Balade Islandaise #05

Durant plusieurs épisodes, nous vous invitons à accompagner Jacques et Francis dans leur balade islandaise qui s’est déroulé entre le 28 mai et le 29 juin 2018. Quatre semaines en cyclo-camping dans des conditions climatiques pas souvent favorables.

Épisode 5 : Des lupins, des moutons et des oiseaux ou les pieds dans les chaussures mouillées

Jeudi 14/06/2018 à 22:49 Egilsstadir – Djupivogur : 85 km


Ce matin, il faut remettre les pieds dans les chaussures mouillées, et, vu le temps, ce n’est certainement pas aujourd’hui qu’elles vont sécher. Au départ, nous longerons l’un des plus grand lac du pays, le Lagarfljöt, et, le savez-vous, ce lac abriterait un cousin de Nessie (le monstre du Loch Ness). La route que nous empruntons est l’ancienne route N1 déclassée depuis l’automne 2017 au profit de la route qui longe les fjords. Au début, plate et bordée de parterres de lupin, elle devient une piste qui s’élève au milieu des montagnes dont nous apercevons parfois les sommets enneigés à travers les nuages. Avec un petit rayon de soleil, nous aurions certainement plus apprécié ce parcours qui remonte un magnifique torrent qui s’écoule de cascade en cascade à travers des roches noires.

Nous franchirons, frigorifiés (nous ne sentons plus nos orteils et nos doigts), le col d’Oxi à 535 m où subsistent quelques taches de neige. Nous pouvons remarquer qu’ici la neige est bien plus haute que dans l’ouest où nous la trouvions à partir de 300 m. Au pied de la descente nous rencontrons deux cyclo-voyageurs, l’un Ukrainien et l’autre Polonais. Ils sont à pied et pas au bout de leur peine, car une fois le col franchi, ils devront faire face au vent violent qui nous a bien aidés toute la journée.

Au bord du Berufjördur, colonisé par des fermes aquacoles, c’est avec une certaine satisfaction que nous retrouvons le bitume jusqu’à notre étape du jour Djúpivogur (460 habitants). C’est un petit port de pêche, et également un village d’artistes. Beaucoup de sculptures hétéroclites ornent les jardins et les cours des habitations. Pour nous avancer un peu, demain matin, nous prenons le bus jusqu’à Hofn situé à une centaine de kilomètres. Trente-cinq espèces différentes de moutons.

 

Vendredi 15/06/2018 à 21:04 Djupivogur – Gerdi : 73 km


Encore une nuit passée avec le caleçon long et la doudoune. Par contre, le vent a séché les tentes. Ce matin le réveil est programmé un peu plus tôt que les autres jours car à 8 h 10 nous devons prendre un bus qui, en une heure, va nous transporter jusqu’à Höfn (prononcez heup’n).
Höfn et un port de pêche spécialisé dans la langoustine, (humar en Islandais), nous y ferons quelques courses car maintenant nous sommes partis pour ne pas voir un seul village pendant plus de 200 km. Dès le départ, nous apercevons les langues glaciaires qui descendent du plus grand glacier d’Europe, le Vatnajökull.

Notre route comporte de très longues lignes droites de plusieurs kilomètres, un peu monotone. Pour rompre cette monotonie, nous nous amusons à observer les agneaux, qui à notre approche, foncent sous le ventre de leur mère en remuant la queue. Des moutons, nous en voyons tous les jours depuis que nous sommes partis. Ils sont souvent différents, des tout blancs, des tout noirs, des noirs et blancs, des marron, des gris… D’après un poster vu dans une guesthouse, il y aurait trente cinq espèces différentes de moutons en Islande.
Les belles vues que nous avons sur la montagne, ne vont hélas pas durer, car, comme tous les jours depuis une semaine, la pluie fait son apparition. Faute de camping, après avoir demandé l’autorisation dans une guesthouse, nous planterons les tentes près de celle-ci, au bord d’une lagune.

 Un froid de canard et beaucoup d’oiseaux


Samedi 16/06/2018 à 23:43 Gerdi – Svinafell : 75 km


Ce matin en me levant, je me suis dit que l’expression : « Il fait un froid de canard » est certainement d’origine Islandaise, car des canards il y en a plein (même si depuis que nous sommes dans le sud on en voit un peu moins) et ce matin « on se les gèle vraiment. Malgré tout, une bonne nouvelle, le vent va nous pousser.
Peu après le départ, je vois un courlis qui promène son petit, une petite boule de plumes pas beaucoup plus grosse que mon pouce qui fait sans doute ses premiers pas, sur le bord de la route.

Un peu plus loin, nous voyons des colonies de bernaches nonnettes qui elles aussi se baladent en famille. Contrairement aux oies cendrées qui sont le plus souvent par deux, les bernaches nonnettes vivent en communauté.

Nous apercevons également des couples de grands labbes qui nichent dans les Sandar, les grandes plaines d’alluvions glaciaires que nous allons traverser entre le glacier et l’océan. Le grand labbe est un prédateur pour bon nombres d’autres oiseaux marins présents dans la région notamment les mouettes et les macareux. Au bout de quelques kilomètres, nous arrivons sur un des grands sites naturels de l’Islande : Jökulsárlón.

Il s’agit d’un lac, ou plutôt d’une lagune, au pied d’une langue glacière couverte d’icebergs. Nous restons un bon moment, comme de nombreux touristes, pour admirer ce merveilleux spectacle.

Un peu plus loin, nous poserons les vélos pour faire une marche d’une petite heure afin de nous approcher au plus près d’une autre langue glacière. Le moral qui avait un peu fléchi avec les conditions météo que nous avons depuis plus de huit jours, remonte en flèche lorsque nous apercevons un coin de ciel bleu devant nous.
Bientôt c’est un superbe soleil qui va réchauffer nos carcasses qui commençaient à rouiller. En début d’après-midi, un café sur le bord de la route sera le bienvenue pour y avaler deux sandwichs. Lorsqu’on entre, nous avons la surprise de voir la serveuse avec le maillot de l’équipe national de foot d’Islande.
La télé est allumée devant quelques clients qui suivent la rencontre Islande – Argentine (1 à 1 à la 78e minute). Sur le comptoir, trône un immense gâteau aux couleurs du drapeau Islandais et sur chaque table sont placés des petits drapeaux.

Au bout de 70 km, nous ferons étape dans un camping très bien équipé, au pied de la montagne. Nous pourrons y faire une lessive, et ce soir j’écris ces quelques mots, dehors, face au soleil qui dans quelques instant va se cacher derrière le glacier.

Texte : Francis Touzeau (Amicale des Diagonalistes de France)-  Photos : Francis Touzeau et Jacques Juillard (Amicale Cyclo Clermontoise)
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