Le voyage de trois jeunes Toulois (2/2)

Anthoine, Émile et Nathan, tous trois licenciés à l’école de cyclotourisme de l’Amicale laïque de Toul sont partis quatre jours, en toute autonomie, en toute liberté (presque). Ils n’ont que 15 ans et à cet âge, l’autonomie, la liberté, ça se gagne et ça s’apprécie ! Suite de leur aventure.

L’accueil à Longuyon

Au matin de cette avant dernière journée, après un bon nombre de kilomètres dans les pattes, de bonnes parties de rigolade chez la famille et chez les amis, nous quittons notre ami vététiste, très tôt le matin avec deux ou trois morceaux de gâteau dans le ventre et un petit sandwich. Comme l’avance nous le permet, nous prenons une route plus tranquille pour éviter la circulation et, comme le fessier de l’un de nous trois s’est montré délicat suite aux kilomètres des jours précédents, nous procédons à un réglage de selle. Heureusement pour lui, il peut terminer le périple tranquille.

Mais nous nous rendons vite compte que l’avance prise le matin est rattrapée et même dépassée de presque 30 min. Malgré le fait que nous tirons une remorque, nous prenons la décision d’accélérer le rythme pour arriver à temps à Jarny où nous arrivions donc pour midi, avec environ 20 minutes de retard. Nous prenons le temps de faire tamponner nos cartons et nous repartons aussitôt. Sur la route, toujours.

Avec un rythme élevé pour rattraper le retard, la chaleur se ressent. Nous faisons plusieurs haltes pour remplir les bidons car l’hydratation est un atout majeur pour bien rouler mais surtout parce que c’est plus amusant d’arroser les autres que de boire une eau bouillante !

Rendez-vous avec le club de Longuyon


Peu à peu, le retard est rattrapé et le point de rendez-vous avec le club de Longuyon est fixé. En effet, ils ont gentiment proposé de nous accompagner sur la route vers Longwy. Après les retrouvailles, nous redémarrons très tranquillement et même trop tranquillement peut-être. Par la suite, la chance ne nous sourit plus. En effet, il se met à pleuvoir des cordes et même quelques grêlons dont nos coups de soleils se souviendront ! Cette étape avait pour but de faire 105 kilomètres sans compter chaque fois où nous nous sommes perdus. Cette étape avait également pour but de visiter le musée des émaux à Longwy pour ensuite redescendre vers Longuyon.

Bien entendu, le club de Longuyon nous guide jusqu’au musée en rallongeant le parcours et en nous faisant prendre une belle et longue côte ce qui ne m’arrange pas du fait de la remorque tirée depuis bon nombres de kilomètres. Nous arrivons donc au musée un peu fatigués et, à l’entrée, la gardienne curieuse de notre venue, nous pose quelques questions. Après quelques explications, elle nous laisse visiter le musée gratuitement ! Nous visitons avec grand plaisir, nous émerveillant chaque fois plus devant chaque œuvre.

En route vers le « dortoir »

À la sortie, je redonne la lourde charge qu’est la remorque à Anthoine qui m’a proposé de m’en délivrer. On reprend donc la route vers le « dortoir » cette fois ! La route, encore une fois rallongée par les Longuyonnais pour nous permettre d’éviter le trafic, a raison de nos dernières forces. On finit cette étape sous la pluie, encore une fois ! Nous sommes tellement pressés de rentrer que nous passons devant le célèbre totem de Longuyon sans même l’apercevoir. Nous arrivons donc dans les locaux du club Longuyonnais, accompagnés de tous les effectifs disponibles cette après-midi-là. Nous prenons même un petit apéro offert par le club.

Puis le président nous accompagne jusqu’à la piscine où nous prenons notre douche. L’anecdote amusante est qu’Anthoine a oublié sa serviette chez notre hôtesse du premier soir et il doit donc se sécher sous un sèche-cheveux ! Souple comme il est, il nous offre un spectacle bien amusant ! Enfin, nous allons faire quelques courses pour pouvoir manger ce soir et demain matin. Nous quittons monsieur Adam dans la soirée puis nous rassurons nos mamans (comme chaque soir, bien sûr) et nous nous couchons éprouvés par cette journée.

Le jour 4 mais aussi le dernier

Le jour 4 qui est aussi le dernier de notre périple s’annonce avec une météo peu favorable. Nous nous réveillons dans le club cylo de Longuyon où nous prenons notre petit-déjeuner grâce à nos achats de la veille. Monsieur Jean-Marc Adam, le président du club longuyonnais, nous apporte très gentiment des pains au chocolat. Nous l’en remercions et les mangeons en finissant de ranger nos affaires dans la remorque. Nous quittons le local longuyonnais et repartons en compagnie de Bernard Franc, un très gentil monsieur du club et suivis par la voiture du président !

