Le vélo, une liberté à double tranchant pour les femmes
Entre insécurité routière, comportements sexistes et pression sociale, les obstacles à une pratique sereine et épanouissante sont nombreux. Pourtant, les bénéfices du vélo — plaisir, bien-être, économie — restent indéniables. Alors, comment concilier ces deux réalités ? Comment permettre à toutes les femmes de pédaler en confiance, sans craindre les agressions ou les remarques déplacées ? À travers les résultats d’une enquête menée par l’institut FLASHS pour Materiel-velo.com, cet article explore les freins spécifiques rencontrés par les cyclistes femmes et propose des pistes pour les surmonter, notamment en intégrant des communautés bienveillantes comme les clubs de la Fédération française de cyclotourisme.
Le vélo, une pratique aux multiples atouts… mais pas pour toutes
Pour la majorité des Français, le vélo rime avec santé (61 %), plaisir (43 %) et économie (34 %). Il est perçu comme un moyen de se déplacer rapidement, en évitant les interactions subies de la marche ou des transports en commun. Pourtant, derrière cette image idyllique se cache une réalité plus contrastée, surtout pour les femmes.
L’enquête révèle que 41 % des femmes ont déjà été confrontées à des comportements agressifs ou sexistes à vélo : insultes, intimidations, remarques déplacées, voire gestes inappropriés. Chez les jeunes femmes de 18 à 24 ans, cette proportion grimpe à 58 %. Ces expériences ont un impact direct sur leur pratique : 57 % des femmes concernées ont arrêté de faire du vélo en raison de ces violences.
Ces chiffres soulignent un paradoxe : alors que le vélo est présenté comme une solution pour les mobilités de demain, il reste un espace où les inégalités de genre persistent, limitant l’accès des femmes à cette pratique.
L’insécurité sociale, un frein invisible mais bien réel
Les témoignages recueillis dans l’enquête sont édifiants. Entre les insultes (« J’avais une jupe sur mon vélo. On m’a insultée de salope »), le harcèlement (« Arrêtée à un feu rouge, un automobiliste m’a d’abord draguée. Comme je ne réagissais pas, il m’a insultée et m’a suivie »), et les mises en danger (« Une voiture m’a dépassée en me frôlant très fortement… puis j’ai reçu des insultes »), les femmes cyclistes doivent souvent composer avec une double insécurité : routière et sociale.
Cette réalité transforme une activité censée être libératrice en une expérience anxiogène, où la peur de subir des agressions ou des remarques sexistes pèse sur chaque trajet. Pourtant, ces comportements ne sont ni isolés ni anecdotiques. Ils reflètent une culture persistante de domination de l’espace public par les hommes, où les femmes doivent constamment justifier leur présence.
Le casque, symbole d’un confort sacrifié
Ironie du sort, alors que la sécurité est une préoccupation centrale pour les cyclistes, un tiers d’entre eux ne portent jamais de casque. Parmi les raisons invoquées, l’inconfort arrive en tête, surtout pour les femmes (36 % contre 30 % pour les hommes). Chez les 18–24 ans, une femme sur quatre évite même de porter un casque par peur d’arriver décoiffée.
Ce détail en dit long : même les choix liés à la sécurité sont influencés par des contraintes d’apparence, révélant une pression sociale supplémentaire pesant sur les femmes.
Reprendre le guidon en confiance : l’importance des communautés bienveillantes
Face à ces défis, comment redonner aux femmes l’envie et la confiance de pédaler ? Une piste essentielle réside dans l’intégration à des communautés cyclistes inclusives et solidaires, comme les clubs de la Fédération française de cyclotourisme.
Ces structures offrent un cadre rassurant pour apprendre les règles de bonne conduite, partager des expériences et bénéficier de l’entraide d’autres cyclistes, hommes et femmes. Elles permettent aussi de briser l’isolement et de transformer la pratique du vélo en une aventure collective, où la solidarité l’emporte sur les craintes individuelles.
En rejoignant un club, les femmes peuvent :
- Apprendre les bonnes pratiques pour rouler en sécurité.
- Bénéficier de conseils pour gérer les situations difficiles.
- Trouver du soutien dans un environnement bienveillant.
Vers un cyclotourisme plus inclusif
L’enquête de Materiel-velo.com rappelle une évidence : pour que le vélo devienne un mode de transport accessible à toutes et à tous, il ne suffit pas de développer les infrastructures. Il faut aussi changer les mentalités et garantir un espace public respectueux.
Les clubs de la Fédération française de cyclotourisme ont un rôle clé à jouer dans cette transition. En promouvant une culture du vélo inclusive, en organisant des sorties adaptées et en sensibilisant leurs membres aux enjeux de sécurité et de respect, ils contribuent à faire du vélo un espace de liberté pour toutes.
Pour aller plus loin : Consultez le rapport complet de l’enquête et découvrez comment rejoindre un club de la Fédération française de cyclotourisme près de chez vous.







