Balade Islandaise #03

Durant plusieurs épisodes, nous vous invitons à accompagner Jacques et Francis dans leur balade islandaise qui s’est déroulé entre le 28 mai et le 29 juin 2018. Quatre semaines en cyclo-camping dans des conditions climatiques pas souvent favorables.

Épisode 3 – Entre fjords et cascades…

Mardi 05/06/2018 à 19 :42- Bildudalur – Dynjandi : 60 km

Ce matin, lorsque nous sommes sortis de la tente, nous étions dans le brouillard.
Au moment du départ, celui-ci commençait à se lever, ce qui augurait une belle journée.
La route s’est assez rapidement transformée en piste, toutefois très roulante. Au passage près d’un lieu où nichaient des sternes arctiques, un « individu » un peu plus agressif que les autres a foncé sur Jacques et s’est soulagé sur son dos. Un peu plus loin, un hotspot (source chaude naturelle) nous tendait les bras pour prendre un bon bain dans une eau à 40 degrés.

 

Ensuite, la piste s’est élevée au-dessus du fjord offrant des panoramas merveilleux sous un beau ciel bleu.
 Pour conclure cette belle journée, nous faisons étape sur une aire naturelle de camping au pied d’une des plus remarquables cascades d’Islande.
Seulement 60 km, mais uniquement sur de la piste avec de très forts pourcentages.

Mercredi 06/06/2018 à 21 :55 – Dynjandi – Isafjordur : 91 km

Ce matin, c’est un soleil éblouissant qui nous a réveillés à 6 heures, alors qu’à 2 heures (il faisait jour -nous sommes juste en-dessous du cercle polaire, et, à cette époque de l’année, il ne fait jamais nuit.
), notre camping était noyé dans le brouillard.
À 8 heures, nous repartons à la découverte des fjords de l’ouest. Les nuages qui arrivent du sud nous ont rattrapés.
Après une vingtaine de kilomètres le long de l’immense Arnarfjördur, nous le quittons pour gravir un col à 550 m, sous un ciel couvert. Sa pente moyenne avoisine les 10 %.

De l’autre côté du col, nous retrouvons un admirable ciel bleu et de superbes vues sur Dyrafjördur et le village de Pingeyrie. Le soleil va maintenant nous accompagner toute la journée et les montées se font en tenue d’été. Pour finir la journée, nous passerons un tunnel de 6 km de long, avec, ce qui n’est pas commun, un embranchement en plein milieu.
Passé ces 6 km de stress et 90 km, nous faisons étape dans le gros bourg d’Isafjordur. Pour une fois, nous dormirons dans une guesthouse.

   

Jeudi 07/06/2018 à 23:51 – Isafjordur – Reykjanes : 139 km


Ce matin, nous constatons que le vent est de retour, après trois jours de tranquillité. Aujourd’hui, nous allons suivre le contour de plusieurs fjords, cinq au total dont je vous épargnerai les noms. Pas de cols à gravir, mais beaucoup de kilomètres avec l’impression de ne pas avancer.

La route n’est pas toujours plate et le vent qui forcit au fur et à mesure que la journée avance est tantôt de face, tantôt dans le dos selon la rive du fjord où nous nous trouvons. La pose de midi se fera non loin d’une colonie de phoques qui se dorent la pilule au soleil. Un peu plus tard, nous apercevons un orque qui souhaite sans doute se faire un petit casse-dalle avec les phoques. Après 139 km, nous finirons notre étape au camping de Reykjanes, épuisés par le vent qui a terriblement forci.

Vendredi 08/06/2018 à 22:47 – Reykjanes – Holmavik : 93 km

Nous quittons notre camping de Rekjanes, lieu sans grand intérêt avec un immense hôtel à moitié délabré.
Nous longerons le dernier des fjords de l’ouest, Isafjördur, 20 km, vent de face puis 20 km, vent dans le dos pour nous retrouver à seulement 3 km à vol d’oiseau de l’endroit où nous avions dormi.
Au nord du fjord, nous avons pu admirer un phoque solitaire sur un rocher, un peu plus loin nous avons pu nous réchauffer les mains à la sortie d’une source chaude (au moins 50 degrés) qui se déverse dans les eaux du fjord. Après le pique-nique nous attaquons la très longue ascension d’un col, le long d’un magnifique torrent qui s’écoule avec beaucoup de force, de cascade en cascade.

Au sommet (450 m) du col nous nous retrouvons dans les nuages, les nombreux lacs qui alimentent le torrent sont encore pris par la glace, la température doit avoisiner les zéro degré. La descente est très rapide et nous nous retrouvons dans un paysage différent avec quelques cultures et de nombreuses prairies herbeuses. Nous pouvons admirer, comme tous les jours, une multitude d’oiseaux : oies cendrées, canards, chevaliers gambettes, bécassines des marais, cygnes, sternes arctiques, plongeons imbrin, cormorans…
Au bout de 90 km, l’étape se termine dans le village de pêcheurs de Holmavik.

Samedi 09/06/2018 à 20:31 – Holmavik – Bordeyri : 103 km

Ce matin, surprise ! Il n’y a pas du tout de vent mais l’étape va encore être longue car le prochain camping est à plus de 100 bornes.
Le ciel est couvert, mais je suis émerveillé par la beauté des paysages, et tous ces oiseaux qui « piaillent » et qui s’envolent à notre passage. Rapidement, la pluie fait son apparition, les pistes également car la route que nous suivons n’est que partiellement goudronnée. Un cyclo-campeur allemand nous a rejoint, il va plus vite que nous. Il faut dire qu’il est beaucoup plus jeune et nettement moins chargé. Néanmoins, nous le retrouverons le soir, au camping. Sur le bord de la route, nous voyons beaucoup de tas de bois.
Il s’agît de bois flotté que les habitants récupèrent en vue de confectionner les piquets des clôtures qui entourent les prairies où paissent les moutons.
Très peu de voitures, peut-être une, toutes les 20 minutes. Très peu de constructions également, pas un seul village sur plus de 100 km, uniquement quelques fermes isolées, entourées de prairies bien vertes enrichies au « NPK » (l’utilisation d’engrais parait énorme à la vue des nombreux sacs entassés devant les fermes !). 

 

La fin du parcours est assez pénible, car même si nous suivons la rive du très profond Hrútafjördur, nous devons affronter de très nombreux « raidillons » à plus de 10 %.
Notre camping de ce soir se situe sur les bords du fjord dans un semblant de village sans aucun commerce. Heureusement que nous avions fait des provisions. Le ciel reste couvert mais la pluie s’est arrêtée.

À suivre…

Texte : Francis Touzeau (Amicale des Diagonalistes de France) photos : Francis Touzeau et Jacques Juillard (Amicale Cyclo Clermontoise)

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