamment GyroFrame – simplifient le recadrage et le suivi des sujets. Après quelques essais, je parviens à exporter des séquences fluides dans Adobe Premiere Pro.
Leçon n°2 : L’Avata 360 n’est pas un drone pour les pressés. Il faut aimer bidouiller en post-production.
Le Neo 2 reste-t-il le roi du cyclotourisme ?
C’est la question qui me trotte dans la tête pendant tout le test. Le DJI Neo 2, petit, léger, et d’une simplicité désarmante, reste mon compagnon de voyage préféré. Il se glisse dans une poche, se pilote d’un geste ou d’une phrase, et filmer avec devient presque une seconde nature.
L’Avata 360, lui, est une bête de course. Il demande de l’attention, de la préparation, et un vrai projet derrière. « Si tu veux filmer tes vacances à vélo sans te prendre la tête, prends le Neo 2. Si tu veux réaliser un documentaire sur ta traversée des Alpes en Gravel, là, l’Avata 360 devient indispensable », résume ma femme.
Le moment de solitude : quand la technologie vous joue des tours
Je garde un souvenir particulier de ce test : celui où, après une série de montées et descentes épiques (enfin, épiques pour la forêt de Clamart), je reviens vers ma femme, tout fier. « Alors, tu as tout filmé ? » Elle me tend la télécommande avec un air gêné. « Euh… j’ai oublié d’appuyer sur ‘enregistrement’. »
Silence. « Tu… tu déconnes ? » Non. Elle ne déconne pas. Tout ce beau spectacle, ces efforts pour slalomer entre les arbres, ces plans que je croyais parfaits… rien. Nada. « Oh la lose », comme dirait les jeunes.
Leçon n°3 : Toujours vérifier que l’enregistrement est bien lancé. Toujours.
Pour qui est fait ce drone, au final ?
Après ce test, je peux tirer une conclusion claire : le DJI Avata 360 n’est pas un drone pour tout le monde.
- Pour les réalisateurs, les clubs VTT, les passionnés de montage vidéo : C’est une révolution. La possibilité de filmer en 360°, de recadrer à l’infini, et d’obtenir des plans dignes des plus grands films sportifs est un atout énorme. Imaginez filmer une descente technique en VTT, puis pouvoir choisir l’angle parfait en post-production. Ou encore, créer une vidéo promotionnelle pour une manifestation cycliste avec des plans impossibles à réaliser autrement.
- Pour les cyclotouristes « lambda » : Le Neo 2 reste bien plus adapté. Léger, simple, discret, il se fond dans le paysage et ne demande presque aucun effort.
Mon verdict final
Si je devais résumer mon expérience avec le DJI Avata 360 en une phrase, ce serait : « Un outil incroyable pour ceux qui veulent pousser la créativité de leurs vidéos à vélo, mais un investissement en temps et en argent qui ne convient pas à tous. »
Pour ma part, je conseillerai le Neo 2 pour les randonnées du week-end. Mais je sais déjà que, pour mon prochain projet de reportage sur une aventure en Gravel, l’Avata 360 sera sûrement de la partie. À condition de bien vérifier que l’enregistrement est lancé, cette fois.
Prix
DJI Avata 360 est disponible à l’achat sur store.dji.com et auprès des revendeurs agréés, avec livraison effective à partir de fin avril, dans les configurations suivantes :
- DJI Avata 360 (drone seul) est proposé au prix de 459 EUR.
- DJI Avata 360 (DJI RC 2) est proposé au prix de 719 EUR.
- Bundle Fly More DJI Avata 360 (DJI RC 2) est proposé au prix de 939 EUR.
- Bundle Motion Fly More DJI Avata 360 est proposé au prix de 939 EUR







