Claudine Lecestre, une trajectoire d’engagement et de passion au service du cyclotourisme

Rencontre avec Claudine Lecestre, membre du comité fédéral, présidente de la commission Tourisme et Territoires et du Strasbourg Vélo Club, elle incarne la passion et l’engagement.

Dès son plus jeune âge, le vélo a été pour Claudine synonyme de liberté : un moyen simple de se déplacer, de retrouver ses amies, et surtout, de ressentir le plaisir d’appuyer sur les pédales pour filer à toute vitesse. Mais c’est bien plus tard, à l’âge adulte, que le vélo est devenu pour elle bien plus qu’un simple loisir. Il s’est transformé en une véritable passion pour le cyclotourisme, mêlant sport, plaisir, découvertes, vacances et liberté.

Son engagement associatif est né d’une expérience douloureuse au sein d’un club, qui l’a poussée, avec quatre autres passionnés, à créer un nouveau club. Une aventure humaine et sportive, où l’objectif était clair : faire découvrir et partager les bienfaits du vélo dans un environnement bienveillant et passionné.

Un parcours jalonné de défis et de responsabilités

De la présidence d’un club à l’engagement fédéral

Claudine a rapidement pris la présidence de ce nouveau club, un défi personnel qui lui a permis de gagner en confiance et en expérience. Son engagement ne s’est pas arrêté là. Un jour, un coup de fil a tout changé : « Claudine, on aurait besoin de toi pour cette nouvelle mandature, tu en as les compétences. Viens. » Après une hésitation, elle a accepté. Aujourd’hui, elle savoure cette expérience, riche en défis et en satisfactions.

Des mentors et une volonté à toute épreuve

Claudine reconnaît que certaines personnes ont marqué son parcours, non pas toujours par leur bienveillance, mais plutôt par leur désobligeance. Ces expériences ont renforcé sa détermination et sa volonté de réussir. 

Pour Claudine Lecestre, chaque obstacle est une opportunité de se dépasser et de prouver sa valeur.

Engagement et parité : une conviction profonde

Pourquoi les femmes doivent-elles s’engager davantage ?

Pour Claudine, les femmes ont une place essentielle dans les instances dirigeantes du cyclotourisme. Leur sensibilité naturelle, leur volonté à toute épreuve et leur grande aptitude au travail sont des atouts majeurs. Malgré les traces laissées par des siècles d’éducation inégale, encourager les femmes à s’engager, c’est construire un avenir plus équilibré et plus représentatif.

Un conseil aux femmes hésitantes ?

« L’inaction et la critique négative sont l’œuvre des faibles. Construire, même en balbutiant, est générateur de satisfaction, de confiance, d’expérience, d’exigence et surtout de réussite. » Claudine encourage chaque femme à oser s’engager, à prendre sa place et à croire en sa légitimité.

Concilier engagement et vie personnelle

Pour Claudine, l’équilibre passe par une organisation rigoureuse. Elle compartimente son temps, s’interdit d’ouvrir son ordinateur certains jours, et conserve des moments précieux pour sa famille et ses amis. « Je sors et je ris », confie-t-elle, soulignant l’importance de préserver son bien-être et ses liens sociaux.

Projets et initiatives : écouter, encourager, accompagner

Attirer davantage de femmes vers le cyclotourisme

Claudine ne croit pas en la nécessité de projets spécifiques pour mobiliser les femmes. « Tout le monde a besoin d’être écouté, entendu. » Elle prône une approche simple : prendre le temps de les écouter, répondre à leurs attentes, et leur proposer de rouler ensemble, en les conseillant et en les encourageant. « On peut toujours vaincre les obstacles », rappelle-t-elle, soulignant que les responsabilités dans un club ne sont pas plus insurmontables que celles que les femmes assument déjà au quotidien.

Réussites et impacts concrets

Une fierté collective

Bien que son engagement au niveau national soit récent, Claudine apprécie la confiance de ses collaborateurs et les conditions de travail mises en place pour développer des projets bénéfiques à tous.

