Au cœur de nos écoles (3/3)

Trois écoles de cyclotourisme nous ont invité à découvrir de quoi est fait leur quotidien. Trois écoles, trois régions, trois tailles. Une même motivation. Une même ambition.

Paroles d’acteurs

Après cet inventaire des conditions de fonctionnement des écoles, nous nous intéresserons aux réactions des éducateurs et donnerons la parole aux jeunes. Commençons par eux.

Les Solognots de Roland ne sont pas très bavards face aux questions  et interrogent : « Qu’est-ce que tu veux qu’on te dise ?  C’est super ! C’est génial ! C’est parfait ! »  et ils abrègent d’un « Et si on partait faire du vélo ? ».

Théault, un jeune cyclo est un peu plus loquace : « Le club est actif, dynamique, les sorties sont intéressantes, les encadrants sont très sympathiques. » Merci pour eux.

Les Lorrains de Toul ont été plus productifs (ndlr : j’imagine que Gérard a mis un peu de pression).
Pêle-mêle, ils apprécient la bonne ambiance et l’entraide entre eux ; « ça me fait plaisir d’aller au club car les éducs sont gentils et j’ai plein de copains », précise Benjamin, 10 ans.

Paul, 13 ans va dans le même sens : « Le vélo m’apporte de l’amusement, de l’amitié et plein d’autres choses comme de la force. Le vélo n’est pas, comme certains le pensent, un sport facile. Il faut avoir des compétences physiques et aussi savoir comment réparer une crevaison, etc.  Le vélo est en même temps, un sport mécanique et aussi très sportif. »

Ce côté sportif, la vitesse, la prise de risque, une belle motivation ; à 15 ans, Mahé regrette : « On ne prend pas assez de singles, de passages techniques. »
Paul-Amédée, 13 ans, aimerait « faire plus de sentiers amusants en VTT et plus de vitesse sur la route. » Mais, chaque semaine et lors des séjours, il aime retrouver et rouler avec les copains du club et « déconner » avec eux. Il aime aussi les goûters organisés par le club !

Enseigner, conseiller


Apprendre, bénéficier de conseils, progresser, autant de sujets de satisfactions (pour les éducateurs aussi ?) : Etienne, 12 ans est satisfait de pouvoir « apprendre les bonnes techniques pour faire du vélo en toute sécurité et d’avoir un club agréable proche de son domicile avec différents niveaux, pour s’adapter aux progrès réalisés. » Mahé apprécie « les conseils très professionnels et bienveillants  sur les règles de vie, de sécurité, le respect… » Paul-Amédée est  « content de progresser d’année en année et d’être parmi les premiers aux critériums. Par contre ça m’énerve quand les moniteurs me font des remarques désagréables. »

Mais le cyclotourisme, ce n’est pas que le vélo et Hugo apprécie : « Ce que j’aime dans le club c’est qu’il y a des sorties organisées et on ne fait pas que du vélo ».

Marie-Camille, 13 ans, est sensible à ce côté découverte : « J’aime découvrir de beaux paysages lors des sorties et j’aimerais découvrir de nouveaux sentiers ». Et à part ça ? « J’aime me mesurer aux autres lors des critériums et remporter des récompenses. J’aime retrouver les garçons du club et bavarder avec quelques-uns d’entre eux au local ou en roulant. Je n’aime pas trop rouler en hiver quand il fait très froid, qu’il pleut beaucoup et je n’aime pas les rencontres inter-cyclos. »

Le plaisir de partager et de transmettre


C’est bien le plaisir de partager une activité avec des jeunes et leur transmettre techniques et valeurs qui motive les éducateurs. Que ceux qui disent, à propos des jeunes : « On ne va pas s’em… avec ça » lisent la suite…

Micheline, présidente du club et monitrice fédérale, résume en quelques mots :
« Retrouver le groupe de jeunes souriants qui répondent toujours présents aux activités proposées et qui n’hésitent pas à en proposer d’autres est un réel plaisir pour les encadrants et les dirigeants du club. »

Mais on n’a rien sans rien, Roland, responsable de l’école de cyclotourisme est bien lucide : « Être responsable d’une école de cyclotourisme est une activité très prenante qui consomme beaucoup de temps. »

Mais il reconnaît aussitôt : « C’est aussi très enrichissant et la reconnaissance des efforts fournis est toujours payée « cash » par les jeunes. Se faire plaisir en distribuant du plaisir ne donne pas du  tout envie d’abandonner mais est plutôt un moteur puissant pour poursuivre toutes les activités. »

Gérard ne voit pas tout rose, s’interroge et limite ses objectifs : « Maintenir l’activité et l’esprit du club, essayer de maintenir ce qui fait l’attrait du club pour les parents et les enfants. »

Des déceptions ? Il en a une « Malheureusement, on n’arrive pas à fidéliser les enfants des familles en difficulté en dépit d’une licence à 30 € et de location de vélos à 15 € pour cinq mois (route ou VTT) soit 1 € par séance. On avait essayé le prêt gratuit mais on s’est rendu compte que le gratuit ne  responsabilise ni les jeunes ni les familles. »

Au nom de l’équipe d’encadrement, Tristan est plus optimiste : « Notre motivation ? Partager le plaisir que nous avons à pratiquer le VTT de randonnée, bon pour la santé, dans un esprit de convivialité. Nous prenons ce rôle comme un passage de témoin, comme continuité dans la pratique du VTT de randonnée, activité qui n’a que 30 ans, à laquelle nous croyons énormément. Accompagner nos jeunes à acquérir toutes les connaissances et expériences nécessaires à une pratique responsable du VTT, tout en développant un esprit de groupe et d’entraide. » Une satisfaction : « voir les jeunes se développer d’année en année et acquérir autonomie et responsabilité. »

 

Retrouvez la liste complète des écoles de cyclotourisme de la Fédération sur ffvelo.fr 

Propos recueillis et mis en forme : Georges Golse – Photos : écoles de cyclotourisme : Amicale Laïque Toul ; École d’Evreux ; Nouan-le-Fuzelier[/SIGNATURE_NOIR_MAG]

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