Vélomania : l’expo photo à travers le monde

Antoine Repessé est un photographe professionnel et passionné, il aime à observer et immortaliser notre société. Pour cette expo photo gratuite à Paris, il présente des clichés de personnages circulant à vélo à travers le monde.

Antoine Repessé, est très concerné par les questions de société et d’environnement. Son exposition précédente « #365, Unpacked » avait pour thème les déchets recyclables. Cette nouvelle série est toute aussi engagée, car le déplacement à vélo est l’une des solutions pour désengorger les grandes villes. Rencontre avec l’artiste.

Pourquoi avoir choisi le vélo comme thématique de votre nouvelle expo ?
Je suis cycliste pour mes loisirs et conscient des enjeux qu’il représente en termes de mobilité. J’ai un lien particulier avec mon vélo qui m’a été offert par des amis. Je le voulais rouillé et après avoir été sablé il est resté deux mois dans ma douche jusqu’à atteindre le degré de rouille souhaité. Il a quelque chose d’unique et j’ai souvent entendu les cyclistes que j’ai photographié évoquer ce lien particulier. Le vélo c’est plus qu’un objet et ça m’intéressait de mettre en avant ce lien.
Il a une autre dimension que je souhaitais valoriser dans ce projet c’est l’universalité du vélo, il touche toutes les générations et tous les continents. À mon sens c’est intéressant de mettre en avant ce que l’humanité a en commun.

Que représente pour vous, dans votre quotidien ou votre enfance, le vélo ?
C’est avant tout un symbole et un sentiment de liberté. Le vélo permet d’étendre son périmètre d’action quand on est un enfant. Il permet de s’affranchir de la voiture en étant adulte. C’est le moyen de transport le plus efficace en ville sur de courtes distances. Dans une ville comme Paris c’est le moyen de déplacement le plus rapide. On ne perd pas son temps à chercher une place pour se garer. C’est aussi un indicateur de développement, les populations qui y ont accès voient également croître leur activité économique. Il y a une dimension sociologique dans cette série de photo puisque j’ai essayé de balayer largement toutes les différentes pratiques du vélo qu’elles soient sportives, de loisir, par besoin de mobilité…

Se déplacer à vélo dans les villes est-il un acte militant ?
J’ai l’impression que oui malheureusement. Je préfèrerais que ce soit un acte anodin. La plupart des gens sont encore attachés à leur voiture même sur des distances très courtes. Les villes n’ont pas été conçues pour que la voiture occupe la majorité du domaine public. Rouler à vélo c’est avoir une emprise moindre sur cet espace et ça permet également à contribuer à la qualité de l’air en ville. Il y a une forme de non sens dans l’usage de la voiture qui est de dépenser de l’énergie pour mettre une tonne et demi de ferraille en mouvement pour déplacer le poids d’une personne ou deux.
Enfin le vélo a un vrai impact sur la qualité de vie à la fois pour soi pour des questions de santé, et aussi pour sa faculté à apaiser les villes. Fraîchement installé à Paris, j’ai plaisir à sillonner la ville à vélo et à trouver des infrastructures adaptées même s’il reste encore beaucoup à faire pour que ce ne soit plus un moyen de transport marginal.

Quelle sera le thème de votre prochaine exposition ?
J’ai pas mal de projets en cours de bouclage, j’ai notamment une série sur le recyclage à Madagascar et un autre sujet à paraître sur la liberté de mouvement en Palestine.

 

L’exposition Vélomania, est ouverte au public gratuitement jusqu’au 20 septembre 2019 du lundi au vendredi de 9 h à 17 h à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France au 15 rue Falguière, 75015 Paris.

 

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : Antoine Repessé, issues de l’exposition Vélomania
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