À vélo… Tout simplement

71 degré nord

Nous avons quitté nos deux baroudeurs sur la route 17, nous les retrouvons cents jours après avoir quitté la France. * Cinquième épisode.

Nous quittons Tromso en Norvège direction le Cap Nord

Cela fait 100 jours exactement que nous avons quitté la France. C’est un pur fruit du hasard, mais du coup c’est plus facile pour faire des moyennes. Donc pour nous le Cap Nord c’est :
 – 7 320 kilomètres au compteur
– 455 heures à pédaler
– 100 jours de bonheur
Une grande joie d’être arrivé à ce premier objectif sans aucun problème, et une petite fierté quand même.

Cap nord

Mais revenons un peu en arrière.


Quand nous repartons de Tromso, il fait toujours aussi chaud. Cette chaleur ne va pas nous quitter avant le Cap Nord. Du coup, nous essayons de trouver des coins à l’ombre pour éviter le soleil qui tape sur la tente nuit et jour… Lors d’un bivouac, il faisait tellement chaud, que j’ai plongé directement dans la rivière derrière la tente. Température extérieure 35 °C. Température de l’eau 5 °C. La rivière arrivait directement du glacier juste en dessous. Le résultat est assez surprenant comme si  le corps se recroqueville et passe dans un étau.. Pour être rafraîchi, c’était gagné. Après Alta, la route monte sur un grand plateau. Rien de bien exaltant, pour ne pas dire monotone.
Du coup on a compté les Rennes : deux vivants et deux morts, écrasés par les camions qui ne ralentissent pas devant les cervidés, car munis d’énormes pare buffles… Heureusement pour nous, ils se comportent bien mieux avec les cyclistes. Côté paysage, des bouleaux cramoisis par cette saleté de chenille verte qui décime les forêts. Cette même chenille que nous retrouvons sur notre tente et que nous écrasons entre deux doigts, ce qui fait le même bruit qu’une bulle de plastique d’emballage qu’on éclate.
Arrive enfin le croisement ou l’E 6, la grande route, peu fréquentée, part à l’Est en direction de Kirkenes et la route qui monte au Cap, au nord..  A partir de là que partent les touristes comme nous. Même si la plupart sont en camping-car, en voiture, ou en moto, ça fait du bien de s’arrêter tous ensemble pour faire la photo d’un Renne ou d’un aigle. Arrive enfin le fameux tunnel sous-marin qui permet de rejoindre l’île du Cap Nord.

 

Devant cette bouche béante qui veut nous engloutir au centre de la terre, nous hésitons un peu. On a mangé un coup, on s’est déguisé en sapin de Noël avec nos gilets fluo et nos lampes  et l’on s’est présenté à l’entrée du tunnel.  Sept kilomètres en ligne droite, bien éclairé, avec un bon goudron. On s’est regardé et on a dit la phrase la plus bête du monde :  » Si tu freines t’es un lâche » ; 3,5 kilomètres à 9 %, avec 80 kilos de bagages, c’est grisant, affolant, terrifiant. Tu dois ressentir les mêmes sensations que sur une rampe de saut à ski…., puis tu remontes de 100 mètres avec l’élan et là, commence une longue montée pour ressortir des 212 mètres où le tunnel t’avait descendu.  C’est long, bruyant avec les énormes ventilateurs suspendus et les motos pétaradantes. Moi, je me dis qu’ils auraient du construire un tube en plexiglas pour qu’on puisse admirer les poissons….

En sortant on est à 30 kilomètres du Cap Nord. Tu sais que quoi qu’il arrive, tu devras refaire cette route dans l’autre sens. Elle est belle cette route, mais elle est difficile. Le Cap Nord ça se mérite. Pentes très raides et à répétition. Vent fort, parfois violent.
Après quoi, t’arrives à un guichet où il faut payer un droit d’entrée. Sauf pour les cyclistes. Enfin, sûrement. Nous, on ne s’est pas arrêtés pour demander, on est passés en saluant la personne au guichet.
Devant le globe, nous avons fait les photos incontournables et puis le brouillard est arrivé, le vent a redoublé de force. Alors on est allé visiter le centre, avec cinéma, musée, chapelle, boutiques de souvenirs, toilettes, WIFI gratuit, salle chauffée… Le super coin pour cyclistes.

A 20 heures, le parking se rempli de cars et de voitures, tous venus pour admirer le soleil de minuit.
Pas de pot ce soir-là, Le brouillard est bien présent, on distingue rien à trois mètres. Du coup, on a planté la tente, croisé les doigts pour qu’elle résiste au vent et on est allé se coucher.

Ce matin, lundi 14 juillet, le brouillard est toujours présent et le vent aussi, alors on a démonté la tente et on est reparti.

A suivre…

 

* C’est leurs paroles et photos que vous retrouvez tout au long des reportages

 

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