Bernard Loisel : l’art du bivouac sur les Diagonales
Bernard Loisel partage, dans un épisode du podcast Diagonalistes, sa vision des aventures à vélo. Fort de 22 Diagonales et de plusieurs Paris-Brest-Paris à son actif, il livre une vision où l’autonomie, la discrétion et le bivouac deviennent les piliers d’une pratique exigeante, mais profondément apaisée.
De l’expérience collective à la solitude assumée
Bernard Loisel a découvert les Diagonales en 1992, lors d’une première expérience vécue en groupe. Mais c’est progressivement, au fil des années, qu’il a développé une pratique solitaire, loin des dynamiques de groupe. Pour lui, la Diagonale n’est pas une course, mais un voyage intérieur, où chaque kilomètre parcouru est une occasion de se recentrer sur l’essentiel : la liberté de décision, le respect des délais sans obsession de performance, et la connexion à l’instant présent.
Le bivouac : une philosophie de liberté
Contrairement à une idée reçue, le bivouac n’est pas une contrainte pour Bernard Loisel, mais un outil de souplesse. Il lui permet de gérer son sommeil, son stress et son effort avec une autonomie totale. Dormir sous les étoiles, loin des hébergements traditionnels, devient une manière de se fondre dans le paysage, de vivre l’aventure sans intermédiaire. Comme il le souligne : « Le bivouac, c’est comme une souplesse de plus dans la journée. Ce n’est pas une contrainte, mais une liberté. »
Cette approche minimaliste et introspective du cyclotourisme est au cœur de sa philosophie. Pour Bernard, avancer sans précipitation, en respectant les délais sans chercher à battre des records, est la clé pour préserver l’équilibre physique et mental sur la durée.
Paris-Brest-Paris et Diagonales : des confrontations intérieures
Les Paris-Brest-Paris, tout comme les Diagonales, sont pour Bernard Loisel des épreuves de confrontation intérieure. Il les aborde sans logique de compétition, mais comme des moments de dialogue avec lui-même. Ces traversées ne sont pas des courses à gagner, mais des expériences à vivre, où chaque détail compte : le choix des itinéraires, la gestion des pauses, et surtout, l’écriture du récit après l’aventure.

Pour lui, le diagonaliste est un pratiquant discret, qui réalise plus qu’il ne réussit. Il ne cherche pas la gloire ou le classement, mais l’accomplissement personnel et la relation à soi. « On ne réussit pas une Diagonale, on la vit, on la traverse, et on en revient transformé », explique-t-il.
Un témoignage pour les cyclotouristes en devenir
Bernard Loisel offre, à travers son récit, une vision rafraîchissante du cyclotourisme. Il rappelle que la longue distance à vélo n’est pas réservée aux athlètes en quête de performance, mais qu’elle peut aussi être une pratique de liberté, de sobriété et de connexion à soi.
Son approche, centrée sur l’autonomie, la discrétion et le bivouac, est une invitation à repenser notre rapport à l’effort et à l’aventure. Pour les cyclotouristes débutants comme expérimentés, son témoignage est une source d’inspiration pour oser prendre son temps, écouter ses limites, et trouver sa propre voie sur les routes de France et d’ailleurs.
Pour aller plus loin
• Écouter le podcast « Diagonalistes »
• Découvrir les Diagonales : Site officiel de la Fédération française de cyclotourisme
Sur une Diagonale comme dans la vie, le plus important n’est pas d’arriver le premier, mais d’arriver transformé.