Des routes chargées d’histoire


Un convoi qui nous fait visiter ce que nous avons manqué la veille et en particulier le totem, symbole de la ville. Après avoir quitté monsieur Adam, nous prenons des routes chargées d’histoire. Bernard Franc nous accompagne et nous raconte les conséquences de la guerre dans cette région plus marquée, car frontalière.

C’est alors que je crève pour la première fois (le début d’une longue série de crevaisons) à Azannes, la ville des vieux métiers. Après cette réparation, nous passons dans les environs de Verdun devant plusieurs villages détruits : Bezonvaux, Ornes et bien sûr Douaumont. Bernard nous guide hors de notre parcours pour nous faire voir l’ossuaire, la tranchée des baïonnettes, le site de Vaux et la statue du lion bavarois agonisant. Après ces « visites » culturelles, nous redescendons sur Verdun par la piste cyclable.

À Verdun, on se dirige vers le centre-ville où nous trouvons un restaurant-boulangerie dans lequel on achète des sandwiches. Après la pause de midi, Bernard nous laisse et repart vers Longuyon. Nous lui sommes reconnaissants de nous avoir fait voir ces sites jusqu’à Verdun et de nous avoir accompagnés sur un bon bout de chemin. Notre départ de Verdun est pressé par la pluie. En effet, le ciel, gris depuis le matin, ne présageait rien de bon. Nous sommes ralentis et déconcentrés. On décide alors de changer d’itinéraire et de prendre la véloroute La Meuse à vélo® jusque Commercy pour pouvoir rouler plus vite sans être dérangés par la circulation. Malheureusement, nous ne voyons pas la déviation à prendre et retombons sur l’itinéraire initialement prévu. On est alors sur une grosse route et sous la pluie. Nous décidons donc de rouler plus vite pour tourner au prochain village et nous éloigner de la grande route.

À l’entrée de ce village, on est entre deux nuages gris, une légère pluie continue de tomber, mais c’est plus agréable, juste de quoi nous rafraîchir !

Des crevaisons à répétition


Et c’est sur ces routes entre Saint-Mihel et Commercy que je crève une seconde fois puis une troisième et une quatrième… Alors, nous sommes énervés car nous ne respectons pas les horaires à cause des dérivations du matin, des pluies du midi et des crevaisons de l’après-midi. Dans l’optique de rentrer plus rapidement, Anthoine et Nathan relancent à toute allure. Je les suivrais bien surtout que Nathan vient de me reprendre la remorque mais, de toute évidence, il fallait que je crève à nouveau à ce moment là ! Quand je m’en rends compte, je crie pour les rappeler mais ils ne m’entendent pas. Je redémarre donc en roulant sur la jante dans le but de me rapprocher d’eux mais rien n’y fait, ils se sont trop éloignés. Dans un concours de circonstances, Anthoine se retourne en se demandant bien où j’ai pu passer. Mais me voyant rouler, il ne s’inquiète plus et repart de plus belle. J’appelle alors Nathan et, miraculeusement, il me répond. Je lui explique la situation. Ils reviennent m’aider.

Après la réparation, les coups de fil se font de plus en plus nombreux et insistants. C’est normal, nous ne sommes même pas à Commercy alors que nous étions censés être déjà à Toul. Nous roulons donc du plus vite que l’on peut mais avec la remorque que l’on a déjà tiré sur 50 kilomètres avec Anthoine et Nathan qui vient de la prendre… Notre rythme reste bon, même si l’on aurait voulu l’augmenter un peu plus. Nous arrivons enfin dans Commercy. Nous sentons bien que nous nous rapprochons de Toul mais, dans la colère d’être en retard et l’excitation de revoir nos parents et nos amis, nous nous perdons dans la ville ! Encore un peu plus de temps perdu à tourner cent fois autour du même rond-point et à repasser sur les mêmes routes, dans un sens puis dans l’autre.

Un final en apothéose


Au final, on rentre dans le Toulois et tous ces villages que l’on connaît ! Les 10 kilomètres précédant notre arrivée nous voient accélérer et écraser les pédales de toutes nos forces. On arrive à la fin du périple ; cela signifie que l’on va enfin pouvoir retrouver nos lits et satisfaire nos estomacs. Mais que c’est aussi la fin d’une super aventure entre trois super copains !

Au club, nos familles nous attendent. Après les applaudissements, nous subissons un interrogatoire de la part des adultes du club, de nos familles mais aussi d’un journaliste de l’Est Républicain qui comprend rapidement que nous ne sommes pas dans un état de fraîcheur suffisant pour, ne serait-ce que comprendre ses questions. Tous sont pleins d’intérêt pour nous et c’est fantastique ! Enfin, après avoir mangé, nous rentrons chez nous avec nos affaires, nos parents et tout plein de souvenirs !

Texte : Nathan Moine et Emile Courtois ; un dossier réalisé par Georges Golse – Photos : Gérard Malivoir, Jean-Marc Adam
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