Les selles Idéale ressuscitées 

C’est l’histoire d’une reconversion professionnelle, l’histoire d’une passion pour l’authentique, le beau produit. En 2010, Frédéric Ducès s’est mis en tête de ressusciter les selles Idéale en cuir, celles de notre jeunesse. Pas de la sienne. Rencontre avec un homme passionné et… passionnant.

L’histoire d’une reconversion


Généralement, on choisit une selle pour le confort qu’elle nous apporte. Quand Frédéric Duccès a réorienté sa carrière professionnelle et fait le choix de faire revivre les prestigieuses selles cuir Idéale disparues dans les années quatre-vingt, ce n’est sans doute pas pour assurer son confort personnel ! C’est l’histoire d’une passion. Un parcours de reconversion pour cet informaticien de formation. Passé du virtuel au concret. Parce qu’une selle en cuir, c’est beau, c’est authentique, qu’il était dommage de perdre cette marque reconnue. Mais de là à produire des selles, copie-conforme aux selles Idéale ! Difficile d’imaginer le parcours d’obstacles. 

On a reconstruit L’Hermione, on bâtit un château fort. On a des plans, les métiers n’ont pas tout à fait disparu, les outils non plus. Du bénévolat, du courage, du travail, du financement… et un travail d’équipe. Ce serait presque un jeu d’enfant comparé aux mille problèmes rencontrés par Frédéric qui, seul, partait de zéro ! 

Mille problèmes

Il nous confie : « Je pense souvent à Madame Berthet « héritière » Tron et Berthet, les patrons des selles Idéale. Dès notre première rencontre en 2011, elle m’avait dit : C’est compliqué de faire une selle ! Comme elle avait raison ! » 

Un ancien ouvrier qui l’a bien aidé par la suite était fort sceptique : « Ça va être dur, on avait ça, on avait ça… » C’est qu’il en faut de l’outillage pour réaliser les quinze passes pour préparer le cuir et toutes les opérations de montage et toutes à la main. Il faut l’outillage et le savoir-faire.

Apparemment, aujourd’hui, neuf années après les débuts du parcours, Frédéric maîtrise son sujet. Il nous parle du cuir comme parlerait un maroquinier, son origine, son tannage, le trempage, le séchage… Ses fibres qu’il faut respecter pour découper  la future selle, tout comme l’ébéniste qui lit le fil du bois… Et toutes les étapes qui vont conduire à la selle idéale, la selle adaptée à la pratique de l’acheteur, homme, femme, sportif, contemplatif, léger ou plus lourd…

Pendant plus d’une heure, nous irons de découverte en découverte. Les machines qu’il a trouvées aux quatre coins du pays, le moule qu’il a fallu fabriquer, les châssis…  Et les rivets gravés au nom de la marque : deux ans et demi de recherches, de tâtonnements avant de trouver les fournisseurs. Et la discrète plaque à l’arrière de la selle ! 

Le produit fini


Une selle représente une grosse journée de travail. C’est une durée moyenne car, même si chaque étape nécessite la main de l’homme, Frédéric lance la fabrication de plusieurs selles à la fois. Tout ce qui faisait la réputation des selles Idéale  est toujours là. Le secret du « rodé main façon Daniel Rebour » a changé de mains mais reste secret. Les « héritiers » de l’entreprise Tron et Berthet sont fiers et contents de voir revivre l’entreprise qui, aujourd’hui, vend dans le monde entier…

La moitié de la production part aux États-Unis et au Japon. Petite nouveauté, sa selle aux rails en titane est un petit bijou de légèreté et de confort. Respect de la tradition et innovation font bon ménage chez Frédéric Ducès. Dans le même temps, il a découvert le cyclotourisme. Avant, c’était vélo-boulot, aujourd’hui c’est vélo-loisirs (rares !) au sein de la Confrérie des 650 et de l’Union des cyclotouristes Toulousains.
Vous pourrez le rencontrer
du 10 au 14 juin 2020 sur le site de l’abbaye de l’Escaladieu près de Bonnemazon (65) à l’occasion du Concours de Machines 2020 et les 12 et 13 septembre prochain à l’occasion de Toutes à vélo – Toulouse 2020. 

 www.sellesideale.fr   / www.instagram.com/sellesideale

 

À noter : en marge de Toutes à Vélo – Toulouse 2020, nous irons à la rencontre de deux membres  de l’Association des Artisans du cycle de la région toulousaine, deux passionnés : Gaël Baudou constructeur « Baudou Bikes » et Frédéric Ducès qui a  ressuscité les selles Idéale cuir. Vous les retrouverez prochainement dans les pages Techniques de notre revue Cyclotourisme. 

 

Texte : Georges Golse – Photos : Francis Touzeau
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