Le Pérou à vélo :  Vers le lac de Conococha

Nos cyclo-voyageurs « péruviens » s’apprêtent dans cet épisode à effectuer un parcours à vélo à plus de 4 000 mètres d’altitude pour rejoindre Conococha, au départ de Huaraz. Une zone caillouteuse et isolée toute en pentes qui va mettre à l’épreuve nos aventuriers à vélo.

 

Cette fois c’est le vélo…

Nous partons de Huaras à 3000 m d’altitude pour atteindre Conococha à 4 100 m sur une excellente route avec peu de circulation. De là, nous empruntons le fameux sentier ou piste qu’on appelle « la séparation des eaux » et qui serpente dans la cordillère Huayhuash.
C’est l’isolement qui commence avec ces incertitudes comme l’eau, la nourriture, l’hébergement ou le campement donc nous partons avec des provisions pour plusieurs jours. C’est 228 km de pistes caillouteuses, sableuses qui montent, descendent, qui tournent en épingles à cheveux avec un dénivelé négatif total de 5 200 m et en positif 4 000 m.
Nous mettrons sept jours pour effectuer ce parcours difficile, éprouvant, avec des moments de découragement, d’extrême fatigue, en rêvant même de voir passer un pickup.

La récompense de tous ces efforts est là en permanence tout autour de nous… Ces montagnes majestueuses aux couleurs parfois chatoyantes, ces hauts plateaux, ces vallées vertigineuses, ces gorges, ces régions où ne poussent que des cactus. On s’arrête émerveillé devant des condors qui tournoient au-dessus de nos têtes. On s’étonne de ces tous petits villages perdus dans ces Andes aux maisons sans chauffage.

Par exemple, au village de Yochhi nous ne trouvons rien pour dormir alors on se met en quête d’une surface plane non caillouteuse quand un homme s’approche de nous et nous propose la cabane à moutons, on fera avec en mettant une bâche sous nos duvets. Générosité de la personne qui nous offre une quarantaine de petits pains ronds. Mais déception le lendemain matin, le ruisseau qui coulait à plein a été dévié, on repartira avec peu d’eau.
Nous bivouacons  à 4 460 m d’altitude juste avant le col de Pacomayo qui se trouve à 4 540 m, pas de replat avant. Nous installons notre campement sous un vent glacial. Au petit matin tout est recouvert d’une pellicule blanche de gelée. 

4 850 m, laguna au col Punta Chanca 

Nous sommes enfin arrivés au col de Punta Chanca après une vingtaine de kilomètres sur route bitumée. Le souffle, les jambes nous manquent mais nous sommes heureux d’être là parmi ces géants, nous si petits.
Nous profitons d’un repos bien mérité avant de repartir à l’assaut du prochain col, qu’on espère asphalté,  à 4 766 m. 

Texte et photos : Annie Proust – www.veloperou.wordpress.com
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