Un défi inspirant

Au sein de son club, Claudine a relevé un défi audacieux : convaincre des femmes atteintes d’un cancer du sein de se préparer et de réaliser 120 km en une journée, pour défendre la prévention et la vie après la maladie. « Vingt-deux femmes l’ont fait », raconte-t-elle avec fierté. « Toutes ne deviendront pas des cyclistes convaincues, mais nombre d’entre elles attendent déjà le prochain challenge. »

Un milieu en évolution

Claudine reconnaît que la principale difficulté pour une femme dans un milieu traditionnellement masculin est de devoir parfois prouver sa valeur. « Se tenir droite, relever la tête et être convaincante », telle est sa devise. Pour elle, travailler ensemble et pédaler ensemble sont les clés pour avancer.

Un message d’espoir et d’action

Claudine Lecestre montre que l’engagement, la passion et la persévérance permettent de tracer sa route, même dans un milieu où les femmes doivent parfois forcer les portes. Son parcours est une invitation à oser, à s’engager et à construire ensemble un cyclotourisme plus inclusif et plus représentatif.

« Le cyclotourisme est une aventure collective. Chaque voix compte, chaque engagement fait la différence. Alors, n’hésitez plus : engagez-vous, pédalez, et faites entendre votre voix ! »

Interview de Claudine Lecestre

  1. Quels sont les projets concrets que vous avez menés ou que vous souhaitez développer pour encourager la parité au sein de la Fédération ou des clubs FFVélo ?

Je ne crois pas qu’il faille des projets spécifiques pour les femmes. Ce qu’il faut, c’est écouter, entendre et accompagner. Par exemple, au sein de mon club, nous avons organisé un défi pour des femmes atteintes d’un cancer du sein : se préparer et réaliser 120 km en une journée. Vingt-deux femmes ont relevé ce défi, et cela a changé leur regard sur leurs capacités. L’important est de leur montrer qu’elles peuvent le faire, qu’elles ont leur place.

  1. Pourquoi est-il important, selon vous, que les femmes s’engagent davantage dans les instances dirigeantes du cyclotourisme ? Qu’apportent-elles de spécifique ?

Les femmes apportent une sensibilité, une volonté et une aptitude au travail qui sont essentielles. Leur présence permet de diversifier les points de vue et d’enrichir les décisions. Il est temps de briser les stéréotypes et de montrer que les femmes ont toute leur place dans les instances dirigeantes, comme partout ailleurs.

  1. Quels conseils donneriez-vous à une femme hésitant à s’engager dans un club ou une fédération, par crainte de ne pas être légitime ou écoutée ?

Je lui dirais de ne pas hésiter. L’inaction ne mène à rien, tandis que l’engagement, même modeste, apporte satisfaction et expérience. Chaque pas compte, chaque voix a sa place. Il faut oser, car c’est en agissant qu’on se rend légitime.

  1. Comment conciliez-vous votre engagement bénévole ou fédéral avec vos autres responsabilités (professionnelles, familiales, etc.) ?

J’organise mon temps de manière stricte. Je compartimente mes activités, je me fixe des limites, et je préserve des moments pour ma famille et mes amis. C’est un équilibre à trouver, mais c’est possible. L’important est de ne pas s’oublier soi-même.

  1. Quelles ont été les principales difficultés que vous avez rencontrées en tant que femme dans un milieu traditionnellement masculin comme le cyclotourisme ? Comment les avez-vous surmontées ?

La principale difficulté a été de devoir parfois prouver ma valeur dans un milieu où les hommes ne sont pas toujours prêts à reconnaître les compétences des femmes. J’ai surmonté cela en restant droite, en relevant la tête et en étant convaincante. Travailler ensemble et pédaler ensemble, c’est la clé pour avancer.

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : DR / Claudine Semestre
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