Vélo en ville, le port du masque « antipollution » est-il efficace ? 

Pic de pollution ou pas, de plus en plus de cyclistes portent un masque « antipollution » dans les grandes villes. Est-ce vraiment nécessaire à vélo ? 
Selon le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) daté de juillet 2018, aucune donnée scientifique ne garantit aujourd’hui un bénéfice pour la santé. Après avoir testé en laboratoire 215 références de masque « antipollution », elle ne peut en recommander le port. 

À vélo, l’air n’est pas seulement chargé en particules fines 

Qu’ils soient équipés de filtres à charbon actifs ou mécaniques, la plupart d’entre eux protègent de certaines particules présentes dans l’air ambiant mais pas des substances à l’état gazeux. Or, la pollution de l’air se compose également de dioxyde et monoxyde d’azote (NO2 et NO), de dioxyde de souffre, de gaz carbonique, de benzène, de l’ozone… 

Les masques FFP3, les plus filtrants à vélo 

 Entre un simple foulard qui limite les odeurs et le masque de chirurgien qui protège des infections extérieures, mieux vaut opter pour un masque « antipollution ». Même s’il n’arrête pas tout. Intéressez-vous à ceux qui portent la norme FFP (filtring facepiece particule). Il existe trois catégories :  

  • FFP1 : filtre au moins 72 % des particules et 22 % de fuite totale vers l’extérieur. 
  • FFP2 : filtre au moins 95 % des particules et 8 % de fuite vers l’extérieur. 
  • FFP3 : filtre au moins 98 % des particules et 2 % de fuite vers l’extérieur.  

Prenez également en compte les sigles NR ou R. Le premier signifie que l’utilisation du masque se limite à une journée. Le second informe qu’il est réutilisable plus d’une fois. 

Ils ne sont pas 100 % fiables 

De forme ergonomique avec un bon système d’attache, ces masques pour cyclistes doivent s’adapter parfaitement aux reliefs du visage afin d’éviter toute intrusion d’air non filtré. 
Messieurs ! Veillez aussi à être rasés de près.
Mesdames ! Évitez de coincer une mèche de cheveux.
Ne portez pas de bonnet. Il peut distendre les élastiques. 

Attention à ne pas hyper-ventiler sur le vélo 

Les masques ont la fâcheuse tendance à augmenter la résistance au flux respiratoire. La respiration devient plus profonde. Et lorsque l’on pédale, le rythme respiratoire s’accélère également. Résultat, en fonction de l’effort, les doses de polluant inhalées sont importantes et les poumons plus exposés. 

Avec ou sans masque, faire du vélo reste bon pour la santé ! 

Contrairement aux personnes enfermées dans leur voiture, le bus ou le métro, les cyclistes sont moins exposés aux particules fines. À vélo, l’air est renouvelé en permanence ! 


Texte : Clarisse Nénard – Conseils Vivons Vélo pour AG2R La Mondiale – Photos : Shutterstock
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