Balade Islandaise #08

Durant plusieurs épisodes, nous vous invitons à accompagner Jacques et Francis dans leur balade islandaise qui s’est déroulée entre le 28 mai et le 29 juin 2018. Il s’agit là du dernier épisode de leur saga islandaise.
 

Épisode 8 : Sur la route du retour. Eyrarbakki, l’un des plus beaux villages


Mardi 26/06/2018 à 00:16 – Pingvellir – Porlakshofn : 90 km


Craignant que les failles de Pingvellir s’agrandissent plus rapidement, nous quittons notre camping alors qu’il est à peine 8 heures, soit 30 minutes plus tôt que les autres jours. En fait, c’est plutôt le froid sibérien qui nous fait déguerpir si tôt.

Nous partons donc vers le sud (d’où vient le vent) longeant le lac Pingvallavatn sur le bord duquel un pêcheur est déjà à pied d’œuvre. Des pécheurs, nous en avons très peu vu jusqu’à présent, pourtant il paraît que les lacs et les rivières d’Islande sont assez poissonneuses. On y trouve entre autres du saumon, de la truite ou de l’omble chevalier. Au bout de 20 km nous quittons le lac pour suivre la rivière Sog. Par endroits, quelques haies d’arbres, principalement des conifères, nous font le plus grand bien en nous abritant de ce vent qui comme chaque jour, forcit au fur et à mesure que la journée avance.

Pour la pause de midi, nous arrivons à Selfoss, la plus grande ville du sud (7000 habitants) Elle ressemble plus à une vaste zone commerciale et industrielle qu’à une ville.

En continuant toujours plus au sud, nous atteignons Eyrarbakki, ancien port prospère qui possède l’une des plus anciennes maison d’Islande construite par des marchand danois en 1765. Aujourd’hui, cette maison n’est pas ouverte à la visite car un film y est tourné.
Ce village est peut-être l’un des plus beaux de ceux que nous avons vus, avec ses maisons anciennes colorées, sur la façade desquelles est inscrite la date de la construction, souvent plus d’un siècle. Maintenant, ces maisons n’ont certainement plus grand chose à voir avec ce qu’elles étaient initialement, car le bois a été recouvert de tôle ondulée peinte, aussi bien pour la toiture que pour les murs. Par contre, il est amusant de voir comment les Islandais décorent leur fenêtres avec toutes sortes d’objets.

Un peu plus loin, devant l’office de tourisme, l’équipe de tournage est en train de déjeuner, une femme nous propose de partager leur repas, nous lui disons que nous venons de manger et finalement nous prendrons un café avec une part d’un excellent gâteau aux pommes. Ensuite nous ferons un petit détour pour aller visiter la réserve naturelle de Flói, une zone marécageuse en bordure d’une lagune qui abrite de nombreux oiseaux aquatiques.

Nous y verrons notamment des plongeons catmarins, des phalaropes à bec étroits et des cygnes. Nous remplirons d’eau nos chaussures, car avec les fortes pluies de ces derniers jours, le terrain est vraiment très, très humide.
Repartant vers l’ouest, nous ferons étape sur la côte à Porlákshöfn, un ancien village de pêcheurs.

Ce soir, la pluie m’empêchera de faire ma balade digestive et c’est donc sous l’abri de ma tente que je vous transmets ce récit d’une des dernières journée de ce voyage autour de la terre d’Islande.

Des milliers de mouettes !


Mercredi 27/06/2018 à 00:18 – Porlakshofn – Grindavik : 80 km

Nous passons une excellente nuit dans un camping très calme, c’est assez rare pour le souligner. En effet, très souvent dans les campings les touristes arrivent très tard, entre 23 heures et minuit, donc discussions, claquements de portières, sans s’occuper des personnes qui essaient de dormir à côté. Il fait un froid Sibérien et c’est avec l’onglée que nous prenons notre petit-déjeuner. Après quelques errements dans le village, nous quittons notre campement en direction de l’est avec un léger vent de sud-ouest, plutôt favorable.

Au loin, nous pouvons apercevoir le phare de Strandarkikja, une tour orange vif qui émerge au-dessus d’un champ de lupins. Au bout de 35 km, nous nous éloignons de notre route pour aller voir le lac de cratère bleu turquoise de Grænavatn puis la zone géothermique de Seltun.

 

Ensuite, en empruntant une piste sur 3 km nous irons aux falaises de Krysuvíkurbjarg qui abritent selon le« Lonely Planèt »,  57 000 oiseaux marins dont des guillemots et des macareux, nous ne verrons que des milliers de mouettes ! En milieu d’après-midi nous arrivons au terme de notre étape, à Grindavik, l’un des principaux port de pêche à la morue d’Islande.
Ce soir il ne pleut pas, c’est donc assis sur un banc dans le port de Grindavik que j’écris ces quelques mots.

 

Dernier rangement


Jeudi 28/06/2018 à 21:46 – Grindavik – Keflavik : 50 km

Ce matin nous plions les tentes pour la dernière fois, mais ce n’est pas chose facile car il fait un « vent à décorner les bœufs ». Heureusement la direction est bonne, du moins pour le départ.
Nous traversons à vive allure un paysage lunaire (champs de lave), où de temps en temps poussent quelques lupins. Arrivés à l’extrême sud-ouest, occupé par des centrales géothermiques et des usines, nous voyons à peine le phare de Reykhanesviti, le plus vieux d’Islande, perdu dans la brume.

Quelques kilomètres plus loin, nous faisons un détour pour aller voir la plage de sable noir où fut tourné un film de Clint Eastwood, La mémoire de nos pères, qui retrace la bataille d’Iwo Jima en 1945. Juste après, c’est un pont qui attire notre curiosité. En effet celui-ci, en fait une passerelle métallique, enjambe une crevasse remplie de sable qui relie les plaques tectoniques nord-américaine et européenne. 

Le temps ne s’arrange pas, nous avons les pieds et les mains gelés, et maintenant nous prenons ce terrible vent glacial en plein de travers. I est même parfois difficile de tenir sur le vélo tellement les rafales sont violentes. À 12 h30, notre voyage se termine avec exactement la même météo que lorsqu’il a commencé quatre semaines et demi plus tôt.

Dans l’après-midi les vélos seront emballés dans les cartons que la guesthouse, où nous logeons ce soir, nous a gardés. Demain matin à 5 heures on se fait transporter à l’aéroport tout proche pour décoller, direction la France et la chaleur.

Texte : Francis Touzeau (Amicale des Diagonalistes de France) – Photos : Francis Touzeau et Jacques Juillard (Amicale Cyclo Clermontoise)
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