Balade Islandaise #02

Durant plusieurs épisodes, nous vous invitons à accompagner Jacques et Francis dans leur balade islandaise qui s’est déroulé entre le 28 mai et le 29 juin 2018. Quatre semaines en cyclo-camping dans des conditions climatiques pas souvent favorables. Rançon à s’acquitter pour profiter de paysages inattendus et d’une faune et d’une flore très riches. Jacques et Francis, tous deux membres du club des Cent Cols, ont un long passé de cyclotouristes.

Jeudi 31/05/2018 à 17:23 – Olafsvik – Flatey: 72 km


Durant la soirée, le camping s’est bien rempli. Vu le prix exorbitant des hôtels et de la plupart des guesthouses, de nombreux touristes louent des voitures et campent ou bien dorment dans leur véhicule aménagés à cet effet. 5 h 30, malgré l’heure matinale nous décidons de nous lever afin de profiter de la cuisine avant que les autres campeurs l’envahissent. Comme la veille au soir, le ciel est dégagé. Il est 7 h 30 lorsque nous décollons après avoir fait sécher les tentes au soleil.

Les vues sont remarquables sur l’océan d’un bleu profond et les montagnes enneigées.

Nous arrivons maintenant au pied du Kirkjufell, montagne emblématique d’Islande que l’on peut voir sur tous les guides et dépliants touristiques. À côté, ce sont les chutes de Kirkjufellsfoss, tout aussi admirables. À Grundarfjordur, la pause casse-croûte sur un banc au soleil et à l’abri du vent, sera bien agréable. Il fait presque chaud (sans doute aux alentours de 10°). Nous passons maintenant d’un fjord à un autre en gravissant de petits cols assez pentus. Alors que nous traversons, sur une digue, l’un de ces fjords, un groupe de cygnes prend son envol à quelques mètres de nos roues. Arrivant dans une zone désertique, nous quittons la route principale pour emprunter une piste très roulante avant de rejoindre la route pour effectuer les dix derniers kilomètres vent de face sur une étroite péninsule.

Au bout de cette péninsule se trouve le bourg de Stykkisholmur construit autour de son port situé sur le plus grand fjord d’Islande, le Breidafjordur. Avant l’heure  du ferry pour la petite île de Flatey,  il nous reste deux heures pour faire quelques courses au « bonus », aller voir la grande église très moderne et faire une balade sur l’ilôt basaltique de Sugandisey qui abrite et domine le port.

L’heure d’embarquement approche, les vélos sont mis dans un container puis hissés à l’aide d’une grue, sur le ferry. C’est parti pour 1 h 30 de navigation sur une mer relativement calme. À l’arrivée, nous partons à la recherche du camping mais il est fermé (panonceau « closed » sur la barrière). Nous avions vu sur le guide que celui-ci était ouvert de juin à août, mais voilà nous sommes le 31 mai et la dame que nous avons vue n’a rien voulu savoir !

Nous nous dirigeons donc vers le petit hôtel qui est complet mais qui nous autorise à planter les tentes sur son terrain et utiliser les sanitaires contre quelque Couronnes Islandaises. Pour se mettre en appétit, nous effectuerons une petite ballade à pieds afin de voir les nombreux oiseaux qui nichent sur l’île à cette saison :  sterne arctique, grand gravelot, eider, phalarope à bec étroit, chevalier gambette. Jacques nous préparera une espèce de ratatouille qui accompagnera merveilleusement le reste des saucisses de la veille.

 

 Vendredi 01/06/2018 à 21:33 – Flatey – Guesthouse Raudsdal: 10km

Nous avons passé la dernière nuit sur la petite île de Flatey, cinq habitants à l’année mais des milliers d’oiseaux. Nous avons repris le ferry pour la rive nord du Fjord. Trois degrés à l’arrivée et quelques kilomètres, vent de face, plus loin, nous nous sommes arrêtés dans une guesthouse. Le prochain camping était à 70 km, donc trop éloigné pour l’après-midi. Le coin est magnifique nous en avons donc profité pour faire une balade à pied côté montagne puis côté mer. Demain nous continuons notre route vers l’ouest.

Samedi 02/06/2018 à 18:39 – Guesthouse Raudsdal – Hnjotur: 62km


Après une bonne nuit, les vêtements et les corps propres,  nous repartons à « neuf » plein ouest. Le vent assez fort, souffle du sud-ouest. De plus, la pluie fait rapidement son apparition et le mercure affiche 5 degrés. Au bout de 25 km, nous quittons les bords du Fjord (toujours le même), pour gravir un col (462 m). La température dégringole, la visibilité aussi. Au sommet, il y a de la neige sur les côtés de la route. Nous sommes frigorifiés pour attaquer la descente sur le Patreksfördur.

Sortir les gants trempés pour prendre des photos devient très compliqué.

Le long du fjord, la route se transforme en piste et nous découvrons quelques dunes de sable et quelques belles plages.

En début d’après-midi, nous faisons étape au camping de Hnjótur où nous resterons deux nuits car demain nous irons à l’extrême ouest de l’Islande pour observer les macareux moines, pingouins, guillemots … Sur les falaises de Látrabjarg avec, en principe, une météo un peu meilleure.

Dimanche 03/06/2018 à 20:31 – Hnjotur –  Hnjotur : 49 km


Aujourd’hui journée sans bagages, moins venteuse qu’hier mais tout aussi humide. Direction le point le plus occidental de l’Europe (hormis les Açores) pour voir les fameuses falaises aux oiseaux  qui culminent à plus de 400 m. Jacques n’a pas pu m’accompagner car il a passé une mauvaise nuit, suite à sa chute du premier jour qui lui occasionne des douleurs costales.

Le spectacle de ces falaises doit être merveilleux lorsque la météo est de la partie, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, en effet à partir de 200 m d’altitude je me retrouve dans les nuages. J’ai quand même pu voir beaucoup de mouettes tridactyles, des pingouins tordas, des guillemots et quelques macareux moines et cormorans.

 

Lundi 04/06/2018 à 21:18 – Hnjotur – Bildudalur : 67 km


Ce matin, c’était le grand calme lorsque nous sommes sortis de la tente, en effet pas de vent (ou presque), pas de pluie et un mercure qui affiche 5 degrés. Jacques a passé une bonne nuit – je l’ai entendu ronfler – et il a nettement moins mal aux côtes. La journée de repos a été bénéfique.

Après une trentaine de kilomètres de plat le long du Patreksgfjördur nous attaquons un premier col, pas très haut (400 m) mais assez pentu, 9 à 10 % de moyenne. Nous évoluons dans un univers totalement minéral, pas d’herbe, pas d’arbres,  juste tacheté par des îlots de neige à partir de 300 m d’altitude.


Au sommet nous nous retrouvons complètement dans les nuages.

En redescendant sur le Talknafjördur, nous avons le plaisir de voir un rayon de soleil qui va éclairer et réchauffer notre pique-nique.
Après cela, il faut passer un autre col sensiblement identique au premier mais 100 m plus haut.

Au pied de la descente, nous avons la joie de voir le ciel se dégager, de voir également des prairies herbeuses et même quelques sapins. Nous faisons étape un peu plus loin dans le village de Bilduladur sur les bords de l’Arnarfjordur. Nous nous paierons même le luxe d’un bain dans un jacuzzi à 40 degrés.


À suivre…

Texte : Francis Touzeau (Amicale des Diagonalistes de France)  – Photos : Francis Touzeau et Jacques Juillard (Amicale Cyclo Clermontoise)
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