Le voyage de trois jeunes Toulois (1/2)

Anthoine, Émile et Nathan, tous trois licenciés à l’école de cyclotourisme de l’Amicale laïque de Toul sont partis quatre jours, en toute autonomie, en toute liberté (presque). Ils n’ont que 15 ans et à cet âge, l’autonomie, la liberté, ça se gagne et ça s’apprécie !

De gauche à droite : Émile, Nathan, Anthoine.

Dans ce récit, ils nous invitent à partager leur voyage. Par ailleurs, dans le numéro de janvier 2020 de la revue Cyclotourisme, vous pourrez découvrir les coulisses du séjour, les réactions des parents et des éducateurs de l’école de cyclotourisme.

Le tour de la Meurthe-Moselle


Ce lundi matin, Nathan Moine, Anthoine Hovasse et Émile Courtois, trois copains de l’Amicale laïque cyclo de Toul, ont enfourché leur vélo pour un périple de près de 500 km : ils vont faire le tour de la Meurthe-Moselle. Une aventure sportive mais pas seulement : sous l’égide du comité départemental, et soutenus par leur club qui prône l’autonomie et les responsabilités, ils ont eux-mêmes préparé ce défi. Retour à Toul prévu jeudi 20 juin, en soirée.

Le grand départ

Le départ devant la cathédrale de Toul (de gauche à droite : Cyril Villemin, président du Codep 54, Anthoine, Émile, Nathan et Gérard Malivoir ).

Nous partons excités mais sereins, ce lundi 17 juin. Ce projet est, d’une certaine manière, l’aboutissement de nombreuses années de balades et d’apprentissages auprès des anciens comme des jeunes du « grand club de Toul » mais aussi, le terminus de plusieurs semaines de préparation. En effet, depuis que le CoDep nous a adressé le mail qui confirme que notre projet est accepté, nous sommes comme envoûtés par ce challenge qui n’est tout de même pas des moindres pour des jeunes de notre âge ! Lorsque l’idée de parcourir le département sur ses contours est venue à nos esprits, nous nous sommes jetés corps et âmes dans l’organisation de ce projet. Cela concernait aussi bien les hébergements, la nourriture, le strict minimum à emporter mais aussi, la location de la remorque, l’itinéraire et les sites touristiques à visiter.

Lorsque les sorties avec le club ne suffisaient à répondre aux questions que l’on se posait, nous organisions des réunions toujours plus ou moins sérieuses. Pour parfaire tout cela, nous avions préparé notre road book que nous envoyions à tous nos contacts ; s’en suivaient de longues discussions par téléphone ou par mail, tantôt au sujet des routes empruntées, tantôt au sujet des heures de passage prévues. Au final, au bout de trois mois d’organisation, nous partons très enthousiastes, parés à l’aventure !

Préparés et déterminés


Ce lundi 17 juin, nous démarrons donc préparés et déterminés. Nous nous retrouvons sur le parvis de la cathédrale de Toul avec nos familles, Cyril Villemin le président du CoDep, Gérard Malivoir, le président de notre « grand club de Toul » et, surprise, une journaliste de l’Est Républicain spécialement venue nous interroger ! Nous répondons à ses questions avec amusement et un peu de sérieux tout de même.

Une fois les mamans rassurées par leurs bisous d’au revoir, nous saluons les autres et partons à l’aventure. Nous connaissons les routes et donc ne faisons pas vraiment attention aux déviations à prendre ni aux villages traversés ce qui laisse place à nos moqueries amicales envers Nathan ralenti par la remorque et évidemment, ses plaintes amusées ! Nous roulons en direction de la colline de Sion. Nous avons rapidement la statue postée en haut de Notre-Dame de Sion en point de mire. Cela nous rassure par rapport aux horaires et au kilométrage. Par chance pour lui, Nathan me donne la remorque au pied de la colline. Ravalant mes railleries à son encontre, je rassemble mes forces et le courage qui me reste pour monter cette colline avec une remorque contenant nos affaires pour trois jours. Et pourtant bien que nous n’ayons que le strict minimum et même moins, la remorque est un fardeau !

Une fois arrivés en haut, nous pointons nos cartons BPF, mangeons un bout et nous voilà repartis. L’après-midi, il fait une température agréable et nous avons un léger vent rafraîchissant. Dans ces conditions idéales, nous empruntons des routes de campagne bordées de champs, eux-mêmes entourés de coquelicots. Nous traversons un petit village qui retient notre attention car particulièrement bien fleuri, Gélaucourt. L’après midi se passe donc merveilleusement bien.

Nous arrivons dans la région de Baccarat, j’ai passé la remorque à Émile et, première erreur du voyage, nous nous trompons de chemin car notre destination n’est indiquée sur aucun panneau. Nous arrivons donc sur Baccarat alors que nous ne sommes pas censés y passer. Nous retomberons finalement sur notre chemin mais ce détour nous fatigue. C’est pourquoi, arrivés à Badonviller, nous cherchons un bar pour nous rafraîchir avec une glace ou un coca.

Pas de pause méritée


Malheureusement, tout est fermé, nous n’avons même pas pu prendre une pause méritée après cette étape de 130 km ! Nous allons donc en direction du petit village du coin où nous attend notre hôtesse. À l’arrivée, nous posons pied-à-terre et pouvons enfin souffler un peu !
Cet hébergement nous permet de faire un bilan de la journée, de recharger nos téléphones et compteurs mais aussi et surtout nos corps fatigués par cet effort continu. Après un repas plus que suffisant, nous nous promenons, à pied cette fois, autour du lac de Pierre-Percée. Puis nous jetons un œil au parcours du lendemain avant de nous endormir.

Deuxième jour, du bien et du moins bon

Nous repartons le lendemain matin après avoir remballé nos affaires, fait nos sandwiches et offert nos plus sincères remerciements à notre hôtesse quant à l’accueil qu’elle nous a réservé. Nous enfourchons nos vélos en direction de Pierre-Percée, un coin que nous connaissons déjà de par le critérium régional de cyclotourisme. Nous faisons pointer nos cartons à l’Office du tourisme puis repartons vers Badonviller pour retomber sur le tracé prévu.

La route se passe bien, nous sommes encore en bonne forme et, après avoir trouvé de nombreuses routes barrées car en travaux, nous nous arrêtons, mangeons un bout et rechargeons nos bidons. Le parcours devient plus vallonné. On roule dans le Grand Couronné dans de jolis petits villages.

Alors que nous mangeons nos sandwiches sur le parvis d’une église, une institutrice curieuse du but de notre présence, nous pose quelques questions puis nous propose bien gentiment de venir remplir nos gourdes dans son école.

Baver devant de belles machines


Au fil de la journée, nous nous rapprochons de plus en plus de Dieulouard et, comme toute la journée s’est bien passée jusqu’ici, il fallait bien qu’il nous arrive quelque chose. Alors, en arrivant sur le petit village de Lixières, nous nous trompons de route car il n’était pas indiqué. Nous arrivons alors sur Nomeny quand nous nous rendons compte de notre erreur. Nous sommes à proximité d’un magasin de vélos et profitons de notre avance sur l’horaire prévu pour nous y arrêter quelques instants. Après avoir bavé pendant un quart d’heure devant de belles machines, nous repartons, chargés d’une paire de gants de VTT.

Nous reprenons la route en revenant sur nos pas, afin de reprendre le tracé initialement prévu. Revenus sur le bon chemin, nous continuons notre itinéraire et arrivons très rapidement à Dieulouard où nous allons dormir. Devant la maison de notre hôte, nous repensons en l’attendant, aux deux premiers jours. À l’arrivée de notre ami, il nous fait entrer et nous allons pouvoir reprendre des forces et rire toute la soirée.

Au final, ces deux premiers jours ont été riches en émotions et pleins de découvertes. C’est tout bonnement formidable !

À suivre…

Texte : Anthoine Hovasse – Photo : DR
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